Le communisme c'est le Diable, qu'il disait sur tous les tons.
Oui mais voilà... On ne se moque pas impunément du Malin, qui a plus d'un tour dans son sac.
Quel enfançon, ce Didier Goux ! à force de lier sans arrêt les moderneuneux au charabia pénible, les bisounours antiracistes primaires, les blogoféministes dysorthographiques, les écolostupides, les vive-la-lapidation-ma-mère, le voilà jeté dans le même panier que ceux qu'il charge sans faillir. Il faut croire qu'il restait encore un peu trop de gentillesse, voire d'affection grognonne, dans ses coups de patte. Lucifer l'a bien baisé sur ce coup-là.
Ah, p'tit Didier, puisque tu les aimes tant, tes Rrums, ton Gauche-de-Combat, ton SarkoFrance, eh ben tu vas t'en prendre pour un an sur le site du Monde point fr. En rose, que tu seras, sur la cartosphère politique 2012 ! à gauche, près d'eux, dans leurs bras ! hé hé hé !
samedi 4 février 2012
mercredi 25 janvier 2012
Qu'elle est belle notre campagne....
C'est pas pour critiquer le numberwane, mais tout de même, ce billet...
On y cause d'un jeu inventé par des Turcs, qui consiste à filer des baffes à Sarkozy. Intelligent, classe.
Et de braves commentateurs se réjouissent, car il faut toujours filer des baffes à Sarko. C'est automatique, c'est pavlovien. On dit, on lit ou on écrit Sarko, et hop, c'est parti.
Une rapide recherche internautique aurait montré à notre Chevalier de la Frisette que ces maudits Turcs ne s'en prennent pas qu'à Sarko. En effet, certains d'entre eux, vexés par le dernier projet de loi adopté par le Sénat (concernant l'interdiction du port du voile par les professionnels de la petite enfance ) se sont vengés sur François Hollande. Ils ont créé ce petit jeu très amusant aussi : on choisit sa seringue et on instille de la graisse où l'on veut dans le pauvre Hollande, pour lui faire regagner ses kilos perdus. On peut le faire éclater, c'est fun, il éclabousse partout avec les couleurs qu'on imagine. C'est à essayer ici, si l'on y tient vraiment.
Cependant, rien n'égale dans la satire et la cruauté cette parodie de clip (dont je n'ai pas vu l'original) qui met en scène des PSmen ou sympathisants en accentuant l'air béat et archicon que sont censés arborer les militants convaincus, fidèles et prêts à tout pour la cause. Le clip est bien fait, on ne voit pas que le mouvement imbécile des bras est truqué, bravo.
Je hais la campagne, disait Queneau. Les oiseaux gueulent et les fleurs puent.
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mardi 24 janvier 2012
Où qu'elle est la baballe ?
Dorham et Balmeyer nous avaient fait une promesse: ils ouvriraient un blog "Coupe du monde de l'élection présidentielle en France".
Leur blog Coupe du monde de la coupe du monde de football était drôlement chouette. Même pour les indifférents au foot comme moi.
Ils ouvriraient ce blog quand nous y serions, donc. Et nous y sommes.
Et RIEN.
Alors ?
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lundi 16 janvier 2012
Ma vieillesse au soleil exotique
Hier soir, j'ai regardé, dans Zone Interdite, le reportage sur des Français de la classe moyenne qui sont partis à Madagascar pour y refaire leur vie. J'ai suivi distraitement le début, puis je me suis intéressée à une Claudine sexagénaire, veuve ou divorcée, je ne sais plus, qui, après avoir navigué d'un petit boulot à l'autre sans grande satisfaction avait décidé de consacrer son petit pécule à la construction d'une maison là-bas. Je suis jeune parce que je me vois comme une jeune, parce que j'ai des projets, disait-elle, alors qu'en France, on me trouve trop vieille pour travailler.
On sait, en général, que dans ce type de reportage, on présente trois ou quatre personnes ou couples, et que les résultats sont mitigés: les plus sympathiques réussissent au moins en partie leur projet, les autres c'est selon. Elle n'était pas antipathique, cette Claudine, elle avait du essuyer des déconvenues, souffrir de séparations ou d'abandons peut-être, mais elle réagissait d'une façon vivante, avec une façon d'envisager l'avenir positive, à la fois rêveuse, pratique et réaliste. Je lui souhaitais la réussite, alors que les autres, bof bof.
