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jeudi 31 mars 2016

Il ne faut plus dire "nègre"

Il ne faut plus dire "nègre".
Mon billet aurait pu s'arrêter là.

Je comprends ce qu'a voulu dire Laurence Rossignol en parlant des  nègres consentant à l'esclavage, mais elle a eu tort d'employer le mot "nègre", qui est perçu comme un terme raciste. Il ne faut pas discuter de cela: si les noirs ne veulent plus, ne veulent pas, qu'on utilise ce mot "nègre", pourquoi insister ? si même "art nègre" fait tiquer une partie des noirs, pourquoi leur  refuserions-nous la politesse de ne pas l'employer, ou alors de l'employer avec précaution, avec des guillemets, avec une note en bas de page en expliquant le pourquoi de l'emploi ?
Si elle avait dit tout de suite qu'elle faisait allusion à l'Oncle Tom et aux théories sur le syndrome du  nègre domestique  et du nègre des champs ( Malcom X), ou à Montesquieu, ce serait passé. Mais invoquer Montesquieu après les réactions offusquées, bof bof.

Quand on est ministre, il faut faire attention à ce qu'on dit. Il n'y a pas de franc parler qui tienne quand on lance des petites phrases ambiguës.  Ceux qui ont des références culturelles*, qui apprécient  les  degrés  d'un discours, ne les trouveront pas ambiguës, mais elles le seront pour ceux à qui l'on devra des explications qui ajouteront encore quelque chose à la vexation initiale, parce qu'il y aura d'un côté ceux qui savent, qui jouent toute la partition du langage, et les ignorants qui réagissent au quart de tour en étalant leur manque de compréhension. Macron avait été bien méchant, aussi, en parlant d'ouvrières illettrées. Avait-il raison sur le fond ? On s'en fiche, ça n'apportait rien de le dire ainsi, et ça a vexé et chagriné des gens qui ne méritaient pas une telle humiliation. Le politiquement correct n'a rien à voir là dedans, c'est de la politesse. Et la politesse, c'est l'attention qu'on doit à autrui.


* les "références culturelles" ne sont pas forcément en lien avec une culture bourgeoise, mais peuvent être en relation avec l'âge, les lectures enfantines communes... La génération de Laurence Rossignol avait à disposition, dans les livres de bibliothèque au fond de la classe, La case de l'oncle Tom,  et a vécu en direct   la fin de l’apartheid et de la ségrégation, etc.

De l'eau a coulé sous les ponts. Billet de 2011: Cachez ce nègre que je ne saurais voir

*** 

...et, sinon, elle a évidemment raison pour les fringues islamistes.

mercredi 2 mars 2016

La poésie des blogs




  Vous connaissez le gâteau invisible ?
  Sucré, salé, il existe vraiment. C'est juste un peu de pâte (œufs, farine, lait, crème) qui enrobe n'importe quoi. On met à cuire, on démoule et, hop !
  Et comment mange-t-on  le gâteau invisible ? Avec une cuiller invisible? Est-ce qu'on devient invisible quand on l'a mangé ? C'est ça qui serait chouette... J'imagine le goûter du dimanche, la famille attablée, et les humains qui pâlissent, deviennent transparents... Grand-père, je vois le bouquet de roses sur le buffet à travers toi ! Ne crie pas la bouche pleine de gâteau invisible, mon petit, ce n'est pas poli, et tu envoies des postillons invisibles !
  Quels beaux après-midi nous aurions alors, quels jeux ne pourrions-nous pas inventer... Las, je m'égare, je m'égare...  Le gâteau invisible a d'autres  talents. Il équilibre les enfants, " Quand tu as un enfant végétarien et que chacun a des goûts bien prononcés et surtout que tu veux les faire manger équilibrés", nous assure une blogueuse bien connue pour ses délicieux billets sponsorisés, surréalistes ou loufoques.  Comment fait-on manger des enfants équilibrés ? De quel équilibre parle-t-on en fait ?  Sur ces balançoires qu'on appelle  tape-cul, équilibre-t-il le petit de deux ans et l'adolescente grassouillette ?  Ce gâteau les équilibre-t-il   même s'ils se posent au bout du banc   et que tout le monde se lève ? Je me sens niaise avec ma tarte aux pommes banale qu'on voit très bien et mon far aux pruneaux qui lesterait mortellement n'importe quel baigneur même au fond d'une baignoire.



