jeudi 4 février 2016

C'est pas vos ognons

Afficher l'image d'origineJe suis une personne pleine de probité, tellement pleine que j'ai peur d'exploser. J'explique: je  sais rarement où il faut mettre un accent circonflexe dans les conjugaisons du passé. Je vérifie souvent. Je ne suis pas sûre, et même pour sûre je ne suis pas sûre. J'ai lu aussi sûri avec ou sans accent chez les classiques. Or donc, si je me goure avec le circonflexe assez souvent, sa disparition officielle et programmée me navre, et je préfère rougir de honte quand je me fais prendre en flagrant délit de dysaccentugraphie que   m'associer à ce triste assassinat. 

L'oignon perd son i aussi. 2400 mots se tapent un lifting. La réforme date des années 80, mais elle n'avait jamais été appliquée, tandis que maintenant, elle le sera dans les prochains manuels scolaires.
C'est la nouvelle lubie de notre sémillant ministre qui déteste vraiment les professeurs. C'est fait pour faciliter la vie des enfants, soi-disant.  Allons donc ! Celui qui ne sait pas écrire mille-pattes , à qui l'on n'a pas expliqué l'étymologie  un peu farceuse de ce mot composé (Voyons Toto, aucun insecte n'a mille pattes, c'est juste qu'il en a beaucoup et qu'on ne peut pas les compter d' un simple coup d'oeil) ne sera pas plus à l'aise avec millepattes.
Conserver l'orthographe des mots difficiles (les mots composés, quel chantier !) a pourtant quelques avantages, celui  de la compréhension de l'histoire de la langue, de la logique, et même, paradoxalement, de la simplicité. Si les mots restent tels quels, on sait où les chercher, dans quel dictionnaire. On les apprend en même temps qu'on les comprend, et si on ne s'en souvient pas bien, quelle importance majeure, franchement ? On appliquera mieux la règle la fois prochaine, et puis c'est tout. Il faudrait être bien cruel pour se moquer d'un étranger ou d'un élève qui se trompe à dithyrambique, irascible ou chrysanthème, ou même dans l'accord avec les verbes pronominaux.  Il faudrait être bien optimiste pour penser que des mômes qui écrivent "je faisse se que je peu mes je manuit bocous en clase comme meme" vont bénéficier de cette réforme oubliée.
 Après avoir supprimé des heures d'enseignement du  français au collège à des gamins qui en ont tant besoin, on va sûrement les consoler  avec ognon, cout, gout, nenufar...




75 commentaires:

  1. Quand je pense au travail et à la persévérance de mon institutrice pour me permettre de combler mon retard et apprendre à respecter la langue de ce pays, où je suis arrivé à l'âge de dix ans.
    J'ai surtout mal pour elle, en fait. Mais bon, elle est morte et n'aura donc pas vu l'idiocratie tout emporter sur son passage.
    Maigre consolation.

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    1. dommage, elle aurait été contente d'elle en vous lisant !

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  2. Je ne peux que vous approuver ! Comme si oignon et nénuphar étaient les principales sources de la dysorthographie. Que la ministre de l’Éducation n'ait aucune idée de l'enseignement, est une chose mais de là à choisir de faire appliquer une réforme élaborée par des gens qui n'ont probablement jamais été instituteur ou prof de français il y a un pas que seule l'incompétence et la frivolité déguisées en modernité peuvent faire franchir. Logique (elle ne l'est pas toujours) ou pas, toucher à l'orthographe est une erreur qui créera plus de confusion qu'elle ne résoudra de problèmes.

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    1. "toucher à l'orthographe est une erreur qui créera plus de confusion qu'elle ne résoudra de problèmes."
      Oui.

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    1. "cette réforme n'est pas une réforme: ce sont des recommandations qui n'invalident pas pour autant l'orthographe classique. Ainsi, on en arrive à faire coexister deux états de la langue, et l'on risque fortement de donner à chacun une valeur particulière (car distinguer, c'est toujours à un moment ou à un autre établir une classification entre supérieur et inférieur, dans ce genre d'affaires). Et tandis que certains professeurs consciencieux enlèveront les accents circonflexes, de méchants réactionnaires qui dirigent au plus haut niveau se feront un plaisir de faire de cette distinction un critère de jugement, voire un marqueur social inratable ou presque. Et bizarrement, ce sont certainement ceux qui écriront «paraître» et «a priori» qui gagneront, à ce petit jeu…"

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    2. C'était extrait du texte que Waa a mis en lien.

