vendredi 13 décembre 2013

Abandon de l'intégration

J'ai discuté ce matin pour de vrai avec des vrais profs de vraie gauche.  Discuté du rapport commandé par Ayrault visant à l'abandon de l'intégration.

Ils sont furax désespérés tristes grognons stupéfaits (ne pas barrer l'adjectif  superflu, il n'y en a pas.)

Cadeau à l'extrême droite FN, dit l'un.
Cadeau à l'extrême droite islamiste, dit l'autre.
Gag douteux, connerie bien-pensante à l'usage des  bobos parisiens dont les gosses sont dans des écoles privées, dit le troisième
Calcul électoral stupide, dit le quatrième, pour gonfler le FN afin de faire crever la droite aux prochaines élections.

Deuil de l'école républicaine,  et grande misère de la tentation du  multiculturalisme, trahison socialiste, concluent-ils tous.

lundi 2 décembre 2013

Les noms des villes

On a demandé à la mère de la petite fille morte pourquoi elle l'avait emmenée à Berck. Elle a répondu que la mort était quelque chose de laid, et qu'elle avait choisi Berck, ville qu'elle ne connaissait pas, où elle n'était jamais allée, car elle avait un nom qui inspirait le dégoût.
Les habitants de Berck ne sont pas rancuniers, ils ont organisé une marche blanche. Etranges cérémonies que ces marches blanches qui ont pris le relais des veillées de prière d'autrefois, mais n'ont lieu que pour les innocents, les saints innocents ai-je failli écrire, alors qu'on ne prie pas, qu'on ne recommande aucune âme à Dieu, qu'il n'y a pas de présence religieuse.

Dans le Jura, il y a un village qui s'appelle Pleure.

mardi 26 novembre 2013

Le péril gay atomique

La droite a eu Lucien Neuwirth, Simone Veil...
Maintenant, elle a Christine Boutin.






Ça calme.

Baby-Loup, encore

  Demain, la Cour de cassation décidera si oui ou non la crèche Baby-Loup était dans son droit en licenciant son employée voilée.
Cette décision sera prise en fonction du droit actuel, on ne peut demander autre chose.
Les dommages ont été considérables, la crèche a du déménager à cause des pressions et des menaces des islamistes.
Quelle que soit la conclusion de cette affaire, il devient urgent de légiférer.  Légiférer contre une religion ? Non. Légiférer pour imposer l'interdiction des signes religieux pour toutes les entreprises, associations  privées  travaillant au contact des enfants ? Non, ce serait impossible à appliquer concrètement. Qui mesurera la taille de la croix ou du bandeau dans les cheveux et appréciera le degré précis où le signe religieux devient ostentatoire ? Qui se rendra au domicile des assistantes maternelles pour demander qu'on enlève du mur le crucifix ou le verset du Coran ?
Il y a des entreprises dites "de tendance", qui, légalement, peuvent pratiquer la discrimination religieuse. Crèche loubavitch, centre de loisirs catholique, etc. Il y a des entreprises qui, comme EDF, s’accommodent des pratiques religieuses, ménagent du temps pour la prière, organisent les congés en fonction de dates religieuses, etc. Bien. Parfait. Aujourd'hui, on ne peut pas créer une entreprise privée en calquant son règlement intérieur sur celui des entreprises et établissements publics concernant l'affichage des signes religieux. C'est interdit, et c'est injuste envers ceux qui demandent le plus de neutralité possible, et c'est pour cela qu'il faut légiférer et parfaire les lois actuelles. Il faut cimenter la baraque que les islamistes sont en train de lézarder, agrandissant les failles autant qu'il est possible.
C'est un combat politique. 

Le 27 novembre, 10h : la cour d'appel confirme le licenciement. 
 

mardi 19 novembre 2013

Envoyez-moi les chocolats d'abord


 Comme tout bon aubergiste de blog qui se respecte, je reçois parfois des propositions publicitaires.  J'ignore pourquoi les marchands de vin et d'articles de luxe pensent que je leur ferai grimper le chiffre de vente et j'écarte sans même y répondre les offres-type me proposant de faire l'article (votre style nous plait !) pour des parfums (et on vous offrira des petits coffrets d'échantillons que vous mettrez en jeu grâce à un quizz pour fidéliser vos amies). Un  vague sentiment de regret accompagne ma non-réponse aux missives sur fond de parchemin, celles qui me promettent un merveilleux ouikinde dans les caves de Saint-Emilion ou une virée de testeuse de Gigondas (juste un petit reportage avec cinq photos !), et il ne faudrait pas beaucoup me pousser pour publiciter une chaîne de chocolatiers qui m'a interpellée la semaine dernière.  Il était question de m'envoyer dans l'Est pour une tournée de dégustation avec trois autres blogueuses, restau compris et deux  nuits à l'hôtel et là je dis non, l'Est c'est loin et les autres blogueuses, je me connais, je me laisserais piquer les meilleures ganaches et  me retrouverais à tester le cacao de Moldavie au  poivre vert et au beurre fermenté.
Bref. Tout ça n'est pas grand-chose, mais... J'ai reçu ce matin une proposition pour tester et promouvoir  LA nouvelle machine à épiler afin qu'elle atterrisse bientôt sous votre sapin de Noël, vantée par mes soins. Le mail était agréable, écrit par une certaine Céline, sans aucune faute d'orthographe, ce qui est déjà bien pour un trucdefilles. Je lui ai répondu, lui demandant pourquoi moi. Pourquoi me demander ça à moi, alors que je n'ai pas du tout un blogdefilles. Ou alors si ? 
Mais si, me remaila-t-elle, vous avez déjà écrit un billet sur l'épilation. MOI ? Sur l' épilation, MOI ? 
Mais oui... Celui-là.

mercredi 13 novembre 2013

La truie, la guenon, l'éléphant et les petits lapins







 J'avais comme projet de vous conter histoire
De guenon sur sa branche, de truie au marigot,
Mais j'ai choisi plutôt de ranger mes armoires,
D'aller aux champignons et de lire Rousseau.

mercredi 2 octobre 2013

Marine Le Pen et ses idées de gauche

Comment savoir si certaines positions (et les discours qui vont avec) sont  de droite ou de gauche ?  Peut-on être d'accord avec des politiciens qu'on voudrait ne pas soutenir ?

J'entends le discours de Marine Le Pen à propos de l'école, lors de la clôture de l'université d'été du FN et j'approuve ce qu'elle énonce.  Alors que les dernières élucubrations de Peillon, de la FCPE, de Geneviève Fioraso, me font gémir.

Pourquoi Bayrou a-t-il cartonné auprès  des enseignants de gauche aux avant-dernières présidentielles, et pourquoi, en quoi les sirènes du FN seront-elles  efficaces aux prochaines ?

J'ai la triste impression que la gauche a abandonné l'école, qu'elle fait semblant de s'y intéresser, qu'elle cherche à gagner du temps et à ne pas faire de vagues. Quand on a supprimé le CAPES de lettres classiques, le FN a été le SEUL parti politique à en parler.

La gauche n'a plus les mêmes idées sur l'école. Les ambitions de gauche, les beaux rêves en partie réalisés (fut un temps où l'école élevait les enfants des classes populaires, les cultivait avec plus d'efficacité, intégrait les enfants immigrés mieux  que maintenant)   sont comme passés de mode,  captés  dans le miroir déformant et la moulinette de l'extrême droite* et donc on ne les reconnait plus qu'en tant qu'idées d'extrême droite. C'est un retournement que j'ai du mal à analyser et à comprendre. Est-ce que je suis une réac chevènementiste nostalgique d'une laïque idéalisée ? Une fausse degauche vraie dedroite ?  Je suis loin d'être la seule,  alors.  Le discours de Marine Le Pen est, grosso modo, un discours de gauche qu'une énorme majorité d'enseignants soulagés  applaudirait s'il émanait de leur ministre. On parle de confiscation, comme si des idées et des idéaux  pouvaient être confisqués, mais à dire qu'on est d'accord avec un discours prononcé par le chef d'un parti d'extrême droite, on risque l'opprobre immédiat (voire la rélégation !) donc on hésite, on tergiverse, on met quinze "mais" ou "cependant" dans une phrase où il y a déjà un "nauséabond", un "populisme" et un "national-socialisme", jusqu' à la discussion prochaine.