jeudi 4 février 2016

C'est pas vos ognons

Afficher l'image d'origineJe suis une personne pleine de probité, tellement pleine que j'ai peur d'exploser. J'explique: je  sais rarement où il faut mettre un accent circonflexe dans les conjugaisons du passé. Je vérifie souvent. Je ne suis pas sûre, et même pour sûre je ne suis pas sûre. J'ai lu aussi sûri avec ou sans accent chez les classiques. Or donc, si je me goure avec le circonflexe assez souvent, sa disparition officielle et programmée me navre, et je préfère rougir de honte quand je me fais prendre en flagrant délit de dysaccentugraphie que   m'associer à ce triste assassinat. 

L'oignon perd son i aussi. 2400 mots se tapent un lifting. La réforme date des années 80, mais elle n'avait jamais été appliquée, tandis que maintenant, elle le sera dans les prochains manuels scolaires.
C'est la nouvelle lubie de notre sémillant ministre qui déteste vraiment les professeurs. C'est fait pour faciliter la vie des enfants, soi-disant.  Allons donc ! Celui qui ne sait pas écrire mille-pattes , à qui l'on n'a pas expliqué l'étymologie  un peu farceuse de ce mot composé (Voyons Toto, aucun insecte n'a mille pattes, c'est juste qu'il en a beaucoup et qu'on ne peut pas les compter d' un simple coup d'oeil) ne sera pas plus à l'aise avec millepattes.
Conserver l'orthographe des mots difficiles (les mots composés, quel chantier !) a pourtant quelques avantages, celui  de la compréhension de l'histoire de la langue, de la logique, et même, paradoxalement, de la simplicité. Si les mots restent tels quels, on sait où les chercher, dans quel dictionnaire. On les apprend en même temps qu'on les comprend, et si on ne s'en souvient pas bien, quelle importance majeure, franchement ? On appliquera mieux la règle la fois prochaine, et puis c'est tout. Il faudrait être bien cruel pour se moquer d'un étranger ou d'un élève qui se trompe à dithyrambique, irascible ou chrysanthème, ou même dans l'accord avec les verbes pronominaux.  Il faudrait être bien optimiste pour penser que des mômes qui écrivent "je faisse se que je peu mes je manuit bocous en clase comme meme" vont bénéficier de cette réforme oubliée.
 Après avoir supprimé des heures d'enseignement du  français au collège à des gamins qui en ont tant besoin, on va sûrement les consoler  avec ognon, cout, gout, nenufar...




jeudi 12 novembre 2015

Billet d'origine rigolote




"Un soir, tardivement, tu dois rendre visite à une amie qui habite dans une cité que tu ne connais pas et tu es perdu. Tu arrives sur une place où se trouvent un SDF qui dort sur un banc, une bande de jeunes bruyants qui discutent sur un autre banc. Un homme d'origine africaine en tenue traditionnelle traverse la place, accompagné d'une femme aveugle. À la sortie d'une supérette, il y a une femme d'origine roumaine qui porte un bébé dans ses bras. Vers qui vas-tu demander ton chemin ? Qui évites-tu à tout prix ? Explique ton choix."

 C'est un petit exercice d'Instruction civique sur lequel devaient plancher les collégiens dans les académies de Rennes et Nice.
Comme des professeurs ont protesté sur Twitter, ça a été retiré.

Je me demande pourquoi. Ce cynisme m'a bien fait rire, même si le cynisme, c'est mal. 