      Gageons que bientôt, on ne dira plus "les réacs" mais "les circonflexes".

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    3. Et cette remarque de ce Monsieur, Jean-Rémi Girard, que vous mettez en exergue via le lien de Waa est tout à fait juste : il y aura les sachants et ceux dont on se moquera in petto , dont l'orthographe trahira une éducation au rabais.
      En voulant égaliser on discrimine aussi sûrement.

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    4. Un exemple pour abonder dans le sens de Mr Girard :
      France 5 diffuse une émission appelée "les clefs de l'orchestre".
      Les concepteurs de l'émission auraient pu choisir l’orthographe "clés" en lieu et place du mot "clefs". Pourquoi ne l'ont-ils pas fait bien que ce soit depuis longtemps admis sinon par souci d'une forme d'élitisme ?

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  4. avec les petits enfantsissusdel'immigration dont je m'occupe les mercredis après-midi, on écrit une conte. Je vous épargne l'histoire, mais sachez que, pour que l'enfant et le seigneur sortent du labyrinthe (on a travaillé sur le Minotaure, ils connaissent Dédale, Thésée, Icare et toute la clique et c'est pourquoi ils ont utilisé le labyrinthe comme élément du conte) il faut taper sur un digicode le mot : labyrinthe sans se tromper. Le seigneur et l'enfant ont droit à trois essais (la saint trilogie du conte) et moi, fourbe que je suis, j'ai essayé avec les vrais enfants... Ils n'ont pas ouvert la porte mais maintenant ils savent comment ça s'écrit. Ca leur servira ou pas, mais, comme on dit à la télé, ils mourront moins bêtes et voilà un mot dont ils connaissent et le sens et l'orthographe. Au boulot, restent tous les autres mots, il va me falloir un paquet de mercredis... (rien à voir, ou presque avec votre billet que j'approuve à 100 %)

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    1. Mère Castor, vous n'aurez peut-être pas besoin d'un paquet de mercredis, pas pour tous. Si vous avez donné le goût à ces enfants d'apprivoiser les mots inconnus et mystérieux, ils se sentiront plus braves pour en capturer d'autres.

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  5. Je jure ici même que je n'écrirai jamais oignon "ognon", ni mes enfants du reste...

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    1. Déjà, je pense que vous avez tort d'écrire "même" avec un p'tit chapeau. Je vous signale que vous ne devrez plus écrire "des matches de foot" mais "des matchs de foot". Non, non, je sortez pas votre révolver ! (ancienne orthographe "revolver")

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    2. Moi, par principe de précaution, je n'écris plus jamais le mot "oignon" depuis au moins trois ou quatre ans : je remplace systématiquement par échalotte… euh… échalote… heuh… (et merde, tiens !).

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  6. Sans compter les conséquences imprévues ! Qu'est ce que l'oigne sinon les fesses et ça vient ...de "oignon". Pour les cuistres : apocope de oignon
    C. Monge

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    1. dans >cette chanson, on entend distinctement le mot oignon prononcé oi-gnon.
      (Tout se complique)

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  7. C'est en fait le principe de cette fonction de l'orthographe que serait de fournir l'historique d'un mot qui est très contestable ( et qui ne marche absolument pas pour "nénuphar", mot emprunté au persan, et qui n'a aucune raison historique de comporter un "ph".)

    L'organisme humain émet environ 40 sons, un alphabet d'une quarantaine de signes devrait les transcrire tous sans aucune ambiguïté; mais nous nous contentons de 26 signes, parce que nous remplaçons certazins par des règles : il n'y a pas de lettre pour transcrire le son "ch", mais une règle : " le c suivit d'un h se prononce ch" . L'ennui, c'est que toute règle comporte des exceptions : on ne prononce pas "almanach", mais "almanak"; pourquoi ? parce que c'est comme ça.Mieux aurait valu écrire "almanak" et avoir une lettre pour le son "ch".

    Et ce sont ces exceptions qui expliquent la complexité de l'orthographe : pourquoi ne prononce-t-on pas de la même façon le "ent" final de "un aliment" et "ils aiment" ? Parce que c'est comme ça.