Donc, je vois sur mon écran Claudine qui vit à Madagascar. Elle y travaille, même, à Madagascar, on la suit dans un hangar où sont entreposés des sacs de ciment, elle est derrière son petit bureau, dans la poussière. Une femme courageuse. De la vie à Madagascar, on ne saura pas grand-chose. Les meubles et les matériaux de construction des blancs arrivent par bateau. Les noirs les portent, sur leur tête, sur leurs épaules. Les blancs râlent parce que tout arrive en retard et vérifient que la commande est complète et en bon état. Les noirs ressemblent à une colonne de fourmis trimballant de lourds, lourds fardeaux. Beaux paysages et nombreux enfants pauvres avec plein de dents blanches.
Claudine a un grand chien qui fait peur aux gens du coin. J'ai failli écrire "natifs", ou "primitifs", c'est dire si je suis dans l'ambiance. Claudine cherche un terrain pour construire sa maison. Elle déniche un endroit superbe, elle veut avoir cette vue de son salon ou de sa chambre. C'est beau, Madagascar, ça a quelque chose du paradis terrestre. Là, je loupe un tout petit bout du reportage, puis je reviens. En rentrant chez elle, dans sa maison (celle qu'elle a construite ou une autre qu'elle occupe en attendant, je ne sais pas), il y a un corps étendu par terre. C'est le gardien, et il est mort. Claudine raconte qu'elle est allée chez les voisins sans toucher à rien. Comme elle a bien fait, assurent les policiers... Les criminels étaient certainement encore dans les lieux et, ça ne fait pas un pli, l'auraient éliminée automatiquement si elle avait traversé le salon. Le gardien était donc mort, attaché par terre, malgré la maison fermée, cadenassée, malgré la présence des chiens. La belle histoire se mettait à grincer. Un gardien, mais pourquoi un gardien dans une maison de particulier ? On n'avait rien dit avant, dans le reportage, sur le risque qu'on prenait à habiter là-bas. On ne parlera pas du gardien, il n'a pas de nom, il a moins d'importance que les commandes qui arrivent en retard, il n'a pas d'importance du tout. Un gardien noir tué, tu parles d'une affaire. Le début de l'émission ne préparait pas du tout à cela, on nageait dans le show du bonheur, et... Cette absence de réaction et de commentaire, même convenu, même hypocrite, me fait basculer de téléspectatrice regardant distraitement un reportage banal un dimanche soir à téléspectatrice plongée dans un film d'horreur aux effets savamment dosés. On nous balance le paradis et la jolie vie facile sous les cocotiers, on nous berce et puis paf! J'imaginais la suit en pire, style le jour d'après la Claudine retrouvée zigouillée, cou cisaillé par la chaîne en or arrachée. J'attendais qu'un intervenant, n'importe qui, nous explique que notre RSA équivaut à vingt fois leur salaire minimum, que ces étrangers étalant naïvement leurs richesses sont une trop grande tentation, que la protection d'un gardien ne vaut que dalle dans un pays aussi pauvre, qu'il est illusoire d'attendre quoi que ce soit des autorités locales, que ce que nous appelons violence est quand même un cran dessous la violence ordinaire de cette partie du monde, mais rien. Ou alors je me suis endormie, je ne voudrais pas médire.
Alors, après, bien sûr, Claudine ne voulait plus habiter à Madagascar. Elle s'est rappelé qu'elle avait de bons amis au Maroc, et qu'on pouvait y vivre confortablement pour pas grand chose.
On sait, en général, que dans ce type de reportage, on présente trois ou quatre personnes ou couples, et que les résultats sont mitigés: les plus sympathiques réussissent au moins en partie leur projet, les autres c'est selon. Elle n'était pas antipathique, cette Claudine, elle avait du essuyer des déconvenues, souffrir de séparations ou d'abandons peut-être, mais elle réagissait d'une façon vivante, avec une façon d'envisager l'avenir positive, à la fois rêveuse, pratique et réaliste. Je lui souhaitais la réussite, alors que les autres, bof bof.
Donc, je vois sur mon écran Claudine qui vit à Madagascar. Elle y travaille, même, à Madagascar, on la suit dans un hangar où sont entreposés des sacs de ciment, elle est derrière son petit bureau, dans la poussière. Une femme courageuse. De la vie à Madagascar, on ne saura pas grand-chose. Les meubles et les matériaux de construction des blancs arrivent par bateau. Les noirs les portent, sur leur tête, sur leurs épaules. Les blancs râlent parce que tout arrive en retard et vérifient que la commande est complète et en bon état. Les noirs ressemblent à une colonne de fourmis trimballant de lourds, lourds fardeaux. Beaux paysages et nombreux enfants pauvres avec plein de dents blanches.