Quoique  si  le cynisme était si mal, notre ministre de l'éducation nationale n'en ferait pas si grand usage. Quand on lui demande au Parlement ce qui adviendra des professeurs d'allemand que sa réforme supprime, elle s'esclaffe  gracieusement  en jouant avec sa bretelle de soutien-gorge. Faut vraiment être une mégère lepéniste frustrée,  un passéiste gynophobe en blouse grise ou un professeur d'allemand pour noter de tels détails. 
Elle est super rigolote  notre ministre. Elle rigole tout le temps quand on lui pose des questions méchantes. Elle veut qu'on ne s'ennuie plus au collège et qu'on apprenne l'orthographe différemment. En lisant aux élèves des textes d'auteurs classiques, par exemple (re-auto-esclaffage quand elle annonce ça, la bonne blague !) 
N'empêche, elle a trouvé un truc super pour l'orthographe. Quand elle apparait en public, il y a toujours une banderole derrière elle, et sur cette banderole il y a souvent une faute d'orthographe. Pourquoi à votre avis, hein ? Parce qu'elle sait écrire, la ministre, et d'ailleurs ce n'est pas elle qui les fait, ses banderoles, ce n'est pas son boulot. Ses collaborateurs ils savent  écrire aussi. Non non non, s'il y a des fautes, c'est pour qu'on les voie, qu'on les signale, qu'on réagisse ! C'est de la pédagogie active, voilà ! Et quand elle parle en disant des trucs incompréhensibles, ce n'est pas qu'elle méprise la syntaxe, bien au contraire, c'est toujours pour nous faire réagir, pour voir si on suit ! Elle enseigne, elle ne peut pas s'empêcher d'enseigner, mais en rigolant !...

Bon, en tout cas, je ne sais pas ce que j'aurais répondu à l'exercice, moi. On discrimine à tous les coups.  C'est un peu comme l'histoire de la mère qui offre deux cravates à son fils, une rouge et une bleue. Quand il en met une, elle lui souffle, au bord des larmes, en lui adressant un regard lourd de reproches  "je savais bien que tu n'aimerais pas l'autre"...

mercredi 22 juillet 2015

Et la tolérance fraternelle, alors ?


 J'attendais tranquillement que le feu passe au vert. Je regardais au loin les petits nuages, les saules trempant leurs branches dans le fleuve, les camions sur le pont, et BANG ! Une voiture a heurté la mienne, à l'arrière. Le conducteur a tout de suite bondi sur la route et s'est précipité vers moi. Les premiers coups de klaxon retentissaient dans la file derrière nous.
- Je suis atteint de cécité monoculaire, qu'il m'a dit, et j'ai pas la notion des distances, j'm'excuse.
Allons nous garer un peu plus loin, lui ai-je proposé. Nous franchîmes le pont, nous garâmes  et allâmes dans un bistro, munis de nos papiers bleus et de nos cartes d'assurance, en personnes urbaines. La canicule nous faisait économiser les paroles et les gestes. Après deux Perrier, mon emboutisseur se dirigea vers les toilettes. Il ne vit pas la marche, ni la poutre. Il régla les consommations en épongeant le sang qui coulait de son front et repartit en boitant. La patronne du bistro émit un commentaire désobligeant envers les clients qui pissaient à côté de la cuvette.

Au royaume des personnes en situation de handicap visuel entrainant une cécité binoculaire, les personnes atteintes de monophtalmie irréversible sont reines, mais bon...

mardi 9 juin 2015

Billet magique



Il y a un lieu magique à Nantes. Il porte honorablement son nom, c'est un endroit où l'on donne des spectacles de magie.  Jusqu'ici tout est clair.
Quand ma voisine me raconte sa promenade dans les marais salants, près de Guérande, elle conclut: " c'était un moment magique dans un lieu magique. " Dans ma télé, tout le monde cause de lieux magiques, d'instants magiques, ou assure "c'était juste magique" (très à la mode chez les sportifs). Jacqueline de Romilly grognait contre la sale manie de ne plus dire simplement oui ou non, beau ou laid, d'abuser des superlatifs et des mots béquilles. Je suis tout à fait d'accord. Je pense exactement comme elle, je tiens absolument à le préciser.  Cette vieille dame, avec son franc-parler, aurait peut-être fait remarquer que le plus magique des lieux magiques, celui où l'on pouvait, en parfait illusionniste, instantanément faire disparaître quelque chose en moins de trois  secondes,  c'était, comment dire... celui qu'on appelait autrefois  "les lieux".