    "On ne touche pas à l'orthographe" ? Heureusement que les siècles passés en ont jugé autrement ! Ce n'est qu'en 1718 que les lettres J et V ont été adoptées et différenciées du I et du U : alors, on revient à l'avant-1718 ?

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    1. Je crois que la vraie raison de cette complexité et de cette pseudo-historicité de l'orthographe est toute (ou tout ?) autre : elle a la même fonction que celle , en Grande-Bretagne, de l'accent avec lequel on parle, et qui permet de situer socialement chacun ( "upper middle class", " lower middle class", etc.) Elle peut s'énoncer ainsi : " Il n'y a aucune raison de ne pas écrire "nénufar" plutôt que "nénuphar"; mais moi, qui sais qu'il faut écrire "nénuphar", je marque ainsi ma supériorité socio-culturelle sur celui qui écrit "nénufar". Mais si tout le monde devait écrire "nénufar", que me resterait-t-il pour marquer ma supériorité ?"

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    2. les espagnols y sont passé en leur temps et ils n'en sont pas morts

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    3. Les Espagnols ont de la chance. Dans leur belle langue, tout ce qui se prononce s'écrit, et inversement. Pas de surprise. Il ne devrait pas y avoir de problème d'orthographe, alors. Et pourtant, si ! (Garcia Marquez avait une orthographe pourrie, sa mère lui renvoyait ses lettres soulignées de rouge).
      Simplifier, aménager, transformer ne servent à rien !
      L'ancienne orthographe ne sera pas fautive. On tolérera donc plusieurs façons d'écrire un mot, de conjuguer un verbe.

      Si le but est de moins stigmatiser les pauvres élèves, on pourrait commencer par unifier les "ai, est, aient," en un seul "ai", par exemple. Regardez les Facebook d'adolescents.


      On revient à l'avant-1718 ?
      Ne dites pas de bêtises !

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    4. Bob, la réforme de l'espagnol n'a pas soulevé beaucoup de vagues parce qu'elle procédait par ajustements.
      Imaginons qu'on supprime carrément le "ph" pour TOUS les mots, en le remplaçant par un f. Un éléfant, un nénufar, un fotografe. Ce serait monstrueux, à mon sens, mais au moins on saurait à quoi s'en tenir.

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    5. "On revient à l'avant-1718 ? Ne dites pas de bêtises !"

      Pourquoi ne pourrait-on plus, aujourd'hui, toucher à l'orthographe, alors qu'on l'a (heureusement! ) fait si souvent et de façon bien plus radicale dans le passé ?

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    6. Ce n'est pas que l'orthographe soit intouchable !
      En 1718, qui savait lire et écrire, sans même parler d'écrire correctement ? Au milieu du XVIIIe, une grosse partie des mots a changé d'orthographe avec l'apport des accents, mais après, il n'y a pas eu grand chambardement, non ?

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    7. Ben si, d'après wikipédia (copié-collé) :

      - De nombreuses modifications interviennent dans la première moitié du XIXe siècle (des formes archaïques telles que j'avois s'alignent sur les plus courantes en -ais, d'où « j'avais »).

      -Réforme de l'orthographe française de 1835 avec la 6e édition du Dictionnaire de l'Académie française : on écrit désormais le t au pluriel dans les mots du type enfans et dans la conjugaison oi passe à ai (étoit devient était)

      -Réforme de l'orthographe française de 1878 avec la 7e édition du Dictionnaire de l'Académie française : on remplace certains ë par des e accentués comme dans poëte

      -Au début du XXe siècle, le trait d'union remplace l'apostrophe dans grand-mère, grand-messe, etc., vu qu'en latin l'adjectif masculin « grand » ne se distinguait pas du féminin GRANDIS.

      Bon, j'en ai fait un billet pour reprendre un peu tout ça, plus quelques autres choses.

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    8. M. Arié, pour avoir 4 ans durant étudié la phonétique historique à l'université, je puis vous dire que si certaines consonnes étymologiques (rajoutées au XVIe siècle) sont erronées, cela ne discrédite pas l'orthographe pour autant en tant qu'outil de création d'une unité nationale. Le pays se centralisant, il était essentiel que des gens de Marseille malgré une prononciation très différentes écrivent selon une norme leur permettant de comprendre leurs écrits réciproques comme les directives venues du centre de décision qu'était Paris. Le cas d'étoit-était ne fait qu'entériner la prononciation parisienne è au détriment du provincial wé représenté par la graphie oi. Le sujet est passionnant, je pourrais en discourir des heures mais vu les grands moments de solitude que je connais quand je me lance dans certaines explications phonétiques face à un public non initié, je préfère en rester là.