Claudine a un grand chien qui fait peur aux gens du coin. J'ai failli écrire "natifs", ou "primitifs", c'est dire si je suis dans l'ambiance. Claudine cherche un terrain pour construire sa maison. Elle déniche un endroit superbe, elle veut avoir cette vue de son salon ou de sa chambre. C'est beau, Madagascar, ça a quelque chose du paradis terrestre. Là, je loupe un tout petit bout du reportage, puis je reviens. En rentrant chez elle, dans sa maison (celle qu'elle a construite ou une autre qu'elle occupe en attendant, je ne sais pas), il y a un corps étendu par terre. C'est le gardien, et il est mort. Claudine raconte qu'elle est allée chez les voisins sans toucher à rien. Comme elle a bien fait, assurent les policiers... Les criminels étaient certainement encore dans les lieux et, ça ne fait pas un pli, l'auraient éliminée automatiquement si elle avait traversé le salon. Le gardien était donc mort, attaché par terre, malgré la maison fermée, cadenassée, malgré la présence des chiens. La belle histoire se mettait à grincer. Un gardien, mais pourquoi un gardien dans une maison de particulier ? On n'avait rien dit avant, dans le reportage, sur le risque qu'on prenait à habiter là-bas. On ne parlera pas du gardien, il n'a pas de nom, il a moins d'importance que les commandes qui arrivent en retard, il n'a pas d'importance du tout. Un gardien noir tué, tu parles d'une affaire. Le début de l'émission ne préparait pas du tout à cela, on nageait dans le show du bonheur, et... Cette absence de réaction et de commentaire, même convenu, même hypocrite, me fait basculer de téléspectatrice regardant distraitement un reportage banal un dimanche soir à téléspectatrice plongée dans un film d'horreur aux effets savamment dosés. On nous balance le paradis et la jolie vie facile sous les cocotiers, on nous berce et puis paf! J'imaginais la suit en pire, style le jour d'après la Claudine retrouvée zigouillée, cou cisaillé par la chaîne en or arrachée. J'attendais qu'un intervenant, n'importe qui, nous explique que notre RSA équivaut à vingt fois leur salaire minimum, que ces étrangers étalant naïvement leurs richesses sont une trop grande tentation, que la protection d'un gardien ne vaut que dalle dans un pays aussi pauvre, qu'il est illusoire d'attendre quoi que ce soit des autorités locales, que ce que nous appelons violence est quand même un cran dessous la violence ordinaire de cette partie du monde, mais rien. Ou alors je me suis endormie, je ne voudrais pas médire.
Alors, après, bien sûr, Claudine ne voulait plus habiter à Madagascar. Elle s'est rappelé qu'elle avait de bons amis au Maroc, et qu'on pouvait y vivre confortablement pour pas grand chose.
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lundi 9 janvier 2012
Bug de gauche ou virage vers la Mecque ?
"C'est un certain Ahmed B. qui, le premier, s'est étonné de la présence du nom de Rachid Gacem en 50e position parmi les 75 délégués supplémentaires et suppléants proposés au conseil municipal le 17 juin dernier par la liste Roubaix-Ensemble (élus municipaux socialistes, centristes du MoDem, communistes, radicaux de gauche et membres de la société civile).
Ahmed B. a de la mémoire. Il se souvient très bien des propos de Rachid Gacem devant les caméras de John-Paul Lepers. Alors trésorier de la mosquée Abou Bakr en septembre dernier, M. Gacem trouvait normal que la charia ait force de loi en France dès lors que l'islam y deviendrait majoritaire." ( article du Journal Nord Eclair)
Rachid Gacem, c'est lui . Ce n'est pas un extrémiste d'un courant minoritaire, mais l'ex trésorier de la grande mosquée de Roubaix qui pratique l'islam avec pignon sur rue, subventions, radios, média et tout le toutim. Les autres responsables de la mosquée de Roubaix avaient l'air tout aussi modérés que lui dans ce reportage de John-Paul Lepers. Ils ont regretté ces déclarations après les vagues qu'elles ont levées, suggérant que les conditions du reportage, vous savez.... le blabla bla habituel.
