dimanche 31 août 2014

jeudi 28 août 2014

Chronique du siècle passé, du grand Vialatte et de la petite vignette

"Que fait l'homme du XXème siècle ? Il détache la vignette. Au rasoir, aux ciseaux, parfois avec ses ongles. Il laisse pousser ses ongles exprès. Il passe une lame sous la vignette et fait levier. C'est pour essayer de l'arracher. Mais elle tient bon. On ne la cueille pas à si peu de frais. Elle est fixée par deux prolongements latéraux, gommés, au paquet de pharmacie. On a gagné si on la détache et si on réussit à la coller ensuite presque complète sur une ordonnance de médecin. Ce n'est pas facile : où serait le plaisir ?
Mais si on réussit, les Assurances Sociales, impressionnées, remboursent à l'homme du XXème siècle un prix écrit sur la vignette en caractères lilliputiens. C'est pourquoi l'homme du XXème siècle s'acharne et s'y prend de cent façons. Avec patience, avec méthode, avec des précautions immenses.
Ensuite plus vite et avec moins de méthode ; avec une audace téméraire. Enfin avec acharnement. Pour que ce soit moins facile la gomme des prolongements a débordé sous la vignette elle-même. L'homme du XXème siècle la mouille, la gratte, la frotte, la lèche, la passe frénétiquement à l'éponge métallique, à l'émeri, à la paille de fer. Il la retire en boulettes humides et en miettes molles, qu'il fait sécher, déploie, triture, englue de gomme arabique, répand sur ses vêtements et jette finalement au panier dans un grand geste d'impuissance s'il parvient à les décoller des mille endroits où elles adhèrent à sa cravate, à ses semelles et à ses moustaches. Ainsi vit l'homme du XXème siècle, arrivé, depuis l'âge du singe, où il vivait, avouons-le, au hasard, privé de vignette, de branche en branche et de caverne en arbre à pain, à l'ère présente de la vignette, au sommet de l'arbre, pour ainsi dire, d'où il contemple l'horizon."
Alexandre Vialatte - Chroniques
 
C'est publié au Journal Officiel et dans le Quotidien du Médecin, il y a cinq jours... C'est sûr et certain maintenant, fini : il n'y aura plus jamais de vignette. ( Et c'est ainsi qu'Allah est grand !)
 
 

vendredi 25 juillet 2014

Les antisémites sont parfois très drôles





Rosaelle:
 [...] le cas de Mitterrand, dont la femme était Juive et dont certains de sa belle-famille étaient dans le même cas que la famille d’Anne Gravoin, la femme de Valls, est bien révélateur.


Elie Arié:
Toujours aussi bien informée , vous lire est un régal : Danielle Mitterrand , née Gouze , n’avait aucune origine juive ; mais les antisémites voient des juifs partout .

 Petite plume perdue:
[...] Mais pourquoi donc toujours vous adresser à Rosaelle avec une telle arrogance ?

Rosaelle:
[...] Il n’empêche que la soeur de Danielle Mitterrand a épousé Roger Hanin et la famille de ce dernier était en partie engagée dans le soutien à Israël, ce qui n’est pas le cas de Hanin.
Cela ne change rien à la problématique.
Vous, faut arrêter la parano: quand on n’est pas d’accord avec Votre Fatuité, Votre Fatuité voit des judéophobes et des anti-juifs partout.

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Ah, ces juifs, ces juifs... ils sont partout, et arrogants, et susceptibles, avec ça !

Pour l'intégralité du dialogue, [C'est ici]

jeudi 24 juillet 2014

Anthropologie relative du billet de blog












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 J'aime bien les châteaux de sable.  Les  enfants courent autour  et creusent à toute vitesse quand la marée montante submerge leurs  douves frêles. Les murailles s'effritent et s'effondrent, mais les gamins les embellissent encore, ajoutent une algue, un galet, un morceau de bois. Aucun d'entre eux  ne pleure et ne regrette le temps passé à construire quelque chose d'aussi éphémère. Ces bâtisseurs enfantins sont innocents, désintéressés et sages.