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    9. Ah, mais je ne mets nullement en cause l'importance d'une orthographe nationale unique.

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  8. Du coup (cou, coût, cout ? :-) ) je me demande si la phrase suivante sera considérée comme correcte : tu es sûr que les fruits surs qui sont sur le mur sont mûrs alors que ma sœur est sure que ces mûres qui sont sures ne sont pas mures ???? J'ai mal au crâne (ou au "crane" ?).
    Geneviève

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    1. Non Geneviève, quand le sens exige de garder le circonflexe, on le garde. Donc sûr et mûr. Crâne, je ne sais pas.

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  9. Le circonflexe, elle se la carre dans l'ognon. Mais attention! Plié.

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    1. Pangloss, le faites-vous exprès, ou bien ?

      @ Suzanne : billet salvateur, et rassurant (je-ne-suis-pas-tout-seul). Il en va malheureusement de l'orthographe comme du vocabulaire. J'ai du mal à me faire entendre d'une apprentie, comme du personnel de l'usine (je ne le fais pas exprès : laïus, gymkhana, péremptoire me font passer pour pédant -pour rester poli!)

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    2. Al West: mais si ça fait plaisir à Pangloss, hein ?

      On grogne un peu partout contre cette réforme. Il y aura encore du gâchis pour remplacer des manuels scolaires par des nunucheries agréées par le ministre, mais les professionnels de l'édition et de l'écriture n'en tiendront aucun compte, à mon avis.
      Pour qu'une réforme de l'orthographe efface les marqueurs sociaux, il faudrait bien davantage que la suppression des circonflexes et des traits d'union. Vous pouvez simplifier tout ce que vous voulez, une forte proportion des collégiens de troisième ne sait pas écrire "Je sais ce que c'est" . Ou alors, on admet "je C se ke C"

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    3. Bon, pour être honnête : intellectuellement, je suis favorable à la simplification; mais sentimentalement, elle me révulse...
      Mais pourquoi ma sensibilité devrait-elle être prise en compte ?

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    4. Anton victime du syndrome de tschok5 février 2016 à 21:45

      Remplaçons "simplification (de l'orthographe)" par "corrida", "professionnalisation du curling" ou "génocide des trisomiques" et l'on se rend compte que le principe reste le même et que ni notre intellect, ni notre sensibilité ne rentrent en compte; seul le nombre de ceux partageant cette dernière est en effet suceptible de transformer le corps de la société.

      (pardon Elie, j'ai pris votre comm au hasard pour me livrer à ma petite mesquinerie, il n'y a rien contre vous)

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    5. Anton, j'ai la grippe, et lire votre commentaire avec de la fièvre... euh, disons que je n'ai rien compris, mais je ne demande pas d'explications. (smiley toussant)

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  10. D'autant que l'Ognon est, si je ne m'abuse, une petite rivière qui traverse St Même (avec l'accent, et toc !)-le-Tenu.

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  11. La fossilisation de la société française est bien d'actualité. Surtout ne changeons rien à l'orthographe, ça mettrait nos élites en danger....

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    1. renepaulhenry4 février 2016 à 16:35

      "Le français est bien trop compliqué pour une personne moyenne et cette complexité le disqualifie comme langue internationale. C'est une langue pour les élites. On peut la rendre plus simple et plus attractive..."
      écrivez-vous sur votre blog.

      Vous avez des suggestions pratiques ?

      (Vous vous rendez compte de ce que vous écrivez ?)

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    2. Oui des tas, si on me le demande. Notez que Mao a introduit le chinois simplifié, qu' Ataturk a introduit l'alphabet latin en Turquie et que les jésuites ont fait de même au Tonkin. Oui on peut décider de simplifier une langue pour la rendre plus accessible au plus grand nombre. Je ne vois pas l'intérêt de maintenir certaines difficultés orthographiques dans notre langue... Au nom de quoi?

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    3. Je vous ferais humblement remarquer que l'archaïsme et la complexité de l'orthographe anglaise ne semble pas avoir trop nui à sa diffusion.