Bref, l'eau a coulé sous les ponts depuis ce reportage, emportant les espoirs des combattants laïques du printemps arabe. Ceux qui assuraient que les partisans de la charia étaient ultra minoritaires parmi les musulmans vivant dans notre pays ont mis une petite sourdine à leur discours optimiste après le vote des Tunisiens.
Qu'on parle maintenant d'islamisme modéré (ha ha ha!) au lieu d'islam modéré n'est pas de bon augure, mais on peut choisir de ne pas s'intéresser à ce genre d'évènement, si près des élections, pour ne pas faire le jeu de vous savez qui.
Je me demande juste si c'est un bug de la gauche, une inattention, une erreur commise par quelqu'un à qui le nom de ce candidat ne disait rien, un choix entériné ensuite par d'autres par ignorance, bref une gaffe qu'on voudrait minimiser, ou bien un choix conscient, revendiqué, assumé. Parce que ce n'est pas pareil. On s'est beaucoup excité sur la candidature d'Ilham Moussaïd, la militante voilée du NPA, et c'est cette candidature et ce qu'elle sous-entendait comme partis pris qui, à mon avis, a coulé le NPA. On ne parle pas tellement dans la presse, sur les media et sur le Net, deRachid Gacem et des élections à Roubaix, de ce défenseur de la loi sur la lapidation ou celle de la main coupée aux voleurs (lois divines, on ne peut pas aller contre, et si la France devient musulmane comme Roubaix l'est, on ne pourra que les adopter affirme-t-il.). La jeune Ilham Moussaïd se présentait à d'autres élections avec un voile sur la tête, et ce ne fut pas top pour les laïques et les féministes, mais Rachid Gacem a l'air nettement moins top et encore moins soluble dans la démocratie. Ils s'en fichent, les élus municipaux socialistes, centristes du MoDem, communistes, radicaux de gauche et membres de la société civile ? Ou alors ils considèrent que c'est de la chouette diversité, ah que ce serait triste de vivre dans une société où tous les gens penseraient pareil au mépris de nos différences qui font notre plus grande richesse et qui sont une chance pour l'avenir de la France ?
Ce n'est pas que je craigne qu'on se mette à lapider vigoureusement dès demain de Brest à Nice, mais tout de même...
Alors, bug de la gauche, inconscience, ou accolade aux islamistes ?
Ahmed B. a de la mémoire. Il se souvient très bien des propos de Rachid Gacem devant les caméras de John-Paul Lepers. Alors trésorier de la mosquée Abou Bakr en septembre dernier, M. Gacem trouvait normal que la charia ait force de loi en France dès lors que l'islam y deviendrait majoritaire." ( article du Journal Nord Eclair)
Rachid Gacem, c'est lui . Ce n'est pas un extrémiste d'un courant minoritaire, mais l'ex trésorier de la grande mosquée de Roubaix qui pratique l'islam avec pignon sur rue, subventions, radios, média et tout le toutim. Les autres responsables de la mosquée de Roubaix avaient l'air tout aussi modérés que lui dans ce reportage de John-Paul Lepers. Ils ont regretté ces déclarations après les vagues qu'elles ont levées, suggérant que les conditions du reportage, vous savez.... le blabla bla habituel.
Bref, l'eau a coulé sous les ponts depuis ce reportage, emportant les espoirs des combattants laïques du printemps arabe. Ceux qui assuraient que les partisans de la charia étaient ultra minoritaires parmi les musulmans vivant dans notre pays ont mis une petite sourdine à leur discours optimiste après le vote des Tunisiens.
Qu'on parle maintenant d'islamisme modéré (ha ha ha!) au lieu d'islam modéré n'est pas de bon augure, mais on peut choisir de ne pas s'intéresser à ce genre d'évènement, si près des élections, pour ne pas faire le jeu de vous savez qui.