samedi 12 juillet 2014

Grâce à nous

                                                                       au sinistre Marco Polo

Un jour, il y a quelques années, j'amenai ma fille à l'anniversaire d'une camarade de camp de vacances.  C'était un peu loin, et la dernière partie de la route, qui se transformait en chemin en côtoyant une rivière sinueuse,  n'était pas facile. La camarade nous attendait à grille du château. Grille  monumentale, ouverte sur une longue allée de chênes. Le petit château, au bout, miroitait de toutes ses fenêtres. À vue d’œil, c'était un de ces derniers manoirs  construits à la fin du 19ème siècle, sans grand charme mais pas vilain, avec des dépendances, de grands espaces, une statue de Diane,  des allées, un bassin et des lions à la chevelure de lierre. La fillette monta dans la voiture et nous fit emprunter une allée  bordée de houx,  aboutissant à  la cour de sa maison  qui devait être autrefois un logis de jardinier  ou d'autre domestique.
J'acceptai  le café offert par la mère et, histoire de discuter, la félicitai pour la beauté du rosier blanc qui tapissait la façade. La fille de dix ans rigola grassement: ils avaient foutu assez de désherbant dessus, pourtant, pire que les ronces cette saloperie increvable. Des lambeaux de vigne vierge desséchée pendaient sur le mur ouest. Foutues plantes grimpantes qui attiraient des tas  de parasites ! Heureusement qu'ils allaient déménager bientôt !
La mère sortit un album du tiroir du buffet pour me montrer  les photographies du pavillon qu'ils faisaient construire dans un lotissement du  bourg voisin. On y  serait mieux, et bien chez soi...
Je posai des questions sur les châtelains. On me répondit que c'était un couple d'instituteurs en retraite qui avait racheté le bâtiment assez bon marché. Qui viendrait habiter à onze kilomètres de la première boulangerie, dans une vallée, et avec une route pleine de trous en plus ? Des toqués comme ces deux-là, qui se donnaient l'air de ne pas se donner l'air,  qui n'avaient même pas la télé et qui faisaient chier leur monde en laissant les fenêtres ouvertes les soirs d'été et en jouant du piano et du violon toute une partie de la nuit, encore heureux quand ils n'avaient pas l'idée idiote d'organiser leurs soirées de  musique de chambre -ou de pot de chambre, ha ha ha !- avec d'autres cinglés  de leur connaissance comme au mois d'août dernier.
Mais on les encule comme on veut, a conclu la mère. Nous, on met du Johnny hyper fort, alors, leurs fenêtres, ils les ferment.  La boulangère nous a dit que grâce à nous, quand on sera parti, ils ne prendront pas d'autres locataires.


vendredi 11 juillet 2014

Grâce à toi

Un soir, il y a quelques années, je regardais un  reportage qui passait tard le soir, J'irai dormir chez vous. Le journaliste, Antoine de Maximy, voyage dans le monde entier. Il se fait héberger chaque soir par des inconnus du matin. Ce jour là, il demanda à une jeune femme qui tenait par la main un petit garçon de cinq ans s'il pouvait venir passer la nuit chez elle. Était-ce au Portugal, en Espagne ou en Amérique latine ? Je ne sais plus. Elle accepta tout simplement, il les suivit, elle présenta le voyageur à son mari qui rentrait du travail, et prépara le repas. Le petit garçon disposa sur la table assiettes et fourchettes, puis dit à l'invité: " tu vois, d'habitude, nous sommes tout le temps trois à table. Grâce à toi, ce soir, nous serons quatre."
Chaque fois que je lis le mot hospitalité j'entends la voix de cet enfant, je revois son visage grave et confiant.

jeudi 19 juin 2014

Un R a disparu...


Alors là, je tombe des nues. On me l'aurait dit avant que je ne l'aurais pas cru. Et quoi qu'on m'aurait dit ? Qu'un r de Rrom aurait mouru, comme ça. Serait tombé comme un brave petit soldat au combat, ou comme une feuille morte à l'automne alors qu'on est en été. Se serait évanoui, évaporé, pulvérisé. Mais pourquoi, pourquoi ?  Pourquoi nos Bohémiens, Romanichels, Manouches, Tziganes, Voyageurs, Roms, transfigurés en Rroms pendant quelques années, dégringolent-ils maintenant au point de se déglinguer l'appellation, et de rouler tout cabossés, avec un r en moins  ?  Mystère. Il n'y a rien de bon là-dedans, je prédirais même que ça craint pour eux. Les fiers gitans, les circasiens de génie, les guitaristes musclés aux semelles de vent, c'est fini. On le pressentait déjà un peu.  Le coup de la belle étrangère dans  des bas-quartiers de bohémiens a pris un coup dans l'aile. Si même les militants antiracistes acharnés, les défenseurs du Rrom et de la burqa à tous les étages,  les dames pleines de bonté bonne leur ont soufflé une partie de leurs r, c'est mauvais signe: signe qu'il y a du laisser aller (qui n'est pas sans rappeler les compromissions les plus sombres de nos heures les plus rances de notre Histoire la plus moisie) dans la défense du Rom, surtout quand elle pourrait faire de l'ombre à celle du mmusulman. Rappelons qu'il n'est pas beau d'ethniciser les difficultés des pauvres et des victimes du colonialisme. Les mots sont importants, et tuer une lettre n'est pas innocent.

lundi 2 juin 2014

IslamiZons ! Zon-zon !