Je n'arrive pas à comprendre comment quelqu'un qui a fait des études et qui enseigne l'histoire, les lettres, la philosophie, peut s'associer au FN sans en voir les grosses ficelles. Encore moins  s'il en voit les grosses ficelles. Ce parti veut le pouvoir et adapte ses discours avec une habileté, une fausse simplicité et un très grand talent, en fonction de ceux à qui il s'adresse. On le tourne en ridicule, on l'abreuve de quolibets et d'insultes puériles, on lui répond mal, avec des arguments dérisoires. Le FN peut gagner des élections parce qu'il maitrise les moyens de communication, parce qu'il a de gros sabots quand les autres ont des pantoufles élimées,  parce que les autres partis sont hébétés, sans intelligence de la situation, et qu'à l'image des blogs de gauche ils fonctionnent avec des réflexes plutôt qu'avec des  arguments basés sur le pragmatisme et la réflexion honnête.


Et voilà pourquoi le  FN monte, inexorablement.

***

Voilà un extrait du texte qu'on peut lire dans son intégralité sur le blog du collectif Racine (les enseignants avec Marine Le Pen)

L’urgence est donc de redresser l’École. [...]

Ce redressement suppose la redéfinition des contenus et pratiques d’enseignement, car l’Ecole doit avant tout instruire. Le primaire doit permettre à tous les enfants de maîtriser les savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter. Ces apprentissages, par nécessité progressifs, exigent l’efficacité de méthodes éprouvées : c’est pourquoi la méthode syllabique doit prévaloir, l’exigence de compréhension ne saurait exclure l’exercice de la mémoire, et l’histoire, tout particulièrement celle de la France, doit être enseignée de façon chronologique. Il faut retirer des programmes de l’école élémentaire tous ces ajouts, fruits de la mode ou des obsessions d’un ministre.

Au collège comme au lycée, les cadres disciplinaires doivent être réaffirmés : un terme doit être mis aux pseudo-enseignements « transversaux » qui, sous prétexte d’interdisciplinarité, supplantent les apprentissages fondamentaux. Dans l’enseignement secondaire, le professeur doit enseigner la matière qu’il a étudiée, celle qu’il aime au point d’avoir choisi de la transmettre. Les langues vivantes, mais aussi anciennes doivent être revalorisées, de même que l’enseignement des sciences, les vocations scientifiques devant être ravivées.

Le redressement de l’Ecole exige par ailleurs que soient repensés la différenciation des filières et les paliers d’orientation. Il faut en finir avec le « collège unique » qui, sous prétexte de démocratisation, s’est traduit dans les faits par le triomphe de la médiocrité. L’orientation précoce, sous la condition d’une réhabilitation véritable des voies technologiques et professionnelles et de la mise en place de « passerelles » permettant, le cas échéant, des réorientations, doit devenir la norme : il en va de la réussite de chacun selon ses capacités. A cet égard, les filières d’apprentissage doivent tout particulièrement être revalorisées.

Mais le redressement de l’Ecole passe aussi par sa sanctuarisation et par la reconnaissance du mérite. La lutte contre la violence scolaire doit constituer un impératif absolu : elle exige que la culture laxiste de l’excuse et de la permissivité cesse d’avoir cours et laisse place à une culture de l’excellence et du dépassement de soi par l’effort. A ce titre, la formation des enseignants doit être profondément repensée : un professeur ne doit pas seulement « gérer des situations », il doit surtout incarner cet impératif d’excellence par les compétences et le savoir qui fondent la légitimité de sa fonction, cela justifiant le cours magistral et la « verticalité de la transmission ». De même importe-t-il que le mérite se trouve symboliquement reconnu : non seulement les notes doivent évidemment être maintenues, mais un système qui favorise l’émulation est souhaitable.

La cause nationale que représente le redressement de l’Ecole exige enfin que l’Etat soit pleinement rétabli dans sa souveraineté et qu’à lui seul revienne, au titre de l’intérêt supérieur de la Nation, de définir les finalités et les modalités d’une réforme en profondeur du système, dans le respect des spécificités de l’enseignement privé sous contrat ou hors contrat. Les orientations des politiques éducatives n’ont plus à être décidées par ces instances supranationales qui ont conduit, pour le pire, au désengagement croissant de l’Etat. Une recentralisation de l’administration de l’Education nationale s’impose au contraire, afin d’éviter la multiplication anarchique d’expériences diverses dont le résultat n’est jamais vraiment contrôlé : seul l’Etat peut redresser le système en garantissant la stricte observation de l’égalité et de l’équité républicaines.

à voir aussi : Marine Le Pen mise sur les professeurs pour les municipales 
                       Je suis en Zep et les profs votent majoritairement FN

ainsi que L'école du Front National, mythologie et ultralibéralisme :  [...]Marine Le Pen veut "revoir le statut de l’école, créer un nouveau type d’établissement public, doté de la personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière. On en parle depuis longtemps, mais rien ne bouge. Je le ferai. Soumis à l’autorité des acteurs institutionnels (Etat et collectivités territoriales), le directeur d’école souffre en outre d’un manque cruel de légitimité pour assurer les responsabilités qui sont les siennes. [...] Il doit avoir ce rôle de véritable «manager » chargé d’impulser le projet pédagogique de l’école en dialogue permanent avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative". [...]Donner à chaque école l’autonomie administrative et financière revient à casser tout cadrage national des programmes, à mettre toutes les écoles en concurrence directe, et à faire rentrer les logiques patronales au sein de l’école. Cela signifierait également la fin de l’école gratuite, chaque établissement devant trouver des moyens de s’autofinancer. Ce serait une catastrophe pour toutes les classes moyennes et populaires, en totale contradiction avec tous les principes de l’école républicaine. Moins grave mais plus étonnant, ce serait en contradiction totale avec toutes les autres propositions de Marine Le Pen : si chaque directeur d’école s’occupe de fixer les règles de son établissement, les enseignements, les programmes, tout ce qu’a dit Le Pen sur les règles, enseignements et programmes comme ciments de l’école républicaine avant est sans effet.

* Marine Le Pen ne veut plus entendre parler d'extrême droite pour elle et son parti. Elle a prévenu qu'elle emploierait la voie judiciaire contre ceux qui persévéreraient dans l'erreur.  Elle propose et  recommande "droite nationale" Diantre. Qui est dans l'extrême droite maintenant ? 

vendredi 27 septembre 2013

Construis-moi une cité idéale


Il y avait hier soir un reportage d'Envoyé Spécial sur la cité de Villeneuve, à Grenoble. Je l'ai trouvé  émouvant. Il y a quarante ans, des architectes, des urbanistes rêvaient de mixité sociale, de quartiers modernes, agréables à habiter, et bien faits. On  revoit certaines de ces personnes dans ce reportage et c'est ça qui est émouvant. Ils vivent encore dans leur cité "bien sûr, puisque c'est nous qui l'avons construite", ils ont plus de quatre-vingt ans et avouent qu'ils ont peur. Ils se sont fait agresser, frapper sur la tête, ils ne se voilent pas les yeux, ils savent qu'ils risquent de souffrir beaucoup avant de de crever, butés pour trois fois rien sur leur palier,  mais ils restent.

mercredi 25 septembre 2013

France-Inter et la question Rom





Hier, la matinée de France-Inter était consacrée à "La question rom dans le débat politique".
J'ai entré "question rom" dans Google, c'est une expression très employée, mais principalement pour les Roms. Il n'y a pas de mot "question" massivement employé pour d'autres ethnies,  sauf  pour La Question Juive (Marx), et c'est loin dans le temps. *
On ne pourrait pas dire plutôt "situation des Roms", "Avenir des Roms en France", "problèmes que posent  les camps de Roms",  plutôt ?



