mercredi 14 janvier 2015

Janvier de 2015 fut janvier de souffrance

Je retrouve, en ce moment, dans beaucoup de blogs de gauche, ce que j'ai écrit, répété dans le mien de si nombreuses fois. Des remarques inquiètes, des arguments usés jusqu'à la corde qui ressemblent ailleurs à des prises de conscience toutes neuves. Je ne m'en réjouis pas spécialement, vu le contexte.  Les islamogauchistes ont pris une grosse claque, ils trépignent. Le site LMSI compare Charlie Hebdo à Laval, carrément, et nos clowns islamistes ou islamocompatibles habituels, sociologues diplômés en  hautes études de martyrologie  post-colonialiste ou journalistes politologues pro burqa pour tou-s-t-e-s se contentent d'égrener rageusement sur leur Twitter le compte des mosquées taggées.
D'aucuns me reprochent d'avoir fait monter et d'exacerber encore l'islamophobie, comme si j'avais guidé le tir des terroristes nigérians et français, comme si je guidais la main de ceux qui écrivent des graffitis sur les mosquées.
D'autres, même en face des faits, restent aveugles. Je me méfie beaucoup de ceux qui ne veulent rien voir, qui ne veulent pas réfléchir. Après  quelques attentats supplémentaires qui se produiront, hélas, inévitablement, et quand ils retrouveront leur voiture brûlée après la fête de la musique, j'ai bien peur qu'ils ne réfléchissent pas  davantage quand ils changeront de bord, et que leurs certitudes inversées ne les engagent dans des trucs assez primaires. Élie Arié a écrit un billet intéressant à ce sujet.

lundi 12 janvier 2015

Et demain ?




Je n'ai pas mis d'affiche "Je suis Charlie" sur mon blog, et je n'ai pas manifesté avec un panonceau "Je suis Charlie". Je ne mettrai pas d'autocollant "Je suis Charlie" sur ma voiture.

Je n'ai pas besoin de cela.

 Je ne dis pas que j'ai manifesté pour la liberté d'expression, et la laïcité, et la démocratie, je ne dis pas que j'ai que j'ai manifesté pour ou contre tout ce qu'on a pu entendre mille fois depuis quelques jours.
 Je n'ai pas manifesté, d'ailleurs. Je suis sortie de chez moi, je suis allée dehors, avec d'autres Français qui étaient dehors. Je n'étais pas un mouton, je n'étais pas un veau, je n'étais pas en proie à mes émotions, j'étais une personne avec d'autres personnes.  Je n'y suis pas allée comme quelqu'un qui va sans réfléchir, je n'étais mue par aucun instinct grégaire. J'étais présente. Et là où j'étais présente il n'y avait pas de m'as-tu vu à la télé ou entendu dans le poste, pas de slogans, pas de chants, rien qui soit ridicule, festif, bruyant, bas, laid. Il n'y avait pas des gens en foule, en masse, il y avait une foule, une masse de personnes, mes voisins, des vieux, des jeunes, des enfants avec leur chien, des collégiens avec leur portable, une dame avec des poireaux dans un cabas. Il y avait un aveugle qui disait: "mais qu'est-ce qu'on voit, je n'entends presque rien" ? Rien, lui répondait-on. On voit juste que tout le monde est là, et que c'est incroyable qu'il y ait autant de monde.


samedi 10 janvier 2015

Un pois chiche dans le cerveau


Didier Goux, ce grand visionnaire...

Il avait même prévu l'arrivée des frères Pouachiche. C'est fort.

vendredi 9 janvier 2015

J'amalgame si je veux



Callede



 
Jacques Luccino

Lisa Mandel
 
Louison




Les dessinateurs de Charlie ne sont même pas enterrés que les "pas d'amalgame" retentissent partout. Les musulmans sont les premières victimes... Il faut consoler nos  musulmans, les assurer que, les réconforter sur... mais les consoler de quoi, les rassurer sur quoi, bon sang ? 
Sur France Inter, ce matin, il y avait une émission "comment parler du drame de mercredi  à nos enfants"
Eh bien, j'ai deux ou trois petites idées là-dessus:
Si l'enfant est très jeune:" t'inquiète pas mon chéri, ceux qui ont tué les journalistes et le policier sur le trottoir ce sont des gens très très très méchants, on va les attraper,  et  les enfermer sans jamais les laisser sortir."
Si l'enfant revient de l'école et dit "oui mais mon copain Mustapha il a dit que c'est bien fait ce qui est arrivé aux gars de Charlie" on lui dit "ton copain Mustapha, il répète des bêtises, c'est un enfant et ce n'est pas de sa faute. Il n'y a que des gens très bêtes ou très méchants qui peuvent dire ça. Des gens qui ont des idées qu'il faut combattre de toutes nos forces. 
Et pour les collégiens et lycéens.... eh bien, pour le moment, on écoute pleurer les professeurs qui enseignent dans  des établissements ou s'épanouit une belle jeunesse fascinée par le djhad, le salafisme, et tout ce qui va avec. Là, je ne sais pas quoi dire, sinon qu'il ne faut pas mentir.