Je me demande juste si c'est un bug de la gauche, une inattention, une erreur commise par quelqu'un à qui le nom de ce candidat ne disait rien, un choix entériné ensuite par d'autres par ignorance, bref une gaffe qu'on voudrait minimiser, ou bien un choix conscient, revendiqué, assumé. Parce que ce n'est pas pareil. On s'est beaucoup excité sur la candidature d'Ilham Moussaïd, la militante voilée du NPA, et c'est cette candidature et ce qu'elle sous-entendait comme partis pris qui, à mon avis, a coulé le NPA. On ne parle pas tellement dans la presse, sur les media et sur le Net, deRachid Gacem et des élections à Roubaix, de ce défenseur de la loi sur la lapidation ou celle de la main coupée aux voleurs (lois divines, on ne peut pas aller contre, et si la France devient musulmane comme Roubaix l'est, on ne pourra que les adopter affirme-t-il.). La jeune Ilham Moussaïd se présentait à d'autres élections avec un voile sur la tête, et ce ne fut pas top pour les laïques et les féministes, mais Rachid Gacem a l'air nettement moins top et encore moins soluble dans la démocratie. Ils s'en fichent, les élus municipaux socialistes, centristes du MoDem, communistes, radicaux de gauche et membres de la société civile ? Ou alors ils considèrent que c'est de la chouette diversité, ah que ce serait triste de vivre dans une société où tous les gens penseraient pareil au mépris de nos différences qui font notre plus grande richesse et qui sont une chance pour l'avenir de la France ?
Ce n'est pas que je craigne qu'on se mette à lapider vigoureusement dès demain de Brest à Nice, mais tout de même...
Alors, bug de la gauche, inconscience, ou accolade aux islamistes ?
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jeudi 5 janvier 2012
L'illettrisme existe depuis peu
Quand j'ai voulu écrire le mot illettrisme tout à l'heure, j'ai hésité sur l'orthographe. Deux t et deux l, vraiment ? Je n'en étais plus certaine, j'ai voulu vérifier. Help me, TLF ! Le Trésor de la Langue Française est un excellent dictionnaire en ligne, gratuit et d'utilisation rapide. Je lui propose illettrisme. Rien. Ilettrisme, illetrisme ? Rien non plus. Mon Petit Robert a disparu, mais le Petit Larousse me garantit illettrisme. Ah, je le savais bien ! Ouf. Du coup, cette absence dans le TLF m'intrigue. Ce mot n'est tout de même pas si récent, non ? Ou bien si ? Un bref feuilletage du Dictionnaire historique de la langue française me renvoie à Lettres et m'apprend que son homologation date de 1983. Pour moi, l'illettré sait lire et écrire, sans plus, et ne se distingue de l'analphabète que par ce déchiffrage, ce niveau minimum. Pas ou très peu de savoir, un niveau scolaire inférieur à celui du CE2. Pour le dictionnaire historique aussi "incapacité à maîtriser la lecture d'un texte simple". Illettré est antonyme de lettré, et signifiait, avant la naissance d'illettrisme "personne ne sachant ni lire ni écrire". Analphabète lui a piqué ce niveau zéro et cette définition, alors qu'il est toujours donné comme synonyme d'illettré par le TLF. Le TLF retarde donc de beaucoup de métros, et j'en suis fort marrie, bien que je l'aime encore.
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mercredi 21 décembre 2011
Mes nuits ne sont pas plus belles que vos jours
Il faut parfois passer une nuit à l'hôtel. Vous je ne sais pas, mais moi je ne suis pas riche. Je ne fréquente donc pas les établissements huppés, et quand je lis ce que Renaud Camus écrit dans son journal sur la qualité de sommeil des hôtels pour riches, je me dis que la plupart de mes hôtels pour pauvres ne démérite pas, loin de là. J'ai même connu des hôtels bon marché qui frôlaient le paradisiaque, dont un à Limoges dans le quartier de la gare, tenu et animé par une aimable brune. On passait derrière l'accueil, et on rejoignait les chambres sobres et proprettes disposées autour d'une cour carrée fleurie, tapissée de passiflores. L'endroit était bondé de gens qui ne hurlaient pas, ne claquaient pas les portes la nuit et petidéjeunaient sans mâcher la bouche ouverte. Il y eut une autre chambre, à Saint-Nectaire, dont les fenêtres ouvraient sur la cathédrale romane qui est une des plus belles cathédrales romanes au monde, n'ayons pas peur de l'affirmer. On y mangeait (on y mange peut-être encore, mes souvenirs se rapportant à ce lieu ont dix ans) une excellente truffade dans une salle de restaurant si kitsch qu'elle aurait pu figurer tel quel dans un musée du kitsch, en tant que performance artistique inégalable. L'aubergiste ressemblait d'une façon hallucinante à Patrick Timsit, la chambre sentait la cire, le feu de bois et l'orange, et tout vibrait quand les cloches de la cathédrale résonnaient. Il y eut cette chambre d'hôte en face de la cathédrale Sainte-Foy de Conques. Je regardais par la fenêtre les foules de touristes qui mangeaient des glaces et prenaient en photo le tympan, j'entendais ceux qui braillaient le plus fort commenter les vitraux de Soulage - comme c'est moche, comme c'est admirable - et je voyais les pèlerins s'abattre, épuisés, devant la maison des pèlerins en attendant l'ouverture des portes. Et, la nuit, le silence magnifique.