* juste un chouïa pour les Corses, ces terroristes aux fromages pleins d'asticots.

lundi 16 septembre 2013

Ya pas bon Taubira

Mon précédent billet épinglait la tenancière du blog Crêpe Georgette à qui je reprochais ses accointances avec les défenseurs d'un islam aussi peu féministe et tolérant que possible.
C'est sans remords et sans contradiction que j'invite à lire son billet du jour, à propos des injures, caricatures et traitements divers que l'on réserve à Christiane  Taubira.  Mises à part quelques envolées discutables sur King Kong et l'homme noir, je trouve ce vigoureux billet  pas mal du tout.
Qu'elle soit guenon tombée de son arbretruie blonde, trop grosse, trop moche, vieille,  ou  canon et baisable mais écervelée,  une femme politique a toujours la chance d'avoir des suppléments gratuits par rapport aux hommes de même valeur.
Je voudrais toutefois préciser que, quoique fâcheusement noire,  madame Taubira aurait bien tort de trop se plaindre, il y a plus mal lotie si on cherche bien.  Si en plus elle était lesbienne, je ne dis pas...

vendredi 13 septembre 2013

Le vrai féminisme expliqué aux malades



Il y a petite lurette j'écrivais chez Polluxe, à propos de son dernier billet sur la charte de Peillon, que les youpi l'islam de gauche avaient de moins en moins  le vent en poupe chez nous. Je me demande  s'ils ne sont pas en train de tirer leurs dernières cartouches.
Là, Crêpe Georgette s'énerve sur Michel Onfray, cet abominable islamophobe, et nous explique en long en large et en travers mais à mots choisis  que les féministes qui critiquent l'islam ou pire, qui le combattent, ne sont plus des féministes mais des racistes qui essaient de tromper leur monde.

Avant, c'était mieux et bien plus simple. Il y avait les dedroite à droite, avec leur extrême droite  raciste qui n'aimait pas les musulmans et qui était abominablement phallocrate. Saint-Nicolas du Chardonnet et tout ça.
Il y avait  à gauche l'intelligence et l'humanisme ultratolérants qui interdisaient qu'on discriminât quelque minorité que ce soit, gauche anticléricaliste par tradition  et féministe par conviction .
Il y avait quelques espaces d'intersection, des dedroite respectables et des degauche catholiques. On  n'était pas absolument  monolithique. 

La gauche et ses combats pour les femmes et les opprimés, c'était le bien.
La droite et le combat pour ses privilèges, c'était le mal.

Puis il y a eu le FN et ses idées racistes qui ont contaminé toute la droite.
Et quand elles ont achevé de contaminer toute la droite, les idées du FN, elles n'avaient plus rien à manger. Alors, elles ont attaqué la gauche. Partout. Chez nous, dans toute l'Europe et au Québec. Et voilà que maintenant c'est une grande partie de la gauche qui est contaminée. Il y a peut-être encore des degauche indemnes   qu'il faut  sauver très vite.  On reconnait un  degauche contaminé à ce qu'il tient un discours critique sur l'islam et ses pratiques. On reconnait un degauche contaminé au stade virulent et contagieux à ce qu'il tient un discours critique sur l'islam et de surcroît se prétend féministe. 

C'est une grande douleur  pour ces blogueurs et twitters qui turbinent à plein cerveau depuis des mois et des années, hérauts et missionnaires à leur façon, à la caboche farcie de lectures de tas de sociologues et de spécialistes du fait religieux qu'on invite à la télé pour dire qu'il faut laisser l'islam islamiser, sinon on n'est plus en démocratie. Ils te dégainent des tas de références qui prouvent qu'ils ont vachement lu, ah, Foucault, ah, Dworkin, ah, Marcella Iacoub (euh, non, pas Iacoub finalement)...

Ils crient de plus en plus fort "raciste, islamophobe!" à propos de tout et de rien. Ils s'énervent qu'on ne les  prenne pas au sérieux, qu'on rie des écrits bloguesques ou autres des Indigènes de la République,  des Mona Chollet,  Gresh , Delphy,   Bougnolosophe, Entrailles, et j'en passe.  Le pire symptôme de la maladie islamophobe, pour eux, c'est se réclamer d'un type de féminisme qui tient à la mixité dans l 'espace public et à des droits égaux pour les humains des deux sexes, dès leur naissance. Un féminisme qui ne recule pas, ne fragilise pas  ses conquètes laborieuses.   Un type de féminisme qui ne veut pas qu'on qu'on détruise  des crèches comme Babyloup, ni ce qui profite à l'émancipation des femmes pauvres. Un type de féminisme en contradiction totale avec un discours soi-disant  antiraciste mais qui, par ses alliances  et ses allégeances,  cache  mal, de plus en plus mal son jeu.

jeudi 5 septembre 2013

Raconte-moi la rentrée dans ton collège



     - Raconte moi la rentrée dans ton collège...
- Ben on a fait l'appel de tous les 5ème.  Il faisait un peu froid dans la cour, on avait tous un pull ou un blouson. Puis à la récré, il faisait chaud. On a enlevé les pulls et les blousons. Yen avait un, il avait un tee-shirt avec une femme à poil dessus. La pionne l'a engueulé. Puis comme il voulait pas enlever son tee-shirt et se le remettre sur l'envers, pour pas qu'on voie le motif, elle a dit " j'appelle ta mère." Et sa mère est venue. Elle avait le même tee-shirt avec la fille  à poil dessus.

dimanche 21 juillet 2013

Le hasard qui fait sauter les boulons



Hier, ma brouette fonctionnait parfaitement bien.
Ce matin, je la saisis par ses deux manches (manches ? branches ? bras ? pas queues, non ? si ?) La roue ne tournait plus. Ma brouette gémissait plaintivement comme une bête malade. J'ai pensé d' abord à quelque herbe ou fougère coincée, mais non. Un écrou avait sauté et la roue flanchait.  Je n'ai pas retrouvé l'écrou.  Ma brouette, ma brouette, ma pauvre brouette ! Brouette vivant en pleine campagne, mussée entre deux haies d'épineux, à l'ombre de grands chênes séculaires, mais qui t'a fait ça ? On est pourtant drôlement loin de toute banlieue et de ses djeunes détrousseurs patibulaires. Mais ils sont  venus quand même, espérant l'accident, patients et avides comme les naufrageurs de l'île de Sein.  Ils étaient si bien planqués dans l'épine noire et les noisetiers que je n'ai rien vu.
 Un boulon ne saute pas par hasard.

mercredi 17 juillet 2013

Je n'aime pas les vacances

Karel APPEL, Le clown aux larmes d'or




   Je n'aime pas les vacances
Même les pitreries de Christine Boutin et de Xavier Bongibault ne me font sourire que du bout des lèvres. Un des pires ministres du logement, au pire bilan qui soit, reproche au président de la République un  timbre-poste, l'autre histrion  se trémousse devant qui lui tend un micro en invoquant les nazis à longueur de temps. Leur psy est mort, ou quoi ?

mardi 2 juillet 2013

Un petit jeu pas si facile

Moi aussi, comme Jacques Etienne et tant d'autres, j'apprécie le nauséabond Didier Goux en auteur-livreur. Notez que je l'entretiens dans sa modestie: écrivain en bâtiment, dit-il, auteur-livreur ajouté-je, pour son journal qu'il  nous offre à la fin de chaque mois. J'aimerais bien qu'il nous fasse  un journal du mois d'après, rien qu'une fois, pour changer. Le passé, c'est bien beau, mais l'avenir, tout de même...
J'ai empilé ce que j'ai chez moi de journaux d'écrivain. Nous sommes en juillet, j'ai lu ce qu'ils écrivaient en juillet. En voici   sept  extraits . Il en manque, et de grands, mais j'en garde pour août.
Qui saura en reconnaître quelques-uns ?

1)   Juillet s'épanouit dans la canicule. C'est le mois de l'été actif. On travaille encore. Il y a les forçats du tour de France. Bientôt ce sera, avec août, l'été passif. Maisons et magasins fermés, torpeur généralisée. On fera la queue devant la seule boulangerie ouverte du canton. C'est qu'ici nous sommes à la fois à la campagne et à Paris. Pas question d'estivants. Les vacances vident la région. […] 
 Sur la plage, deux filles très exemplaires, quatorze et seize ans. Assez lourdes, le nez épaté et retroussé, mais éclatantes de fraîcheur. Blondes, bleu et rose, tout le corps doré par le soleil comme une brioche. Porcines avec leur mufle épais et sensuel, mais triomphalement charnelles, elles sont la négation des mannequins squelettiques recherchés pour les défilés de mode. C'est ainsi que la peinture traditionnelle de Rubens à Renoir voulait que fût la femme. C'est la fusion en une seule pulsion de l'appétit alimentaire et du désir érotique. 
Michel Tournier, Journal extime Juillet 2002.