lundi 22 septembre 2014

Bénédiction des cartables

L'été est fini. L'année scolaire est bien entamée. Il parait que dans de nombreuses églises, on bénit les cartables des écoliers. Traditionnelle bénédiction des cartables, ai-je entendu à la radio.
Quand j'étais enfant, j'allais à la messe et au catéchisme, mais jamais on n'a béni mon cartable. Était-ce parce que j'allais à l'école publique ? J'ai demandé à mes vieilles voisines si on bénissait leur cartable à l'école du village. Hein ? Quoi ? On bénissait les maisons, on les bénit encore,  et puis les paires de bœufs autrefois (on fleurissait leur joug et c'était beau, le contraste entre la force animale et la délicatesse des primevères ou des coeur-de-Marie.) On bénissait les barques de pêche, les chiens des chasseurs, on a même béni des voitures (une fois, en 1952, il y en avait cinq, et c'était beaucoup), mais des cartables, jamais.
J'ai gougueulé, j'ai vu qu'une tripotée de paroisses bénissait à qui mieux mieux, mais je ne sais pas qui a lancé la mode, et quand.
Est-ce qu'on bénit aussi les cartables des collégiens, des lycéens, des professeurs ?

   


                                        

mardi 9 septembre 2014

L'homme politique et sa maîtresse








   Eh bien moi je n'achèterai pas le livre de Valérie Trierweiler et ne le téléchargerai pas, parce que je l'ai déjà lu... Enfin, plus exactement, j'ai vu et entendu les meilleurs passages, et les  meilleurs passages étant issus des meilleures pages ,  je m'en tiendrai là. 
Je trouve amusantes les appréciations "c'est un livre bien écrit", "c'est un livre mal écrit"... C'est écrit comme toutes les biographies pipol, avec le style ad hoc. C'est écrit comme les mémoires d'un sportif, d'une miss France, d'une actrice, en français correct avec les expressions dans le vent, du larmoyant et de l'émotion par tonneaux pour respecter la charte du produit.
Ce type de livre se vend très bien. On se régale du récit la vie de nos rois et de nos vedettes, et  les médias font une formidable promotion qui ne coûte pas un centime à l'éditeur.  Marcella Iacub, avec le récit de ses amours Strauss-Kahniennes, avait déclenché les mêmes critiques et commentaires de médias bien vertueux pour l'occasion ; son livre était cependant d'un autre niveau.
Et si on assistait au début d'une mode ?  Il y a sans doute des hommes politiques qui éprouvent quelques craintes actuellement : pour peu que l'on offre pas mal de pognon à leurs conquêtes déchues, elles se mettront à table et une flottille de nègres renflouera  les épaves d'aventures embarrassantes pour l"homme public qui ne demandait pas ce type de notoriété.   S'il s'y mêle en prime quelque scandale politique, le succès financier du livre sera tel qu'il motivera de plus en plus de vocations d'écrivaines  ex-amantes .

Il faudrait, pour satisfaire ce qui nous reste de morale sexuelle, que l'ancienne maîtresse, la femme trompée, l'épouse abandonnée, soit généreuse, pudique, miséricordieuse et surtout bien digne. On loue la complaisance des épouses d'hommes de pouvoir cavaleurs à l'extrême, pour qui on affiche la plus grande sympathie, et pour le reste, que les maîtresses soient d'une heure ou d'une vie, on ne demande à elles que l'effacement et la discrétion. On conspue celle qui parle, la méchante, l'ingrate, on fustige l'éditeur et les vendeurs, on cite en exemple les libraires au cœur pur qui ne trempent pas dans ce style de compromission. C'est peine perdue, parce que la déontologie, l'intérêt du pays, les valeurs ceci et cela auxquelles on se réfère pour critiquer les vilaines bavardes exhibitionnistes ne pèseront pas lourd face à  l'appât du gain, qui n'a pas de préférence sexuelle. La fautive se coltinera des masses d'antipathie, des flopées de  condamnations et d'insultes vieilles comme la nuit des temps. Oui mais les scandales passent, et les belles propriétés demeurent. La femme trompée pourra baptiser  la villa de ses rêves du prénom de son ancien amant et y couler une retraite heureuse, loin des affaires et du pouvoir.