L'hôtel où j'ai passé une nuit le mois dernier se tenait dans une petite moyenne, assez basse la moyenne. La douche fuyait en chuintant et toussait parfois, même quand on ne l'utilisait pas. Le lit avait un matelas neuf, mais la moquette alopécique formait des cloques qui pschittaient sous le pied. J'ai failli m'endormir, quand les voisins sont arrivés. Là, j'ai commencé à penser de très vilaines choses à propos de l'isolation phonique des cloisons, puis à propos du couple voisin. Le type s'est mis à chanter, ce n'était presque pas désagréable car il avait une belle voix de baryton, bien juste et bien posée, mais "je suis malade" de Serge Lama à minuit, c'est moyen. Chante moins fort, Freddy, susurrait une voix fluette, tu vas déranger la dame dans la chambre d'à côté, je viens de l'entendre soupirer et tourner les pages de son livre. Bon, elle a juste dit la première partie de la phrase qui s'arrête à "déranger", mais elle aurait pu dire le reste, on entendait tout, vraiment TOUT. Freddy, pas mauvais bougre au fond, a fredonné autre chose sur un ton plus bas. Puis j’ai entendu leur douche à eux, raclements de tuyaux, chute de flacons, rots de lavabo, et ce qui devait arriver arriva, ils ont commencé à gémir, elle sur le mode tourterelle, lui sur le mode taureau de Camargue, mords pas si fort Freddy, laisse-toi faire Caroline, putain laisse-toi faire. Vu comme les choses s’engageaient, je me suis dit qu’ils en avaient pour cinq minutes au maximum, et que Freddy et Caroline s’endormiraient ensuite dans les bras l’un de l’autre, pour leur plus grand bonheur et pour le mien, qui m’importait alors davantage.
Malheureusement, on ne peut pas faire confiance aux hommes. Tous des sales types violents, égoïstes et impératifs. D’irrécupérables ennemis de classe, comme nous le serinent les féministes absolues. Quand la mâle voix du Freddy s’est adoucie et enrichie de trémolos « mais pourquoi tu veux plus me sucer ? Ça fait combien de temps que tu m’as pas sucé, hein, Caroline ? Allez, fais moi plaisir, suce-moi… » j’ai eu l’intuition que l’affaire allait durer plus longtemps que les cinq minutes espérées. Allez, suce-le, Caroline, vite fait bien fait, qu’on en finisse et que je dorme, pensai-je de toutes mes forces. J’entendais les draps bouger, les coups dans le mur. Puis Caroline : « pose ce gun, Freddy, POSE CE GUN, je ferai ce que tu voudras, TOUT CE QUE TU VOUDRAS mais pose ce gun. »
Aïe aïe aïe… J’aurais bien crié un truc du genre « eh, ça va pas là dedans ? Arrêtez ou je préviens les flics, hein ! » Mais j’avais peur que Freddy, de dépit, ne file une tarte à Caroline ou pire encore. Et un coup de gun à moi pour effacer le témoin. J’ai attendu deux secondes. Puis Caroline, sur un ton suraigu « t’es dégueulasse, Freddy, j’te l’aurais fait quand même, j’vais t’le faire, mais pose ton gun ! ».
Je suis allée à l’accueil. Le couloir était dans le noir, et, au bout, un écran d’ordinateur éclairait la dame de l’hôtel, rousse quinquagénaire aux yeux brillants qui tchattait sur un site « rencontres moins de trente ans ». C’est pour la douche ? m’a-t-elle demandé. Je lui ai expliqué l’affaire et l’urgence de l’affaire. Elle m’a adressé un regard de Mado maquerelle puis quelques paroles apaisantes dans le style chacun chez soi et on ne se mêle pas de la sexualité des autres. Oui, mais quand même, ai-je objecté, sous la menace d’une arme… Ouais, a-t-elle répondu, mais je les connais. Ils viennent tous les ans, ils font le salon de l’habitat, ils restent ici trois nuits. Le plus chiant, c’est qu’y vous empêchent de dormir, mais vous inquiétez pas pour la p’tite, c’est leur façon à eux de s’amuser.