 
2) Moins de livres vendus, davantage de livres publiés. Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans cette histoire ?
Les lecteurs potentiels ont certes tort d'acheter moins de livres, les éditeurs ont-ils raison de s'obstiner à leur offrir une marchandise dédaignée ? En terme de marché, c'est bien comme cela qu'il faut dire ? Et si les éditeurs réduisaient leur production, qu'est-ce qui se passerait ? Pour eux, j'entends.
Au temps de la prospérité - très relative, il va sans dire, puis qu'un grand éditeur comme Julliard jonglait avec plusieurs banques à la fois - j'avais dit un jour à René Julliard : avec quatre romans par mois vous perdez de l'argent, pourquoi n'en publieriez vous pas qu'un ou deux particulièrement choisis, et de qualité ? À quoi il me répondit : si je perds de l'argent avec quatre romans il me faudrait au contraire en publier huit, le double, pour rentrer dans mes frais et « faire tourner la maison."
J'ai compris ce jour-là que je ne serais jamais ce qu'on appelle un éditeur.
Maurice Nadeau Journal en public 1er juillet 2002.

3) C'est étrange de constater comme ce pouvoir de créer rend son ordre à tout l'univers. Je puis voir l'ensemble de ma journée dans ses justes proportions, même après une longue hésitation de l'esprit, comme celle que j'ai eue ce matin. Mais ce doit être une nécessité physique, morale et mentale, comme mettre une machine en marche. Folle journée de vent et de chaleur, des bourrasques dans le jardin, toutes les pommes de juillet dans l'herbe. Je vais m'offrir le luxe d'une série de rapides et vifs contrastes, et briser les moules autant que je pourrai. Enfin, faire toutes sortes d'expériences.
 Virginia Woolf, 27 juillet 1934.

4) Bien que le spectacle d'un grand incendie ne soit pas une plaisanterie, chacun de nous retourna peu après à ses occupations. Encore heureux de pouvoir le faire! Le soir, au dîner, nouvelle alerte. Pour une fois, on mangeait bien, mais le hurlement des sirènes m'a coupé l'appétit. Cependant, tout resta calme jusqu'au signal de fin d'alerte trois quarts d'heure plus tard. À peine la vaisselle faite : alertes, tirs, et un nombre inimaginable d'avions. « Ciel, deux attaques dans la journée c'est trop» mais on ne nous demande pas notre avis. Montant, piquant, les avions faisaient vibrer le ciel et me donnaient la chair de poule. À chaque instant je me disais : « cette bombe est pour toi, adieu ».
  Anne Frank, 26 juillet 1943.

5) Ce pavillon à grand jardin […] qui était, il y a encore une douzaine d'années, un endroit charmant d'isolement et de tranquillité, est devenu intenable. Non seulement je suis entouré de sots – et goujats – à TSF, pour qui le vacarme paraît être la plus grande jouissance, qui font marcher leurs appareils au plus haut diapason, toutes fenêtres ouvertes, sans souci du dérangement qu'ils peuvent causer à autrui – la pensée ne leur en vient certainement même pas – mais vers R..., au milieu de cette route qui mène au bois de Verrières, on a construit tout un lot de maisons à loyer bon marché, et, depuis la soirée de mercredi dernier, il y a, pour le 14 juillet, un bal de nuit dont le vacarme que m'apporte le vent est, pour moi, comme s'il était à cent mètres. Voilà quatre nuits que je ne peux dormir, et j'en ai encore une à subir ce soir, ce qui fera la cinquième. Que suis-je obligé de gagner ma vie ! Je ne serais pas long à décamper et à chercher ailleurs, le plus loin possible de cette vermine, un endroit où j'aie vraiment le silence. Il faut ajouter, par-dessus le marché, le centre d'aviation de V. et le potin des appareils dans le ciel, la journée et une partie de la soirée. Je ne sais pas ce que sera la vie sociale dans cinquante ans, mais il est à prévoir qu'elle sera à se sauver.
Paul Léautaud, dimanche 17 juillet 1938

 
6) Ma chambre à l'hôtel, la chaleur réfléchie par le mur d'en face. Elle se dégage aussi des murs latéraux qui forment une voûte et enserrent la fenêtre placée dans un renfoncement. En plus, soleil d'après-midi. Le garçon, vivacité de mouvements, presque comme un Juif de l'Est. Tapage dans la cour, comme dans un atelier de construction de machines. Mauvaises odeurs. Punaise. Difficile de se décider à l'écraser. La femme de chambre s'étonne, il n'y a de punaises nulle part : une seule fois un client en a trouvé une dans le couloir.
  Franz Kafka, juillet 1914

 
7) De jeunes musiciens sont montés à Sartrouville. Ils jouent La foule, Mon amant de Saint-Jean, des airs d'avant le RER et les villes nouvelles. Je leur donne dix francs comme je donne à des silhouettes et des visages de misère. Le même geste pour payer le plaisir ou la compassion.
Les chansons transforment la vie en roman. Elles rendent belles et lointaines les choses qu'on a vécues. C'est de cette beauté que vient plus tard la douleur de les entendre.
Dans le film de Raymond Depardon, sur l'asile de l’île San Clemente, à Venise, on voit un homme affalé sur une table. Il tient un transistor collé à l'oreille et il écoute très fort une chanson. C'est une chanson italienne, elle fait penser à une fête foraine, à un bal en plein air, à l'amour perdu. L'homme écoute et il pleure. 
 Annie Ernaux, 13 juillet 1993
*** 
J'active la modération des commentaires ... et j'attends avec curiosité. 

samedi 15 juin 2013

Vive l'avenir, à mort les cathos !


Oh, oui, oh, oui, à mort les fachos et les cathos !
Les fachos, les vrais, ce sera vite fait.... Mais les cathos on en a des tas ! des milliers en France, des millions même si on compte les baptisés non pratiquants.
Qu'on les tue ! Mais qu'on les tue de manière jouissive, festive et durable cela va de soi. Avec la mort, en général, c'est durable.
Qu'on les crucifie ! ça leur apprendra ! Partout, sur les parkings, sur le bord de l'autoroute, qu'on fasse des grandes fêtes citoyennes métissées irrémédiablement multiculturelles avec des tas de croix et des cochons de cathos qui se tortillent dessus. On verra bien si ces cons-là ressuscitent.

jeudi 13 juin 2013

On médit des islamistes, mais les Russes sont bien aussi

Les députés russes ont adopté mardi deux lois punissant tout acte de "propagande" homosexuelle devant mineur et réprimant les "offenses aux sentiments religieux", critiquées par les militants des droits de l'homme.


La loi contre la propagande gay a été adoptée à la Douma en deuxième lecture, et dans la foulée en troisième et dernière lecture par 436 députés. Un seul s'est abstenu et aucun n'a voté contre. 
Après les débats qu'avaient suscité sa première lecture en janvier, de nombreux amendements avaient été déposés et son intitulé modifié, remplaçant le terme "homosexualité" par "relations sexuelles non-traditionnelles".