***

L'illustration est la copie d'un tableau de Catherine de Rosa, La femme et le cochon, publié sur ce blog

dimanche 31 août 2014

Guérande, orthographe au pilori

22 juillet 2014, 13h

jeudi 19 juin 2014

Un R a disparu...


Alors là, je tombe des nues. On me l'aurait dit avant que je ne l'aurais pas cru. Et quoi qu'on m'aurait dit ? Qu'un r de Rrom aurait mouru, comme ça. Serait tombé comme un brave petit soldat au combat, ou comme une feuille morte à l'automne alors qu'on est en été. Se serait évanoui, évaporé, pulvérisé. Mais pourquoi, pourquoi ?  Pourquoi nos Bohémiens, Romanichels, Manouches, Tziganes, Voyageurs, Roms, transfigurés en Rroms pendant quelques années, dégringolent-ils maintenant au point de se déglinguer l'appellation, et de rouler tout cabossés, avec un r en moins  ?  Mystère. Il n'y a rien de bon là-dedans, je prédirais même que ça craint pour eux. Les fiers gitans, les circasiens de génie, les guitaristes musclés aux semelles de vent, c'est fini. On le pressentait déjà un peu.  Le coup de la belle étrangère dans  des bas-quartiers de bohémiens a pris un coup dans l'aile. Si même les militants antiracistes acharnés, les défenseurs du Rrom et de la burqa à tous les étages,  les dames pleines de bonté bonne leur ont soufflé une partie de leurs r, c'est mauvais signe: signe qu'il y a du laisser aller (qui n'est pas sans rappeler les compromissions les plus sombres de nos heures les plus rances de notre Histoire la plus moisie) dans la défense du Rom, surtout quand elle pourrait faire de l'ombre à celle du mmusulman. Rappelons qu'il n'est pas beau d'ethniciser les difficultés des pauvres et des victimes du colonialisme. Les mots sont importants, et tuer une lettre n'est pas innocent.

mercredi 22 janvier 2014

L'ironie et la pitié sont deux bonnes conseillères

Basquiat Ironie d'un policier noir
L'ironie et la pitié sont deux bonnes conseillères ; l'une, en souriant, nous rend la vie aimable ; l'autre, qui pleure, nous la rend sacrée. (Anatole France)

"En France, il y a 25 % de racistes. 25 %, c'est beaucoup ! Je tiens à le préciser: ..je n'ai pas les moyens de me priver de 25 % de mon public. Je n'ai rien contre les racistes. J'ai d'ailleurs un excellent ami raciste. Tout n'est pas faux dans leur propos.. ..concernant l'inégalité des races. vous prenez un Blanc, ..vous les mettez dans le métro à la station Châtelet. Vous leur donnez rendez-vous à Charles de Gaulle-Etoile. Eh bien, ..le Noir arrivera systématiquement. ..20 mn après le Blanc. Le Noir est plus lent. Plus lent pour presenter ses papiers d'identite.. ..au petit contrôle d'étape. Plus lent pour prouver qu‘il n'a pas volé le métro. ..dans lequel il circulait! Les Africains, c'est pas des gens comme nous ! Allez dans un quartier africain à Paris et vous le constaterez ! Ils connaissent leurs voisins ! Ils s'entraident ! Ils mangent les uns chez les autres ! C'est pas nos coutumes, ça. C'est pas notre mode de vie ! Attention ! Faut pas voir le mal partout."

C'est un sketch de Patrick Timsit.

Comment le comprenez-vous ? Je veux dire par là, est-il possible de le prendre à la lettre, et de prétendre que Timsit  affirme que  l'inégalité des races existe, que tous les Africains seraient donc sur le même modèle...Tous seraient "lents", ils auraient d'ailleurs colonisé des quartiers de Paris, en faisant preuve d'un autre "mode de vie". (le début et la suite de ce brillant argumentaire ICI)

Non, n'est-ce pas !  C'est un sketch sur les contrôles au faciès.