Il s'est radicalisé en prison... 
À chaque spot d'infos, on apprend que ce  tueur de juifs français s'était radicalisé en prison.

Ah, ben j'avais prévenu pourtant.

J'ai déjà causé de l'islamisation des prisons  en 2011, on m'croyait pas. Le génial Gauche de combat me disait alors: "Suzanne, vos obsessions, ne révèlent que vous même, pas le monde tel qu'il est."

En 2012, il y a eu un reportage sur Roubaix. J'avais écrit un p'tit billet  sur ces gentils islamistes cautionnés par le Parti Socialiste. Roubaix, c'est vraiment spécial. Une ville qui fait envie.

Le ministre de l'Education, Benoît Hamon, vient d'autoriser les établissements scolaires publics à organiser des sorties encadrées par des parents en costume religieux. Lui, il va finir par nous faire regretter Peillon qui va finir par nous faire regretter Chatel...

Les collectifs d'islamistes style "mamans voilées" ont bien fait leur boulot. Faut se faire voir, s'affirmer, participer, qu'ils répètent, les imams ou chefs charismatiques. Et, bien entendu, les gaucho-écolo débiles et charia compatibles couinent en chœur.  "Abrogeons toutes les lois islamophobes, vive le voile à l'école" !

Je suggère aux parents qui ont des hauts-le-cœur à l'idée que des barbus et des belphégor accompagnent leurs enfants à la promenade scolaire de se porter également volontaires et de se vêtir en bonne sœur avec cornette, ou en curé. On peut se fabriquer de super-croix d'un mètre d'envergure en bûchettes de polystyrène teint, c'est léger comme tout. Se munir d'un petit sac à dos avec, en impression "I love Jésus". Soignez les déguisements, ce sera aussi gai qu'une course de voiture à pédales. S'il fait trop chaud, choisir  plutôt la tenue de moine boudhiste. Attention aux coups de soleil si un bras est découvert, n'oubliez pas l'écran total ou changez de bras de temps à autre.

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Le titre de ce billet  provient d'un commentaire de Didier Goux. Hommage lui soit rendu.

samedi 3 mai 2014

À celleux qui me lisent

Je n'aime pas les charcutages grammaticaux féministes, genrés ou dégenrés, comme on voudra, je ne veux vexer personne. Je ne m'y ferai pas, je ne me ferai pas à l'écrivaine, l'auteure, la pompière, ni à l'architctrice, à la dentistrice, et j'en passe. Et encore moins à l'auteurE, l'écrivainE, ou  à ces façons tarabiscotées d'encadrer les e avec des tirets, ces lourdes et hideuses minauderies qui plombent la lecture.  Je passe d'autant plus vite que j'ai des trous dans ma défense; pour avoir vécu dans un village dont le maire était une femme, j'ai dit, comme mes voisins, la mairesse. Quand on disait le maire, c'était le maire d'avant, et il ne fallait pas prêter à confusion. La dentiste et la chauffeur de car font partie de mon vocabulaire un peu malgré moi, mais c'est comme ça, il y a des expressions qui m'ont eue à l'usage... La plupart du temps, quand je tombe sur des inventions langagières dégenreuses ou féministoïdes, je grogne, en bonne conservatrice que je suis. Il y a une exception: celleux, pour celles et ceux.  Je trouve parfait ce nouveau pronom démonstratif. Tellement parfait que je me demande, en bonne réactionnaire,  s'il n'existait pas avant. Il me reste à fouiller les dictionnaires anciens, à coucher avec un linguiste (je n'irai pas jusqu'à  linguistrice parce que je n'ai pas le bonheur d'être bi, hélas) ou à faire appel aux connaissances de celleux qui ont lu ce billet.

jeudi 20 mars 2014

Il n'y a pas que les matématics dans la vie




Et où peut-on s'initier à la phylosophie ? Au lycée de la Nouvelle Chance. Ça ne s'invente pas.