C'est sur l'Express, la suite est là

Comme les homosexuels d'une grande partie de la terre vont demander asile à notre doux pays, j'engage les paris sur le choix d'exil de notre chère Christine Boutin, qui pleure déjà tant et tant  de ne voir que des gays partout .

mardi 4 juin 2013

Les billets de tombola


Juin, c'est le dernier mois de l'année scolaire. Mes petites voisines ont les traits tirés. Elles se couchent de plus en plus tard, mais le car scolaire passe toujours aussi tôt. Les collégiens sont en demi-vacances puisque les professeurs font passer le brevet (l'épreuve d'Histoire des Arts, en ce moment) ou sont en sortie  avec une autre classe. Mes trois petites voisines vont de maison en maison dès potron minet pour vendre des tickets de tombola. Elles  ont douze et treize ans, il y a une basketteuse immense, une ex-réunionnaise dodue aux cheveux blonds crépus et une petite souris habillée de sombre avec des lunettes à monture énorme, et noire. Elles sont en cinquième au collège local, et préparent la fête de fin d'année, kermesse, spectacle et loterie.  Je les ai vu grandir, et j'aime bien quand elles affalent leur VTT devant ma porte, entrent en frappant à peine - il fait si froid, ou si chaud, et on ne refusera pas un chocolat ou une limonade -  pépient dix minutes et continuent leur tournée gâteau-soda dans d'autres maisons du village. Aujourd'hui, elles ne veulent rien boire, elles sont en tournée professionnelle .. Je remarque tristement qu'elles sentent le tabac, mais je ne dis rien. Il faut se dépêcher de racler le fond de la boite à monnaie pour payer des billets de tombola qui coûtent quatre-vingts centimes l'unité, et j'y trouve trois euros et soixante-dix centimes que je mets sur la table en leur disant: débrouillez-vous, je n'ai pas plus. 
Elles ont commencé par des manipulations. Rendre vingt centimes sur la pièce d'un euro, ça va le faire pour un billet. Mais pour la pièce de deux euros ? On peut acheter deux tickets, mais il va rester soixante centimes. Soixante, t'es sûre ? Ou cinquante. En tout cas, on ne peut pas avoir trois tickets avec deux euros. Oui, mais avec les vingt centimes rendus, et les autres pièces qui sont sur la table ? Ah, oui, il y a assez pour trois tickets au moins, mais combien on va rendre ?  Attendez, combien on a donné de tickets tout à l'heure pour quatre euros ? Je ne sais plus, faut que je regarde dans le carnet.  Quatre, je crois.  Non, cinq. Cinq tickets pour quatre euros.  Il n'y a pas assez pour cinq tickets, mais pour quatre on ne sait pas, peut-être. Eh bien, comment pourriez-vous le savoir, que je leur balance avec une douce voix d'institutrice sévère-et-bienveillante ? Ben justement, on sait pas.
Elles ont fait une addition. Un ticket plus un ticket plus un ticket plus un ticket, là c'est bon sinon on dépasse.  Calculer le reste s'est passé sans problème. 
Elles passent toutes les trois en quatrième, avec une assez bonne moyenne. Même en mathématiques.

mercredi 29 mai 2013

Ô, Point, suspends ton vol



 La jolie langue du journal Le Point et de l'agence Reuters


Une adolescente de 17 ans s'est suicidée dans son lycée des quartiers nord. Les cours ont été suspendus, une cellule psychologique a été mise en place.

Déjà, évoquer des cours suspendus quand une élève s'est pendue, c'est moyen.  Mais donner ensuite tel quel le communiqué de l'Agence Reuters:
Une lycéenne de 17 ans s'est suicidée par pendaison dans la cour de son établissement scolaire, dans les quartiers nord de Marseille, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Pensionnaire au lycée Lacordaire, l'un des établissements privés les plus cotés de la ville, son corps a été découvert en début de matinée suspendu à la branche d'un arbre. Elle était scolarisée en classe de terminale. Une cellule psychologique a été mise en place au sein du lycée où les cours ont été suspendus.

Hum...

vendredi 17 mai 2013

Les islamistes ont gagné

La crèche Babyloup a déménagé, la vie lui était devenue impossible à Chanteloup.
Victoire pour les barbus et leur chape de plomb sur  les femmes et les libertés, triste victoire pour les territoires de plus en plus perdus de la République...
Et les vaillants supporters de l'islamisme le plus débile, le plus sombre, le plus rétrograde et mortifère, de s'en réjouir. De se réjouir que le droit français, par carence,  se soit prononcé en faveur d'un acte politique en dessous du niveau zéro de toutes les extrême droites. Liberté religieuse, disent-ils. Il y avait des enfants d'une cinquantaine de nationalités dans cette crèche, à cet endroit. Ce qui s'y vivait était  un symbole de ce que l'homme peut faire de bon.  Un exemple de politique de gauche,  je dirais presque de vivre ensemble si l'expression galvaudée ne prêtait  au ricanement ....  Il y a des gens qui ne veulent pas vivre ensemble, surtout pas. Que ce soit eux qui aient eu gain de cause est bien dommage, mais que peut-on attendre de bon d'intégristes militants, qu'ils trouvent un soutien parmi une portion - pas très grosse, mais cyberactive - de la gauche française est effrayant.
  Comme ils s’époumonent à brailler contre l'islamophobie, ces chers intégristes et leurs béni oui-oui, leurs idiots utiles et leurs sympathisants rentables ... et comme ils alimentent  et financent bien aussi ce type de lutte !

lundi 15 avril 2013

Les vilaines féministes

Ce n'est pas pour rallonger la sauce, mais moi,  je laisserais les arrêtes qui donnent ce bon petit goût au harro.

Source

jeudi 11 avril 2013

Les mot-tes qui conviennent








  Trouvé sur ce blog   le joli mot de caricaturistesses à propos de caricaturistes femmes. L'auteur semble hésiter un peu, car elle parle juste avant de "la caricaturiste". 
Pourquoi pas caricaturisteresse, caricaturisteuse, caricaturistereuse, caricaturistelle ? Il y a des choix qui m'échappent.
La caricaturistesse rejoint donc là-bas  la peintresse et l'architectrice.  On avance on avance.


mardi 9 avril 2013

Le malheur d'être Prudent

    

 Muriel marche vite en sortant de la banque, moi aussi, le temps nous presse, mais mais mais …
–  Attends, une minute quand même, j’ai vu Laureline mercredi…
–  Laureline ? Ouh la la, ça fait un bail… Qu'est-ce qu'elle devient, celle-la ?
–  Tu sais qu'elle a eu  un fils ? il a le même âge qu’Antonin, ils sont dans la même classe,  et Antonin a insisté pour l’inviter à son anniversaire.
–  Oui ?
–  Elle  ne voulait pas. Les microbes. La contagion.
–  Il s’appelle comment son fils ?
–  Prudent.
–  Sans déconner ?
–  Sans déconner.
–  Elle n’a pas changé alors…
–  Non. Toujours avec ses tocs. Toujours avec son paquet de lingettes désinfectantes, elle essuie tout.
–  Elle essuie son fils aussi ?
–  Tout le temps. Elle lui enfonce des coton-tige dans les oreilles, elle lui gratte le coin des yeux, elle cure la couture de ses chaussures, elle le lave sans arrêt, elle lui met un bonnet quand il va dans un magasin, à cause des microbes dans les cheveux.
–  Pauvre gosse… Il a un père ?
–  Plus tellement. Il s’est tiré.
–  Tu m’étonnes…
–  Alors, Antonin avait invité Prudent. Il ne sort jamais, Prudent. Tout est toujours trop sale ailleurs. Mais j’ai eu tellement pitié que j’ai insisté, je suis allée chez elle. On avait projeté de faire des gaufres pour l’anniversaire, j’ai dit à Laureline qu’elle pourrait rester seulement dix minutes, le temps d’en manger une avec les enfants, pour faire plaisir à Prudent.
–  Et elle est venue ?
–  Mais oui ! Avec son môme et ses lingettes, et un masque pour elle et pour Prudent au cas où quelqu'un serait enrhumé. Elle regardait partout. C’était hyperpropre dans la cuisine, tu penses, j’avais fait gaffe, tout briqué, ça sentait l'eau de Javel comme à la piscine. Elle me parlait sans s'arrêter des scandales agro alimentaires, de viande ré-emballée, de bouillie de vache malade  dans les ravioli,  on aurait dit une radio qu'on ne peut pas éteindre. Elle fichait un peu la trouille  aux enfants, elle plombait l’ambiance, et…
–  Et ?
–  Et j’ai sorti les gaufriers…
–  Et ?
–  Et quand j’ai ouvert le premier, l’horreur ! J’avais fait des gaufres quinze jours avant, et j’avais oublié la dernière dedans. Il y avait des moisissures énormes, des champignons partout et la couleur de ce qui restait de la gaufre,  je ne te raconte pas. Des cloques oranges, vertes et bleues….
–  Oh la la…
–  Le regard qu’elle m’a jeté ! J’ai cru qu’elle allait bondir sur moi et me tuer ! Elle a entouré son fils avec ses bras et l’a tiré vers la porte.
–  Elle a du le désinfecter pendant des heures !
–  Sûrement…
–  Et après ?
–  Après, j’ai bien lavé le gaufrier, je l’ai branché, hop, une louche de pâte, j’ai jeté cette  gaufre au cas où, j'ai mangé celle d'après pour montrer aux enfants qu'il n'y avait pas de danger, j’en ai fait d’autres et on s’est régalé.
–  Sans Prudent…
–  Sans Prudent.

mardi 2 avril 2013

Bravo la Palestine, youpi l'islam, vive la charia !