 Quand André Gérin (PCF) avait écrit Les Ghettos de la République, tout le monde lui était tombé dessus. Tous ceux qui ont tiré les sonnettes d'alarme, on les a traités de vendus au FN. Et les islamistes s'en foutent, des tortures morales de la gauche.
Qu'est-ce qu'ils racontent, maintenant, les LMSI (cher au Petit Champignacien), les Crêpe Georgette et sa Mademoiselle S des Entrailles, les Celeste , ceux avec qui je me suis souvent frittée dans mon blog et sur le leur (tant qu'ils ne m'ont pas censurée) à propos de l'islam ? Ils n'en disent RIEN. Silence radio. Ou ils chouinent dans leur Twitter  sur l'immense vague d'islamophobie qui a saisi la France depuis quelque jours, quelle horreur toute cette stigmatisation et ces graffitis islamophobes... Franchement, je trouve ça idiot et inutile  d'aller  balancer des têtes de porc dans les mosquées ou d'insulter des femmes voilées, mais est-ce qu'on peut comparer ce type d'agression avec la terreur qu'on vient de vivre ? La gauche française islamisto compatible ferait bien de réfléchir un peu ou de la fermer complètement, ce n'est vraiment pas le moment.


mercredi 7 janvier 2015

Salauds !




Ils n’ont pas de recommandation à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont plus des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

René Guy Cadou

mardi 9 décembre 2014

J'ai la radio en berne



Quand j'entends parler de foot à la radio, je change de station ou je l'éteins.
Quand on parle du foot à la télévision, je zappe.

Concernant Sarkozy, c'est pareil.
Je n'écoute plus beaucoup la radio, je ne regarde plus beaucoup les informations télévisées, depuis quelques temps.

vendredi 5 décembre 2014

Ravie de la crèche

  On approche de Noël et il n'y a AUCUN billet sur les crèches ? C'est un scandale. Les blogs, c'était mieux avant. La laïcité, l'islamophobie blogosphérique galopante, l'anti-islamophobie blogosphérique galopante, c'était mieux avant. Même la radio en parle et nous dit  qu'il y a des endroits où l'on enlève les crèches toutes fraîches montées pour respecter la laïcité.  Sur les blogs, plus rien. On a épuisé le sujet. On s'en fout que le Père Noël passe ou pas et mette des cadeaux sous le sapin, ou pas, à l'école Jules Ferry. 
Pire, les blogs féministes qui hurlaient à l'islamophobie dès qu'on osait émettre la critique d'un imam ou d'un savant coranique autoproclamé  qui voulait ébouillanter les Juifs, anéantir Israël et hallerbarder les homosexuels (ou l'inverse ou dans le désordre ? je ne voudrais pas médire, un procès est si vite arrivé! ) ne parlent plus que de viol, et de lutte contre le viol.   Les saints égorgeurs ont fait beaucoup de mal à tous les youpi l'islam de la blogosphère, qui n'osent plus rien dire et effacent leurs anciens billets, et on ne voit plus Houria Bouteldja à la télé. On n'entend plus Tariq Ramadan non plus.  Les ultra gauchistes antiracistes antifas n'osent plus trop ramener  leurs mamans toutes voilées et autres prudes bigotes ou vigoureuses djihadettes islamistes.  Tout un monde qui s'écroule.

mardi 25 novembre 2014

Ne marchez pas sur la pelouse (triptyque)

 



  Ces photographies ont été prises à Pise, il y a presque dix ans. On peut dire qu'elles sont sans intérêt. Je me tenais au bord de l'allée, dans une foule  de touristes clichant à qui mieux mieux.  L'enfant avait lâché la main de ses parents et dansait  sur une pelouse jalonnée de panonceaux "interdit de marcher sur l'herbe", dans toutes les langues. Ses parents l'ont appelé discrètement plusieurs fois, avec un air un peu ennuyé. Tout un groupe  asiatique s'est figé, zoom en berne, en regardant ailleurs. C'était drôle, ces adultes  qui n'osaient pas  mettre un pied sur une pelouse interdite, l'enfant gracieux et libre, et les occidentaux amusés par  la scène.

Je n'ai pas d'image pour les scènes suivantes.

Sur la pelouse du Jardin des Plantes, il y a aussi des pancartes. Juste devant la grotte romantique, on a sarclé par endroits et semé du gazon qui peine à pousser. Une mère aux longs cheveux est assise sur le banc, avec ses petits contre elle  et un bébé au sein. La lumière frisante joue entre les grandes palmes sombres,  la mère serre sur ses cheveux un  châle bleu  que le marmot dodu  tire par les franges.  Il est impossible de ne pas penser à un tableau: une madone, une maternité, un Caravage, avec une Rom dans le rôle de Marie. Les passants ralentissent. Il fait froid, les enfants sont peu vêtus, la femme a les pieds sales, chaussés de tongs de plage. Brusquement, les enfants se redressent se mettent à crier: deux gendarmes traversent la pelouse et se dirigent vers eux. Leurs brodequins noirs décollent des plaques d'herbe, laissant la terre à nu, et l'on voit l'empreinte brune de leur semelle, aussi nette que celles de pas dans la neige.