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  12. Une réforme en profondeur de l'orthographe du français rendrait d'une part la lecture impossible ou au moins difficile pour ceux qui auraient été instruits dans l'ancienne et par ailleurs la multiplication des homonymes provoquerait de nombreuses ambiguïtés. Ce n'est tout de même pas notre faute si l'accent tonique germain a eu pour conséquence apocopes, aphérèses et syncopes.

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    1. Oh non J-E enfin !!!
      Ce n'est plus l'heure de nous soumettre à un examen !
      Syncopes encore...mais apocopes et aphérèses !!??

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    2. Il faut évidemment éviter de rajouter des homonymies à toutes celles qui existent déjà . Par contre, éviter de perturber ceux qui ont été éduqués dans le système actuel revient à refuser pour toujours tout changement, dans quelque domaine que ce soit .

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    3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    4. Ben oui. Ma fille, qui a appris le mandarin, m'a dit que c'était une langue d'intonation et que l'écriture était commune à plusieurs langues de la Chine. Tout est possible.
      Alors pourquoi imaginer qu'"une réforme en profondeur de l'orthographe rendrait la lecture impossible"?
      Je rêve là... On s'adapte bien à l'informatique, aux tablettes, aux SMS, alors pourquoi tout ce cirque pour quelques accents circonflexes..?
      Surtout ne changeons rien à l'orthographe, ça mettrait nos élites en danger....La fossilisation de la société française est bien d'actualité....

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    5. "l'écriture était commune à plusieurs langues de la Chine"
      Étant composée d'idéogrammes, elle peut être utilisée par toutes les langues. Ainsi les Japonais l'utilisent-ils volontiers. Cela n'a rien à voir avec notre orthographe.

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    6. "Petits" problèmes que créerait une réforme profonde de l'orthographe :

      1)Il faudrait récrire toutes les oeuvres littéraires passées ou, afin d'y accéder se faire paléographe.

      2) Vu la manière dont se déroule le processus de lecture courante (je ne m'étendrai pas sur la question mais il ne s'agit aucunement de la simple association de lettres mais d'un complexe mécanisme d'anticipations, de retours qui implique un balayage oculaire fait d'aller-retours)lire un texte en orthographe simplifiée serait difficile pour tout lecteur éduqué dans le système ancien.

      Et puis, aussi vrai qu'une langue ne saurait se figer mais qu'elle est en perpétuel changement, vouloir lui imposer des changements drastiques autant qu'arbitraire au nom de je ne sais quel "progressisme" me paraît totalement artificiel, inutile et nuisible. Comme bien des "progrès"...

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    7. Jacques, nous n'en sommes heureusement pas là.
      Il s'agit juste d'appliquer cette réforme à des manuels scolaires.
      Les enfants qui ont la chance d'avoir des livres chez eux verront qu'il y a des différences entre les vrais livres et les manuels scolaires. Est-ce qu'on va éditer des albums et livres pour petits avec la nouvelle orthographe, aussi ?
      C'est un peu étrange, quand on y pense.
      Pendant des années, les instituteurs se sont battus pour que les enfants de pauvres accèdent au meilleur (les bibliothèques scolaires, les sorties au musée, etc), et surtout l'exigence du travail, de l'effort, et maintenant on en vient à flatter l'attitude inverse. On leur file des diplômes qui ne valent rien et un enseignement amoindri.

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  13. Ça veut dire que des peuples ont trouvé des solutions originales pour résoudre leurs problèmes et que nous, nous sommes figés dans des positions archaïques qui ne nous font pas avancer, mais alors pas du tout. Les élites françaises ne remplissent pas leur rôle de boosteur de la connaissance, du partage du savoir et de l'élévation du niveau général. Ce que j'ai pu lire sur ces accents circonflexes est hallucinant..

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    1. Et pourquoi, au nom du progrès, ne réclamerait-on pas que les Chinois abandonnassent leurs idéogrammes (les Égyptiens ne pratiquent plus les hiéroglyphes !). Il est vrai qu'il y a eu une réforme des idéogrammes mais ne connaissant pas la question, je ne suis pas en mesure d'en évaluer la raison ni ses éventuels avantages ou inconvénients.