"La mixité dans les écoles de la bande de Gaza, administrée par le Hamas palestinien, sera en grande partie supprimée à la rentrée prochaine, selon une loi promulguée aujourd'hui.

Garçons et filles recevront un enseignement séparé à partir de l'âge de neuf ans et les hommes ne pourront plus enseigner aux filles. La règle s'appliquera dans tous les établissements scolaires de l'enclave palestinienne, y compris dans les écoles chrétiennes et celles tenues par les Nations unies."

(Article de Paris-Match  et revue de presse de France-culture ce matin.)

C'est logique, l'âge du mariage étant fixé à neuf ans pour les filles, on ne va pas laisser des filles mariées avec des garçons de leur âge, et puis on ne badine pas avec la charia.


Pauvres petites filles. Les adultes font la guerre, et ce sont elles, en bout de chaîne, qui supportent le plus, en bonnes charia-compatibles qu'elles doivent devenir. 

Qui disait que la Palestine était la plus grande prison à ciel ouvert ?

vendredi 29 mars 2013

Je dis ça, je dis rien

Je dis ça, je  dis rien...
à bon entendeur...
On verra bien le résultat... ou pas....

Il y en a d'autres. Quand je lis ça sur les blogs, sauf quand on raconte la dernière beuverie pendant laquelle  Machin s'est distingué par sa maîtrise du flamenco russe avec trois grammes dans le sang, j'dis ça, j'dis rien,  je vois la tête de celui qui l'écrit. Un air satisfait, matois, une sorte d'arrogance tranquille, une façon de capter l'interlocuteur avec un partage   de sous-entendus sur-entendus.

lundi 25 mars 2013

Des gazés à tous les étages


L'ancienne ministre Christine Boutin assise sur le sol après avoir reçu du gaz lacrymogène le 24 mars 2013 à Paris lors de la manifestation contre le mariage homosexuel. 



Je me demande combien de fois j'ai lu le mot "gazé" aujourd'hui. Madame Boutin a été gazée. On a gazé des enfants.

Ce n'est pas parce qu'on découvre les gaz lacrymogènes et leur effet irritant, gênant, mais pas dangereux  qu'on peut se permettre d'utiliser ce type de vocabulaire. C'est  insultant pour ceux qui ont été vraiment gazés autrefois, c'est aussi con que "ces Roms qu'on met dans des trains (trois petits points pour suggérer d'autres trains). Madame Boutin dit des choses ridicules.Madame Boutin a eu un comportement ridicule. Non d'avoir eu  un malaise et s'être étalée sur le pavé (c'est parfois mal supporté, les lacrymogènes) mais de prétendre avoir été gazée. De demander la démission de Manuel Valls dans la foulée.
L'article de Riposte Laïque à propos de la manifestation d'hier  est ridicule. Ont-il pété un câble, ou ont-ils été victimes d'autres gaz qui leur ont zigouillé les neurones et raboté le sens commun ? La volonté de virer Hollande et sa clique était plus que palpable. Les manifestants réclamaient clairement de marcher jusqu’à l’Elysée, rappelant en cela le peuple excédé marchant sur Versailles pour régler son compte au roi. Ce n’est pas une révolte François, c’est la révolution en marche !

N'empêche. Je reviens à Christine Boutin. Le nombre et le niveau des insultes et des dégueulasseries que j'ai pu lire sur son physique, est effrayant. On est mal barrés, moi je dis.

vendredi 22 mars 2013

Baby Loup et les lois illégitimes


 



  Supposons un club de loisirs pour enfants de cinq à quinze ans, géré par une association déclarée.
Supposons que ce club soit catholique. Il serait écrit dans le règlement intérieur que les salariés de cette association doivent avoir, en toute circonstance,  une tenue correcte définie par une certaine longueur des jupes, le ventre ou  le torse couvert et la tête nue.  Il serait écrit qu'en temps de Carême, les repas servis aux enfants seront légers, sans viande et sans gourmandises. Il serait écrit que lors des activités artistiques, on s'intéressera beaucoup à l'expression du catholicisme dans tous ses états. Il serait écrit que  la messe est souhaitable pour tous, et que les visites de lieux sacrés sont obligatoires.
Ce serait parfaitement légal. Dès lors, tout membre du personnel n’adhérant pas au règlement commettra une faute pour laquelle il risquera le licenciement. Un directeur pourra, de fait, discriminer à l'embauche en vertu de l'aspect confessionnel de l'entreprise.

Supposons un club de loisirs musulman, maintenant. Avec un règlement intérieur ad hoc. Pratique de la prière, nourriture  halal, fillettes voilées aux jambes couvertes.  Une animatrice se présentant non-voilée ou sortant de son sac un sandwich au jambon se fera mettre à pied sur le champ; la loi donnera raison à son employeur. On n'embauchera pas un non-musulman, évidement. Tout ceci est admis dans une entreprise privée.

Supposons un club de loisirs géré par une association dont le règlement intérieur  promeut  le non-affichage d'opinions politiques ou de signes religieux, sans distinction aucune. Supposons qu'un jour un des animateurs  chantonne des chants de messe toute la journée en embrassant une lourde croix pectorale ballotant aux yeux de tous, et qu'une animatrice musulmane vienne voilée de noir de pied en cap. Eh bien il n'y a aucune réprimande, aucun  recours possible, en vertu de la loi qui interdit la discrimination religieuse dans les entreprises privées. Les club de loisirs catholiques ou musulmans peuvent tant qu'il veulent renvoyer quelqu'un qui ne respecterait pas leur religion ou, pire, se mettrait à en afficher une autre, mais une entreprise n'a aucune chance de voir respecté un quelconque désir de neutralité. La laïcité est le privilège de l'Etat, et les non-croyants n'ont aucun moyen de se définir et de faire valoir un droit au silence religieux qui n'existe que dans la sphère publique. Les directeurs n'ont pas le droit de les licencier, les parents sont juste libres de retirer leurs enfants.

Les Français ne sont donc pas tous égaux en droit sur ce chapitre, et c'est bien dommage. Il faudrait changer cela pour donner les mêmes droits aux non-croyants (et  à tous les croyants qui privilégient une foi non prosélyte et ostentatoire). 
L'affaire Baby Loup  montre que la loi, qui est censée protéger tous les citoyens, en privilégie une catégorie aux dépens d'une autre, sans raison supérieure valable, et  a donc une faille quelque part. 

C'est très bien expliqué sur le blog Mezetulle, dans un long article que je vous engage à lire attentivement.

***


mardi 19 mars 2013

Tous contre le mariage catholique forcé !





"Alors que, dans l’émission Dimanche+, Anne-Sophie Lapix abordait hier sur Canal+ la question des deux projets de loi gouvernementaux pour lutter contre “un phénomène qui concerne des familles musulmanes”, le “mariage forcé”, Najat Vallaud-Belkacem la reprend de volée : “Alors, d’abord, ça ne concerne pas que les sociétés musulmanes, vous voyez. C’est aussi de ce point de vue-là qu’il faut, je pense, arrêter les amalgames ou la stigmatisation : le mariage forcé, ça peut concerner des sociétés catholiques. C’est vrai que ça concerne, on va le dire autrement, plus souvent des étrangères.” " La suite ici

  Sérieux nous avons voté pour ça  dit le court billet d'Anna Gueye.

Mais de quoi parle Najat V.B ? De quel pays ?  Pourquoi dit-elle cela ? Est-ce qu'elle imagine l'ahurissement des télespectateurs qui entendent des bêtises pareilles, et qui pensent sans doute, comme mes vieilles voisines* "Pourquoi qu'on a mis au gouvernement une étrangère qui connait pas la France" ?

*Mes vieilles voisines ont voté Ségolène Royal, hein. ( Une femme qu'est si bonne, juste,  qu'a l'esprit pratique et qu'est pas agitée comme l'au't petit tortilleux") Je ne voudrais pas qu'on les pense sexistes z' et racistes.




jeudi 14 février 2013

On mange quoi ce soir ?