On a discuté cinq minutes du salon de l’habitat et de la TVA hôtelière.
De temps en temps la terre penche. J’avais cette impression courante de vivre des époques mélangées et de réagir à contre temps, quoi que je fasse. Je suis retournée me coucher. Caroline avait fini ses œuvres ou bien elle était morte, Freddy ronflotait.
Le lendemain matin je les ai vus à l’accueil de l’hôtel.
Caroline mesurait près de deux mètres, avait un corps de nageuse Est-Allemande, un cou de bœuf, une tête de boxeur posée dessus et des cheveux drus et noirs coiffés en brosse. Freddy le baryton ressemblait à un ange de Fra Angelico, atteignait la taille d’un enfant de douze ans, et démêlait ses boucles blondes en les étirant avec ses doigts longs, fins, blancs et roses.
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vendredi 4 novembre 2011
Charlie-Hebdo est d'extrême-droite
Charlie-Hebdo l'a bien cherché.
C'est ce qui ressort de la lecture des blogs ou comptes twitters de blogueurs tels Les Entrailles de Mlle S, CSP, Crêpe Georgette, etc .
Sur le site officiel du NPA on garde un silence en béton sur l'affaire Charlie.
Sur le site officiel du NPA on garde un silence en béton sur l'affaire Charlie.
"Je considère que certaines choses publiées par CH sont illégales (haine raciale). Je ne les défends donc pas." dit Valérie ( Crêpe Georgette). "Charlie Hebdo, journal qui, paraît-il, a été de gauche mais qui est aujourd'hui franchement du côté de l'extrême-droite." lit-on dans le Courrier International, qui cite K.Sélim, éditorialiste du quotidien d'Oran.
Et l'on tape et retape sur ceux qui osent toute critique de l'Islam. Ce n'est pas qu'on ne puisse critiquer les religions, assurent-ils tous, mais on si on critique l'Islam comme ci ou comme ça, ou plus qu'une autre religion, c'est du racisme.
Quelle que soit la façon dont tu critiques l'Islam, même si tu avances en plantant les préalables habituels (toujours déconsidérés, toujours dénoncés comme procédés) selon lesquels tu ne t'en prends pas aux étrangers, immigrés, Noirs et Arabes mais à tout ce qui dépasse ce que toi tu trouves admissible en matière d''inégalité hommes-femmes, séparation des sexes dans l'espace public, islam politique, etc, quoi que tu dises et quelle que soit la manière dont tu le dis, tu es islamophobiquement raciste, donc tu rejoins l'extrême-droite.
Bon sang, qu'est-ce qu'elle est foisonnante et hypertrophiée, pour eux, l'extrême-droite !
Sont islamophobes ceux qui ont légiféré sur le voile à l'école, la burqa dans la rue. Sont islamophobes et racistes ceux qui ont défendu la crèche Baby-loup contre une intégriste qui prétendait travailler voilée de la tête aux pieds, sont islamophobes ceux qui se sont sincèrement réjouis d'un espoir de démocratie pendant les printemps arabes et s'attristent de choix islamistes maintenant. Sont islamophobes ceux dont le premier mouvement a été de dire sur son blog "solidarité avec un journal brûlé".
Ils jouent sur la honte qu'on aurait à se faire taxer de racisme alors qu'on sait bien, grosso modo, quand le racisme est le fond du problème ou pas, et ça fonctionne au poil ! ça fonctionne tellement bien que les Arabes athées, ou les musulmans non islamistes et laïques se retrouvent isolés, coincés entre le vrai racisme de certains Français de souche (de toute façon, "ils" se valent tous, les crouilles sont tous comme ça, celui-là est un menteur juste plus habile que les autres, faut tous les virer) et les islamistes qui les traitent de traitre à leur communauté, sans qu'il y ait grand-monde à gauche pour les soutenir et les défendre. Quelle incohérence et quel dommage!
Je pense en ce moment à Nadia el Fani pour la Tunisie et à Hassen Chalghoumi, l'imam de Drancy qui nous demande d'arrêter de soutenir les islamistes chez nous. Ils sont courageux.
mardi 25 octobre 2011
Islamisme modéré mon cul
J'écoute les matins de France Culture où pérorent les islamistes tunisiens. Total désarroi. Je me connecte pour lire ce qu'en disent nos grands quotidiens. Ils se félicitent de "la grande démocratie du scrutin." Et les politiques ? "Ce scrutin est un exemple pour la région et le monde".( Hilary Clinton.) Chouette.