Je pense à Fernand Raynaud dans "J'aime pas les étrangers". Il est évident que c'est de ceux qui n'aiment pas les Africains ou les étrangers, que se moquent ces humoristes.

évident pour tout le monde ? 

Non.

Mais comment expliquer... Je ne sais pas. Quelqu'un s'y colle ?

mercredi 25 septembre 2013

France-Inter et la question Rom





Hier, la matinée de France-Inter était consacrée à "La question rom dans le débat politique".
J'ai entré "question rom" dans Google, c'est une expression très employée, mais principalement pour les Roms. Il n'y a pas de mot "question" massivement employé pour d'autres ethnies,  sauf  pour La Question Juive (Marx), et c'est loin dans le temps. *
On ne pourrait pas dire plutôt "situation des Roms", "Avenir des Roms en France", "problèmes que posent  les camps de Roms",  plutôt ?



* juste un chouïa pour les Corses, ces terroristes aux fromages pleins d'asticots.

mercredi 29 mai 2013

Ô, Point, suspends ton vol



 La jolie langue du journal Le Point et de l'agence Reuters


Une adolescente de 17 ans s'est suicidée dans son lycée des quartiers nord. Les cours ont été suspendus, une cellule psychologique a été mise en place.

Déjà, évoquer des cours suspendus quand une élève s'est pendue, c'est moyen.  Mais donner ensuite tel quel le communiqué de l'Agence Reuters:
Une lycéenne de 17 ans s'est suicidée par pendaison dans la cour de son établissement scolaire, dans les quartiers nord de Marseille, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Pensionnaire au lycée Lacordaire, l'un des établissements privés les plus cotés de la ville, son corps a été découvert en début de matinée suspendu à la branche d'un arbre. Elle était scolarisée en classe de terminale. Une cellule psychologique a été mise en place au sein du lycée où les cours ont été suspendus.

Hum...

lundi 15 avril 2013

Les vilaines féministes

Ce n'est pas pour rallonger la sauce, mais moi,  je laisserais les arrêtes qui donnent ce bon petit goût au harro.

Source

jeudi 11 avril 2013

Les mot-tes qui conviennent








  Trouvé sur ce blog   le joli mot de caricaturistesses à propos de caricaturistes femmes. L'auteur semble hésiter un peu, car elle parle juste avant de "la caricaturiste". 
Pourquoi pas caricaturisteresse, caricaturisteuse, caricaturistereuse, caricaturistelle ? Il y a des choix qui m'échappent.
La caricaturistesse rejoint donc là-bas  la peintresse et l'architectrice.  On avance on avance.


vendredi 29 mars 2013

Je dis ça, je dis rien

Je dis ça, je  dis rien...
à bon entendeur...
On verra bien le résultat... ou pas....

Il y en a d'autres. Quand je lis ça sur les blogs, sauf quand on raconte la dernière beuverie pendant laquelle  Machin s'est distingué par sa maîtrise du flamenco russe avec trois grammes dans le sang, j'dis ça, j'dis rien,  je vois la tête de celui qui l'écrit. Un air satisfait, matois, une sorte d'arrogance tranquille, une façon de capter l'interlocuteur avec un partage   de sous-entendus sur-entendus.

jeudi 17 janvier 2013

Honni soit qui mol y pense




              Je crois que je vais mettre mon ordinateur dans le puits si je lis encore un seul jeu de mots avec  Mali dedans.

mercredi 16 janvier 2013

Discours haineux





  Il semble que discours  haineux et discours de haine soient en passe de remplacer stigmatisation, stigmatiser (enfin !).   Relents nauséabonds  tient toujours la route mais s’essouffle et se raréfie. 
Haine  et haineux, à toutes les sauces,   gagnent des points chaque heure de chaque jour, et caracolent en bonne place.