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    2. Si le gouvernement chinois voulait imposer le passage de l'écriture idéographique à une écriture phonétique, il a assez de pouvoir pour le faire; mais "la langue chinoise" n'existe pas ( c'est comme si vous disiez "la langue européenne"), il y a une multitude de langues différentes parlées par des gens qui ne se comprennent pas entre eux en parlant, mais qui peuvent communiquer par l'écriture idéographique ( nos panneaux de signalisation routière sont un autre exemple d'idéogrammes : un Suédois qui conduit sa voiture en France peut comprendre qu'une rue est en sens interdit, sans savoir comment on dit "sens interdit" en français.)

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  14. Ça a été fait: le chinois peut s'écrire avec l'alphabet latin c'est le pinyin. http://www.chine-nouvelle.com/ressources/pinyin.html

    C'est bien, vous commencez à avoir des idées....

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  15. La France est un pays de commentateurs. On y sait, comme à Constantinople, l'importance des mots et la vanité du réel. Dans quelques temps on s'y battra sans doute encore à propos de l'étymologie du mot fronse.

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  16. @ Suzanne

    C'est bien ce qu'il me semblait, nous ne parlons pas de la même chose : vous parlez d'une réforme scolaire en cours, dont je connais mal les détails, et qui m'inspire la plus grande méfiance; je ne parle pas de l'actualité, je parle du principe d'une réforme de l'orthographe qui s' imposerait à tout le monde, comme il y en a eu tant dans le passé.

    @ Jacques Etienne

    Il ne s'agit pas d'un quelconque "progressisme" ( mot qui n'a pas beaucoup de sens : tout le monde ne situe pas le "progrès" dans la même direction), mais de l'impossibilité d'enseigner l'orthographe actuelle à des populations dont le nombre a vertigineusement augmenté en un demi-siècle.
    Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la situation actuelle : quand j'ai passé mon bac ( 1ère partie en 1954, 2 ème en 1955), 5 fautes d'orthographe valaient un zéro à la dissertation de français et à celle de philo; aujourd'hui, l'orthographe d'une population censée être éduquée, comme celle des médecins âgés de trente ans, est effarante, pas un seul n'aurait eu le bac avec les mêmes exigences en orthographe.

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    1. "je parle du principe d'une réforme de l'orthographe qui s' imposerait à tout le monde, comme il y en a eu tant dans le passé."

      D'accord, sauf que ce n'est pas le sujet de mon billet, et que ce n'est pas l'objet de cette réforme.

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    2. @ Jacques Etienne, suite : lu récemment sur une ordonnance de cardiologue " Continuer le régime sans selles ".
      Manque d'attention, me direz-vous, plutôt qu'ignorance de l'orthographe; mais, justement, c'est cette inattention accordée à l'orthographe, jugée comme un sujet sans intérêt, qui est significative; il est heureux que la prescription des doses de médicaments ne fasse pas l'objet de la même inattention.

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    3. Le régime sans selles ? Il est con c'type,eh !

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    4. y a aussi "souffle systolique irradiant dans les selles" pour "irradiant dans l'aisselle"
      mais bon, aucun intérêt

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  17. Comme si une timide réformette de l'orthographe allait soudain fondre les "élites" et le troupeau dans un même ensemble harmonieux ! Comme si les "élites", que déteste tant M. René-Paul, en avaient quoi que soit à craindre pour elles-mêmes ! Du reste, ce sont bien elles, ces fameuses élites, qui l'ont décidée et mise en place, cette réforme, et non l'éboueur du quartier ou l'épicier Mohammed. D'autre part, en admettant même qu'une profonde réforme intervienne un jour, une réforme "à l'espagnole", les élites survivront très bien : elles seront composées des gens qui sont encore capables de lire "dans le texte" Flaubert ou Simenon, ce dont les autres seront devenus incapables, comme ils sont déjà incapables de lire une page de Diderot voire de Chateaubriand.

    Enfin, mais je crois que ç'a été déjà dit plus haut dans les commentaires, quel réel profit tireront de la suppression de l'accent circonflexe des jeunes gens qui, entendant une phrase, sont déjà incapables d'en repérer les différents mots qui la composent ?

    Tout cela est d'une absurdité sans nom : Belkacem occupe le terrain de son impuissance comme elle peut et avec les joujoux qu'elle trouve dans son coffre.