Et les blogs de gauche, qu'en disent les blogs de gauche ?
Rien.Y causent de Sarko. Et pis de leur petit moi et pis de la Crise. Remarque, qu'est-ce qu'on en a à cirer qu'un pays étranger choisisse ses dirigeants ? On ne s'intrusera pas. Romain Blachier a présenté hier la candidate de gauche des Tunisiens résidant en France. Je suis tellement à l'ouest, dans mon wild wide Ouest, que je ne savais même pas qu'on pouvait voter autrement que dans les ambassades ou par correspondance. C'est fait: les Tunisiens de France ont voté majoritairement islamiste. Catastrophe.
Je croyais vraiment qu'il y avait, chez les maghrébins vivant en France, le même panorama politique que pour les Français en général. Qu'il ne fallait pas confondre les islamistes avec la majorité des musulmans modérés, forcément modérés. Modérés, ça veut dire solubles dans la démocratie, conciliants avec les lois républicaines, laïques, etc, etc. En tout cas, pas islamistes, pas islamistes du tout. Les islamistes sont des ennemis politiques qu'il faut combattre, tout le monde est d'accord, et il ne faut pas faire l'amalgame entre les islamistes et l'immense majorité des musulmans de France dont on ne parle pas puisqu'ils ne font pas parler d'eux, et qui sont des modérés intégrés ou en voie d'intégration. C'est ce qu'on disait encore avant-hier matin.
La majorité des Tunisiens vivant en France vient de voter islamiste. Qu'est-ce qui empêche d'imaginer que la majorité des autres musulmans voterait aussi islamiste si l'occasion se présentait ?
Qu'est- ce qui empêche d'imaginer que si les étrangers avaient le droit de vote pour les municipales, par exemple, il y aurait un plusieurs partis islamistes en lice ? Gageons alors qu'il y aurait une certaine gauche se réjouissant de la chose, mais la gauche normale, la gauche majoritaire, le centre gauche, les républicains, les démocrates, qu'en diraient-ils, que feraient-ils ? Qu'en disent-ils maintenant ?
Alors, on en est où ?
Et les blogs de gauche, qu'en disent les blogs de gauche ?
Rien.Y causent de Sarko. Et pis de leur petit moi et pis de la Crise. Remarque, qu'est-ce qu'on en a à cirer qu'un pays étranger choisisse ses dirigeants ? On ne s'intrusera pas. Romain Blachier a présenté hier la candidate de gauche des Tunisiens résidant en France. Je suis tellement à l'ouest, dans mon wild wide Ouest, que je ne savais même pas qu'on pouvait voter autrement que dans les ambassades ou par correspondance. C'est fait: les Tunisiens de France ont voté majoritairement islamiste. Catastrophe.
Je croyais vraiment qu'il y avait, chez les maghrébins vivant en France, le même panorama politique que pour les Français en général. Qu'il ne fallait pas confondre les islamistes avec la majorité des musulmans modérés, forcément modérés. Modérés, ça veut dire solubles dans la démocratie, conciliants avec les lois républicaines, laïques, etc, etc. En tout cas, pas islamistes, pas islamistes du tout. Les islamistes sont des ennemis politiques qu'il faut combattre, tout le monde est d'accord, et il ne faut pas faire l'amalgame entre les islamistes et l'immense majorité des musulmans de France dont on ne parle pas puisqu'ils ne font pas parler d'eux, et qui sont des modérés intégrés ou en voie d'intégration. C'est ce qu'on disait encore avant-hier matin.
La majorité des Tunisiens vivant en France vient de voter islamiste. Qu'est-ce qui empêche d'imaginer que la majorité des autres musulmans voterait aussi islamiste si l'occasion se présentait ?
Qu'est- ce qui empêche d'imaginer que si les étrangers avaient le droit de vote pour les municipales, par exemple, il y aurait un plusieurs partis islamistes en lice ? Gageons alors qu'il y aurait une certaine gauche se réjouissant de la chose, mais la gauche normale, la gauche majoritaire, le centre gauche, les républicains, les démocrates, qu'en diraient-ils, que feraient-ils ? Qu'en disent-ils maintenant ?
Alors, on en est où ?
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jeudi 20 octobre 2011
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