lundi 10 septembre 2012

Ces bons vieux débats

Tout en désapprouvant fermement, mollement ou pas du tout ce qu'a dit Toto l'écrivain sur les Juifs, les Arabes, les noirs, les jaunes, les kamikazes,  les Indiens, les primitifs, la littérature, les civilisations, les cultures, les femmes, les religions, la guerre d'Algérie, la shoah, le communisme, la chasse aux phoques, le cul des enfants de dix ans, la résistance, les homosexuels mâle et femelle, les attentats terroristes,  les handicapés, les pauvres, Hitler,  les communistes, les footballeurs, l'immigration, l'hippophagie, l'avortement, Breivik, le bien, le mal, le vrai, le faux,  Ben Laden, les partouzes, Dieu, la vie, la mort et   l'alcoolisme en Bretagne,  je crois que Toto l'écrivain  doit  écrire ce qu'il a envie d'écrire, que son éditeur a le droit de le refuser ou de le choisir, que le lecteur a le droit de l'évaluer, de le juger,   que c'est un grand malheur et un mauvais présage de brûler, pilonner des livres, les retirer de la vente ou les tacher de blanc entre crochets,  je le pense, je voudrais qu'on ne le fasse pas, qu'on ne le fasse plus, ni chez nous, ni ailleurs.




lundi 21 mai 2012

Matière à sourire


   
    Tout d'abord, il y a ce billet de Nicolas. Monsieur Jégoun est interviouvé par le Figaro. Même pas honte. Depuis le temps qu'il fricote avec  les réacs les plus sombres de l'Histoire à nous de maintenant, ça devait bien arriver un jour où l'autre..
J'ai lu l'article du Figaro, vite vite (je ne suis pas de droite, moi) pour atterrir au commentaire suivant qui n'a été écrit que pour me faire sourire un lundi matin alors qu'il pleut sans discontinuer depuis deux jours : c'est marrant toutes ces personnes ont des noms ou prénoms bien français : JUAN, JEGOUN etc... incroyable d'avoir au sein de notre pays des gens qui viennent d'ailleurs et veulent nous donner des leçons et critiquer notre ex président. J'espère que leur venin n'a pas eu d'incidence sur ceux qui lisaient leurs conneries. (Sirven, le 19/05/2012 à 17:09 )

Et puis il y a France Culture, ma radio préférée. Ce matin, elle cause de l'Iran où, si j'ai bien suivi, Ahmadine Edjad ne serait pas contre la modernisation de la tenue islamiste.  Les femmes pourraient porter un pantalon noir non moulant avec une tunique s'arrêtant au-dessus du genou. Puis les journalistes évoquent le problème complexe et rigolo de la prononciation du nom de notre premier ministre dans le monde arabe. Ayrault, si on le prononce Èro, signifie pénis en arabe. Comme c'est fâcheux, on écorche le nom à dessein, on le transforme en Aro,  Èra, Adro, ou on le remplace par le seul prénom, ce qui n'est pas très respectueux. À la fin, on demande à la France ce qu'il faut faire.  La solution du problème est évidente : on détachera bien à l'oral chaque lettre du mot qu'on entendra aïra-ult (ou aïrol't, je ne sais plus).

La semaine dernière, alors que j'écoutais cette même radio, c'était le nom de Talleyrand qu'on honorait de trois ou quatre prononciations différentes suivant l'intervenant. Moi qui ai toujours dit et entendu tallèran, entendre  talran répété cent fois m'a fait  un effet de fausse note dans les ondes*.  Oui, mais et si c'était la bonne prononciation,  la vraie  ?  Qui pourra me répondre avec certitude ?  Me revient une histoire drôle de cour d'école. C'est un Français qui est à Waterloo et qui demande à un type à côté de lui : voilà, je n'ai jamais su si on disait ouaterlo ou vaterlo, vous pourriez éclairer ma lanterne ?  Ouaterlo, répond le type avec assurance. Ah, merci beaucoup, dit le Français, j'ai bien fait de venir sur place, vous habitez dans le coin sans doute ? Pas du tout, rétorque le type, je suis en ouacances.

***
J'ai copié la photo sur ce site