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    1. répétez après moi et épelez : A C A D E M I E FR A N C A I S E

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    2. Vous, on vous causera quand vous mettrez des majuscules au début de vos phrases ! merdalor…

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    3. "..les élites survivront très bien : elles seront composées des gens qui sont encore capables de lire "dans le texte" Flaubert ou Simenon".
      Tout comme les élites continueront de faire en sorte que leur progéniture apprenne le latin, le grec, etc. Ces "réformes" traduisent en fait un profond mépris des classes dites populaires. Je me souviens fort bien, lorsque j'enseignais le français, m'être fait rappeler à l'ordre parce que je persistais à utiliser des textes de littérature au lieu des articles de magazines et journaux divers. "C'est trop difficile pour eux" me disait-on. Eh bien, même si au départ c'était un tout petit peu plus difficile, mes élèves étaient finalement enchantés de découvrir autre chose que la bouillie de la presse people, ou autre.
      Geneviève

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    4. -> Didier Goux : c'est gentil de noter que Belkacem fait ce qu'elle peut avec ce qu'elle a. Pour ce qui est des élites, je peux supposer, si vous n'êtes pas contre, que j'en fais moi-même partie et je ne les déteste pas : je ne perdrais pas mon temps avec des sentiments pareils. Mais bon, notons toutefois qu'il est bon de faire avancer la société, vers quoi, je vous le demande, mais que c'est ainsi, ça avance tout le temps, et il est du rôle des élites d'impulser ce mouvement...
      Cette bronca contre la suppression d'accents circonflexes est, comme vous le notez, "d'une absurdité sans nom" d'autant que cette réforme a été décidée par les plus hautes autorités en la matière...

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    5. "Mais bon, notons toutefois qu'il est bon de faire avancer la société, vers quoi, je vous le demande, mais que c'est ainsi, ça avance tout le temps, et il est du rôle des élites d'impulser ce mouvement..."

      C'est tiré du "monologue d'un côlon paresseux" ?

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  18. @ Didier Goux 14 h. 46

    Je crois que la question n'est pas de savoir quel profit tireront les élèves les plus faibles de la suppression de l'accent circonflexe que de savoir quel est l'intérêt de le maintenir, sinon de signaler qu'il remplace un "s" disparu, et de s'obstiner à faire de l'orthographe un impossible dictionnaire étymologique, parce que bien trop incomplet: il faudrait alors inventer des tas d'autres nouveaux accents, pour indiquer la disparition de tas d'autres lettres, que rien ne signale.

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  19. Bon, voici un article du "Monde" daté de demain, qui explique clairement les choses...ce qui fait qu'on n'y comprend plus rien du tout :

    http://tinyurl.com/zr7vfyz

    En somme : la liberté était laissée aux éditeurs de livres scolaires, depuis 1990, d'intégrer ou pas les nouveaux changements ( parmi lesquels disparition de certains accents circonflexes, mais pas de tous...): certains le faisaient, et d'autres pas : ils ont décidé maintenant de le faire tous, sans aucune intervention du gouvernement.
    Mais les élèves auront le droit de continuer à appliquer "l' ancienne orthographe" , qui restera valable.
    En somme : une orthographe à plusieurs vitesses ? Si quelqu'un peut m'expliquer...

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    1. "En somme : une orthographe à plusieurs vitesses ?"

      Oui.

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    2. Et il me semble qu'à 14:53 de ce jour j'en donnais un parfait exemple...
      Tant pis ! :)

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    3. Cette idée d' orthographe au choix me semble délirante , et je vous plains en tant qu'enseignante : " Ben, M'dame, je croyais que c'était l'ancienne orthographe, qu'on a aussi le droit d'utiliser; mais, comme on ne nous l'enseigne plus, comment voulez-vous que j'en sois sûr ?"

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    4. Elie: Je ne suis pas enseignante. Je n'ai pas que des vices. (pardon, les professeurs, pardon !)

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    5. Ah, désolé : c'est un commentateur qui l'affirme dans mon article sur l'orthographe.
      Votre grippe va mieux ? Vous n'étiez pas vaccinée ?

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  20. J'ajoute que, viscéralement jacobin, je reste fermement partisan d'une langue unique ( je suis tout à fait opposé à la charte des langues régionales que Bruxelles veut nous imposer) et d'une orthographe unique.

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Modération parfois, hélas, mais toujours provisoire, ouf.