Hier, au supermarché:

 Petit papa Noël, chocolats, jouets et illuminations dès  la porte franchie. Et là, ces fiers consuméristes ont fait fort: le thème de l'animation est inspiré par, ou dédié aux, je ne sais pas, mais enfin tout grouille de LAPINS CRÉTINS. Ceux qui ignorent de quoi je parle ont de la chance. Bref, sur une estrade à deux niveaux recouverte de gazon synthétique se tortillent des lapins effrayants avec des bonnets rouges où ballottent  de vagues bois de rennes. La sono est épouvantable. Autour de l'estrade il y a la même barrière basse en bois blanc que celle de la déco de Pâques et de la fête du jardinage. Killian l'a enjambée sans difficulté. D'abord il  baffe un lapin, à la grande joie de l'assistance, puis réussit, en tirant fort sur les oreilles d'un autre, à désolidariser la partie peluche de la partie mécanisme.  Horreur: l'automate en ferraille se trémousse, les globes de ses yeux  clignotants  sont entourés d’écheveaux de fils électriques et sa mâchoire claque atrocement, Killian se laisse tomber par terre en hurlant. Killian a environ trois ans, et tout le monde sait qu'il s'appelle Killian parce que son colosse de mère n'arrête pas de gueuler: "Killian, sors de là d'd'ans et r'viens toutd'suite ou bien tu vas voir, tu vas t'en prendre une !" La foule se presse  pour voir Killian s'en prendre une, en jetant des regards circulaires vaguement inquiets  car il plane une odeur bizarre de plastique chaud autour de l'estrade. Le lapin crépite puis s'éteint, tandis que les yeux des autres restent bloqués sur la lumière rouge et que le son déraille. Killian s'assied et se frotte les yeux. "Non", crie-t-il à sa mère qui lui désigne sa poussette et fait mine de partir. Ensemble, comme au credo à la messe, les gens commencent à entonner "ah, si c'était le mien..." On sent que l'avenir proche ne s'annonce pas super gai pour Killian, et que si ça se trouve le Père Noël va carrément blacklister  l'adresse de son appart. Un chef commercial intervient à point, il se prend les pieds dans la pelouse synthétique qui se déchire et s'enroule à ses chevilles. Il rampe jusqu'à la sortie de rallonge électrique, sous le petit moulin,  qu'il débranche enfin. Tout s'éteint. Killian se met debout, et là, fier dans ses Nike, ferme sa petite main hormis le majeur qu'il brandit bien vertical devant l'homme par qui s'interrompit le  spectacle.

vendredi 7 novembre 2014

Je ne comprends pas Hollande






Voilà, le billet est dans le titre.
Je ne comprends pas Hollande.
Ce n'est pas une question de se sentir avec lui  d'accord, pas d'accord, ce n'est pas qu'il m'est sympathique ou antipathique, mais  je ne comprends pas ses choix, je ne comprends rien de sa politique, mais alors rien du tout. Je pourrais expliquer qui est Sarkozy, ou Le Pen, ou Besancenot, ou Juppé, dans les grandes lignes, à quelqu'un qui ignorerait tout de la vie politique française. Je ne pourrais pas expliquer Hollande. Je ne pourrais pas expliquer pourquoi il a choisi certains de ses ministres, pourquoi il renforce l'un, se sépare de l'autre, pourquoi, comme dans la comptine enfantine, il fait si souvent un pas en avant, trois pas en arrière, puis  s'engage dans des impasses ou dans des chemins dangereux, pourquoi il semble se mettre tout seul dans les embarras plus d'une fois sur deux, à chaque fois qu'il y a une décision à prendre. Pourquoi il fait d'aussi étranges et décourageantes  allocutions télévisées, pour qui et pourquoi ces  papotages qui semblent si  loin de ce qu'on attend d'un chef d'Etat. Je le trouve incohérent. On dirait qu'il attend que le temps passe.
Je n'aurais attendu aucun miracle d'un gouvernement de droite et encore moins d'extrême droite ou des Verts, mélenchonistes et assimilés. Il y a un vivier d'élus de gauche traditionnelle qui ne déméritent pas. Le pays n'est pas mort, il y a du pain sur la planche, pourtant.

Pour qui je vais voter, bon sang, quand il le faudra ?

lundi 3 novembre 2014

Les gens causent au bistro



C'est pas pour dire, mais il n'y a pas qu'au Kremlin que les bistros sont ouverts et pleins de gens qui causent.
Ce matin, au bistro-épicerie du village, à propos des violences dans les manifestations à Rennes et Nantes:
- T'as vu la manif  à la télé ? Ah oui y cassent tout, c'est pas des vrais manifestants comme avant, moi je dis,c'est plus que des casseurs, y cherchent qu'à se battre.
- Moi, je s'rais à la place des flics...
- Les flics, ils ont des ordres. Ils doivent laisser faire.
- Et pourquoi qu'y z'ont tout cassé cette fois ?
- Oh, leur équipe elle a du perdre, mais quand ça gagne, ça casse tout aussi.
- C'était quel match ?
- Chais pas. 'toute façon, le foot, maintenant...