Hier, je suis allée au supermarché, et pas dans  n'importe quel supermarché, je suis allée au LIDL. Dans la ville où je vais faire mes courses,  LiDL est le supermarché des français pauvres et des manouches qui se sont sédentarisés dans le quartier.  Il y a un autre supermarché à trois pas, un grand Intermarché, où la clientèle est variée. À trois pas aussi dans l'autre sens, il y a un DIA, qui est le supermarché des  Turcs. Je coursicote à DIA quand j'ai besoin de fruits et légumes méditerranéens, d'amandes, d'olives bon marché. L'avantage du  LiDL c'est qu'on n'y reste pas des heures. Il n'y a pas de longue galerie marchande qu'on est obligé d'arpenter jusqu'au dernier mètre pour franchir  un accueil encadré par un vigile style  "dogue de son maître"  et une hôtesse  mâchant agressivement son chewing-gum. Il y a juste une entrée et une sortie, cinq rayons, quelques bons produits qu'on a repérés depuis longtemps quand on connait la maison.   Et là, j'ai vu un truc que je n'avais jamais vu dans ma vie de femme supermarcheteuse. 
Je ne vais pas ironiser sur le caddy sans fruits et légumes des pauvres pauvres, chargé de sodas fluorescents, de desserts vaguement lactés mais vachement sucrés, de paquets de vingt croissants qu'on devine spongieux à l'extrême, de biscuits chimiques aux pépites de chocolat,  de pizzas et de hamburgers  moins cher au kilo que la farine ordinaire, de frites et lasagnes surgelées, de nuggetss étranges issus du recyclage de peau, viscères et cartilages nettoyés en Chine et garantis revalorisés en France, bref.
Il y avait une famille au rayon des produits frais qui choisissait  des sandwiches. J'ai constaté que le rayon des sandwiches avait pris de l'importance. Y aurait-il une nouvelle usine dans le secteur, sans cantine le midi ? Ou bien une déviation d'itinéraire touristique entrainant une flopée de voyageurs se disant  "tiens, j'ai un petit creux, j'irais bien m'acheter un bon sandwiche sous plastique   dans ce sympathique LiDL opportunément sis au bord de mon itinéraire découverte ? Point. 
Cette famille achetait des sandwiches pour ses trois prochains repas. Pas pour le quatrième, parce qu'on était invité chez Mémé.

mardi 12 février 2013

Ya bon le pape noir







Hier, je discutais avec Bembelly sur son blog à propos de la négritude souhaitable ou pas du prochain pape. Il y a eu environ  deux millions de personnes qui ont dit depuis hier midi  comme ce serait bien si le pape était noir. Deux millions  au moins qui suggèrent qui affirment qui susurrent  qui clament ah ben oui ça changerait les choses et ça aurait de la gueule. Et ce n'est pas fini. Ils ne connaissent pas grand-chose à l'Eglise, et encore moins  aux cardinaux africains, qui comptent parmi les plus dogmatiques et les plus conservateurs du  vivier à papes du moment.  Mais qu'importe, c'est un noir qu'il leur faut. Un vrai noir pour la beauté du symbole. Mélanine et cheveux crépus, c'est plus important que n'importe quoi d'autre.
C'est  d'un racisme affligeant.

jeudi 7 février 2013

Excision, encore

Ce n'est pas grave qu'on ne parle pas d'une journée mondiale de quelque chose. Pas grave en soi. Et puis, on peut comprendre le silence gêné qui a prévalu lors de la journée mondiale contre les mutilations génitales.  On arrive au Mali pour aider les Maliens à virer les islamistes qui coupent les mains. C'est bien, notre armée en a éliminé une partie, repoussé une autre, on ne peut que s'en réjouir.  Au Mali, on continue à exciser les fillettes. 9 filles sur dix sont excisées. Mutilées, aussi mutilées que les voleurs à qui on coupe une main. Imaginez un pays où il y aurait neuf hommes sur dix avec une main coupée.  Mieux vaut ne pas en parler, ce n'est pas le moment, les Maliens embrassent les ministres français qui vont chez eux. Beaucoup de fillettes maliennes qui vivent en France avec leurs parents ne reviendront pas entières de leurs premières grandes vacances au pays. Ce n'est pas le moment d'en parler.
Ce n'est jamais le moment de parler de ces choses là, ce n'est jamais le moment de parler de ces souffrances de femmes, sauf pour dire qu'on les condamne et qu'on est contre, bien évidemment. On pourrait peut-être en parler, mais pas avec n'importe qui. On les voit venir ceux et celles qui,  sous couvert de féminisme, se livrent à des assauts de dégueulis racio-colonialistes. Celui qui  critique  les coutumes et traditions d'un peuple n'est jamais loin de comparer et juger  les cultures, et c'est mal. On ne tombera pas dans ce travers-là... Et puis, ce n'est pas le moment.
D'ailleurs, qui en parle ?

mercredi 6 février 2013

Viens pas nous causer d'excision à l'heure du café

   Je viens d'entendre à la radio que de plus en plus de Français partagent les idées du Front National. Elles ont progressé, les idées du Front National. Les idées sur quoi, sur quel sujet ? Sur l'islam. Ah. Mais, heureusement, poursuit la voix qui cause dans le poste, les Français ne partagent pas les mêmes idées de solutions. Ouf. 
Aujourd'hui c'est la  journée mondiale contre l'excision.  Bien.  Je m'attends à ce que la Voix Des Infos dans la radio m'en dise deux mots, mais non. Des fois que ça inciterait à partager les idées du Front National à propos de l'excision, on ne va pas leur rajouter des idées à partager, à ces salauds. 
Il y a presque deux ans (une éternité pour le Web), Valérie Crêpe Georgette lançait un sujet "Vers une excision light". J'ai relu les commentaires. Les temps changent tout de même, je ne crois pas que maintenant on réclame encore à gauche, dans la gauche normale, l'indulgence ou la tolérance pour cela. Je me souviens, dans d'autres blogs féministes youpi l'islam, comme on gueulait au colonialisme tout en prêchant l'éducation par l'exemple, mais surtout pas de répression, surtout ne pas stigmatiser les étrangers ailleurs et nos immigrés à nous, jamais.
Comme je cherchais ce qu'on écrivait sur l'excision dans les blogs autrefois, pour comparer avec ce qu'on n'en écrit pas ou plus aujourd’hui, je suis tombée sur  ce débat aussi, dans le même blog  "Mali, code de la famille",(2009) dont la relecture devrait faire honte aux islamogauchistes les plus fondamentalistes. (et je ne vise pas  la tenancière du blog.) Rien ne fera honte à ceux-là, pétrifiés dans leurs théories à la con, dans leurs références d'ouvrages sociologiques d'islamogauchistes à la con, dans leurs rêves à peine déguisés de charia à la con, qui gémissent en choeur que... ah, misère, comme elles ont progressé, les idées du Front National...

***

Ajout à 16h : Allez écouter cette petite chanson du Quartet buccal "Mon clitoris"  (Dès l'aube) avant minuit sonnantes, sinon....

lundi 28 janvier 2013

Parlez-moi d'amour

J'ai vu hier soir un reportage au sujet des enfants de couples homosexuels.
Il y avait deux lesbiennes qui faisaient appel à un homme qui filait du sperme gratos en cachette de sa femme.  La jonction se faisait dans une chambre de Formule 1. Le gars filait son sperme dans un bocal. Oh qu'est-ce que ça pue, disait une des filles. J'ai oublié que ça puait autant. Sa copine lui enfilait une pipette de ce sperme tiède, et on voyait la fille allongée les jambes en l'air recouvertes d'un drap blanc. Auparavant, les filles décidaient, avant de rencontrer le géniteur, de changer leur prénom, leur âge, pour préserver leur anonymat. Pas de renseignements identifiants, surtout. Filmées par la caméra, passées à la télévision, vues par des millions de personnes. Vues en train de sniffer du sperme avec des mines de dégoût, de se l'injecter, dans ce décor de chambre de formule 1.
La première photo d'un enfant, celle qu'on place en tête de son album de famille, c'est celle de son échographie. Là, il sera content, le môme. Il aura (c'est la moindre des choses, si des millions de télespectateurs l'ont vue) la vidéo de sa conception,  les conversations de ses mères, la voix de son géniteur, tout.

lundi 21 janvier 2013

Politesse et savoir-vivre sur le Net

Il est bien des endroits où la pleine franchise
Deviendrait ridicule et serait peu permise
(Molière,  Philinte, le Misanthrope)


Il y a petite lurette, des blogueurs ont lancé une chouette idée qu'elle est belle: et si on faisait une charte pour se punir les uns les autres quand on n'est pas gentil avec nos potes et qu'on dit des gros mots ? Si on était éthiques, les gars ? Les gens qui viendraient sur nos blogs y aborderaient comme un navire s'amarre dans le port d'une  île hospitalière où coulent le lait et le miel. On ne dirait rien de méchant, on ne mépriserait personne. On ne se moquerait pas du pauvre d'esprit [et on n'aurait plus jamais mal au ventre].
Je ne sais pas où ça en est. Apparemment, le projet a capoté.  C'étaient des blogueurs qui n'étaient pas mûrs pour cet embarquement au long cours. Il y en a un qui a trahi les correspondances privées, ce qu' un autre lui a reproché, un autre qui volette de blog en blog pour traiter tout le monde de nazi, de kapo ou autres joyeusetés, un  qui  qui balance des injures racistes, bref.  La perfection n'est pas de ce bas monde, encore moins de ces bas blogs.
Il est de bon ton d'affirmer que l'on claviote  des nauséabonderies  qu'on n'oserait jamais dire en face. Qu'on n'a pas les mêmes limites, les mêmes freins sur le Net que dans la vraie vie, qu'on est différent selon qu'on s'engueule sur le net ou au bord d'un comptoir.
Je n'en crois rien. Ce n'est pas Internet qui crée le délateur, le sournois, le cynique, l'ordurier, le lâche, le graffiteur de vespasiennes.  Internet rend plus dingues les déjà dingues,  plus expansifs les connards ordinaires, exacerbe des comportements plus discrets hors du Net, Internet révèle le timide, certes oui, mais sans plus. 

La politesse, la prévenance, l'éthique (tac toc) fleurissent aussi dans les blogs, pour qui sait lire et choisir ses blogueurs.
Quand on apprend dans un blog que son auteur suit un lourd traitement médicamenteux pour stabiliser ses troubles psychotiques, on s'écrase. On passe son chemin. Si dans le vôtre ou dans un blog ami il faut répondre a une agression irrationnelle, on y répond en s'agrippant au réel comme à un radeau dans le flot du délire. On essaie de ne pas rajouter à la souffrance de l'agresseur, on parle gentiment. On a l'impression, à lire les échanges, que ceux qui essaient de calmer le furieux changent de ton de voix, n'évaluent plus le discours mais essaient juste de rassurer quelqu'un qui dérive. En général, ça ne fonctionne pas très bien, Internet est terrible pour les paranos et les hyper susceptibles puisque les paroles restent et que les conversations s'ajoutent sans fin   les unes aux autres.
Comme exemple de cette politesse implicite, prenons  l'exemple d'une blogueuse imaginaire.  Elle officie depuis des années, navigue d'un bord à l'autre du Cyberocéan, en changeant souvent de pseudonyme. En ce moment, elle s'appelle Mondiana.  Elle se croit investie d'une mission principale et essentielle, lutter contre l'obésité.  Elle a tout lu, elle a discuté avec tous les spécialistes, elle a fait des études en Amérique et occupé tous les laboratoires, et elle connaît tous les obèses du monde entier. Un jour, elle tombe sur le lard de blogueurs rigolards qui vantent la bonne chère, le gras, le sucré, les vieux vins délectables, les cochons fermiers et les poignées d'amour. Malheureusement, elle a sous-estimé l'adversaire, mais elle ne s'en rend pas compte.  Ils la raillent, ils se fichent de ce qu'elle écrit. Et comme elle surenchérit, ils lui consacrent moult paragraphes où le comique le dispute au féroce, ça n'a plus de fin. D'aucuns pensent que c'est méchant de se moquer en groupe d'une innocente. Elle écrit un livre, sous le nom de Sélèna Tambour,  dans lequel elle explique comment elle va sauver le monde. Ce livre, d'après les extraits généreusement offerts à la lecture, n'a pas bénéficié d'une correction qui le rendrait compréhensible. Que font alors ses méchants harceleurs qui s'émerveillent quotidiennement de ses déclarations mégalomaniaques et ridicules ?  Vont-ils l'interpeller sous son nom d'écrivain ?  Vont-ils laisser çà et là des critiques cruelles sur tous les sites marchands où l'on fait état de son œuvre ?  Pas du tout. Il se pourrait que Mondiana  s'appelle réellement Sélèna Tambour. Et si l'on se moque généreusement des pitreries de Mondiana, on n'a pas envie pour autant de graver ad vitam eternam dans les moteurs de recherche  le nom de Tambour, associé à toutes les conneries qu'on a pu échanger de part et d'autre avec et sur Mondiana.

Et c'est ainsi que le blogueur est grand. Enfin, pas trop misérable.

jeudi 17 janvier 2013

Honni soit qui mol y pense




              Je crois que je vais mettre mon ordinateur dans le puits si je lis encore un seul jeu de mots avec  Mali dedans.

mercredi 16 janvier 2013

Discours haineux





  Il semble que discours  haineux et discours de haine soient en passe de remplacer stigmatisation, stigmatiser (enfin !).   Relents nauséabonds  tient toujours la route mais s’essouffle et se raréfie. 
Haine  et haineux, à toutes les sauces,   gagnent des points chaque heure de chaque jour, et caracolent en bonne place.

lundi 14 janvier 2013

Débilette comprend tout à la politique

Quand on voit que, pour détourner les Français des vrais problèmes, à savoir "les homosexuels pourront-ils se marier à la mairie" ?  le président Hollande n'a pas hésité à engager une guerre en Afrique, a  nous rebalancer dans les gares et près des écoles des flopées de bidasses armés jusqu'aux dents, que si on était sous Sarko ah là là comment on gueulerait contre la France pourrie et son état policier,   et que ça ne fonctionne même pas, tout le monde ne parle que  de la manif...  Mais que devrait-il faire, notre pauvre président,  pour apaiser les discours de haine de part et d'autre, à droite à gauche et au-delà,  et calmer le jeu ? Supprimer la peine de mort ? Nommer des préfètEs transgenres noires ? Re-maigrir, re-grossir, épouser Harlem Désir, réduire de moitié le chômage et combler le trou de la sécu ?  Personne ne s'en rendrait compte.



mardi 8 janvier 2013

Et vive le respect ma mère !



L’injure nous disqualifie collectivement. Elle nous décrédibilise durabelemtn et profondément.
(c'est ici)


(qu'ils injurient ou pas, dyslexics  have more nuf)

mercredi 2 janvier 2013

Vœux

Meilleurs vœux (et pourquoi  les meilleurs seulement ? Mettons plutôt la quantité, avec quelques vœux moins essentiels. Des petits vœux , des vœux mineurs, voire ébréchés, des vœux avec un défaut d'aspect, des vœux pratiques pour les matins où l'on a mal au ventre,  pour les jours ordinaires où l'on est triste sans raison,  des vœux avec une  date proche de la péremption, des vœux deuxième main mais démarrant au quart de tour)
Tous mes vœux, donc. Tous ?  Pour tout le monde ?  Pas les mêmes pour tous et toutEs et pour les toutous, tout de même ? Des vœux personnalisés, brodés au point de croix ? Un petit vœu spécial avec de la rosée dessus pour la Mère Castor,  pour Solveig, pour Catherine  ? Des vœux style grosse vanne imbécile qu'il vaudrait mieux taire, comme des jumeaux pour Dorham, une amoureuse allergique au malt et au houblon pour Nicolas ? Du boulot pour Eloooooloooo ? La résurrection de blogueurs aux billets trop anciens (comme ceux des aimés que la vie exila)?  La victoire de notre égérie des leftblogs (Rosa rosa rosam) contre la force nauséabonde de l'extrême-droite putréfiante et de ses blogs à censurer d'urgence ?
Oui, bon... bon bon...  Bon.
Bonne année, bons billets à tous les blogueurs, et vigoureux commentaires aux autres, quoi.

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Pour illustrer ce billet, j'ai cherché "bonheur" sur Google, et j'ai choisi cette image magnifique que je dédie à Didier Goux. Ballons et smileys, oh, quel bonheur !