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jeudi 8 septembre 2016

Bel automne


J'ai reçu plein de mails dans lesquels on me demandait pourquoi je ne bloguais plus. Enfin, plein, c'est à dire quelques dizaines. Enfin, euh, non, à peine une dizaine. Neuf mails, quoi.
J'ai répondu à tous à peu près la même chose "j'sais pas trop pourquoi"... J'ai pas tellement envie...
J'ai commencé ce blog en réaction à la censure qui m'avait été imposée dans les commentaires d'un blog féministe de gauche, Mlle S pour ne pas la nommer. (Oukellépassée, celle-là ?).
Ah, qu'il était bien le temps où j'allais sur les blogs féministes pour causer d'islamisation de la France ! Qu'il était doux le temps où des gogolinettes de gauche m'accusaient d'avoir des "fantasmes de péril islamiste"!
L'actualité m'ahurit. J'ai l'impression de vivre dans une période historique molle. Après avoir écrit des kilomètres de commentaires et de billets sur le péril islamiste, justement, je ne suis toujours pas devenue cynique. Je suis contente qu'on ferme certaines mosquées, qu'on vire certains prédicateurs, je n'éprouve plus le même sentiment d'agacement et de désespoir envers ceux qui ne veulent pas voir. Je sais qu'ils voient, et qu'ils ont fait leur choix en dépit de discours de convenance, pour la plupart, parce qu'au fond ils ont soif de dictature et que, quoi qu'ils en disent, ils sont las de la démocratie et prêts à se laisser guider, porter. 
Je trouve que sur nos blogs, les échanges ont rétréci, peut-être parce que nos positions se sont durcies ? Je lis dans la presse, je regarde à la télévision des débats qui ressemblent beaucoup à ce qu'étaient les commentaires des blogs au temps où il n'y avait pas, ou si peu,  d' anti-islamistes de gauche ayant pignon sur media. But the times they are changing.

J'ai pris la photo qui illustre ce billet la semaine dernière, dans la presqu'île de Rhuys.
Ce couple m'a fait sourire. Il y avait une douce brise innocente ce jour là, mais j'imagine la grosse vague qui s'amène en petit rouleau bien traitre et qui, au dernier moment... Splaouch le benêt, et mort assurée du portable !

mercredi 3 juin 2015

Billet plaintif

Sans me vanter, j'ai pris l'avion et je reviens d'un pays étranger. Enfin, je suis revenue dimanche soir. Je n'avais plus rien à lire. Je n'ai pas de liseuse. J'ai voulu profiter de l'escale à Amsterdam, avant le dernier avion,  pour m'acheter un roman, une revue, n'importe quoi ou presque. Les  gros titres des revues françaises, c'était sur l'islam, les migrants, l'immigration, l'islam, les immigrés. Ce n'était pas le cas des autres publications européennes. Je n'ai  pas trouvé de livres en français, et je ne voulais plus marcher. Finalement, j'ai ramassé un exemplaire du Monde dans une poubelle . Il y avait longtemps que je n'avais pas passé autant de temps à lire Le Monde, et c'était bien mais pas festif.
Chez moi aussi , je n'avais plus de livre nouveau. Je suis donc allée lundi au rayon culture du supermarché de ma petite ville, et là, dans les dernières parutions sur les étals, j'avais le choix entre des des bouquins de types ou de nanas qui parlaient de leur dépression, ou de nanas qui parlaient de leur viol, ou de types et de nanas qui racontaient comment ils avaient été abusés par leur père leur oncle leur animateur sportif ou leur voisin quand ils étaient petits et comment ils s'étaient refait une vie, merci  la vie et vive l'écriture qui vainc tout, les lourds secrets et les monstres.  Sans déconner.  Avec des titres à l'avenant. Je hais définitivement le  genre plaintif.

 Pour finir, j'ai pris le dernier Umberto Eco, Numero zero. J'ai entendu Eco parler de son livre, il y a une dizaine de jours, et j'avais un peu envie de l'acheter . Maintenant que je  lis   ce roman à mauvaise couverture, je crois que je préférerais encore entendre   parler son vieil auteur,  que j'aime et admire beaucoup.

jeudi 24 juillet 2014

Anthropologie relative du billet de blog












***

 J'aime bien les châteaux de sable.  Les  enfants courent autour  et creusent à toute vitesse quand la marée montante submerge leurs  douves frêles. Les murailles s'effritent et s'effondrent, mais les gamins les embellissent encore, ajoutent une algue, un galet, un morceau de bois. Aucun d'entre eux  ne pleure et ne regrette le temps passé à construire quelque chose d'aussi éphémère. Ces bâtisseurs enfantins sont innocents, désintéressés et sages.

lundi 6 janvier 2014

Billet théophobe




Que l'année 2014 vous soit douce et que les religions nous lâchent la grappe. 
Toutes les religions ? Presque toutes. 
La religion  rend l'homme mauvais, la dinde obèse, l'agneau pusillanime, le sapin décapité et le Shiva multibras. L'agneau redoute les fêtes où on le mange,  le lapin sauvage et le hérisson timide redoutent  le ouikinde de la Toussaint bien plus que l'ouverture de la chasse. La route en bas de chez moi est inondée rien que pour me rappeler qu'on vit dans une vallée de larmes, et deux témoins de Jéhovah , entés  d'une triste enfant malingre, sont venus me réveiller à l'aube pendant les vacances de Noël,  ranimant des instincts  de meurtre que je planque très bien d'habitude au plus profond  de mon cerveau reptilien.
Partout dans le monde on s'étripe et s'entretue au nom  de dieux qui s'en foutent comme de l'an quarante, occupés  à cuver leurs nectars d'Ambroisie en tripotant des vierges remises à neuf tous les matins qu'ils font depuis qu'ils ont créé l'homme et la jeune fille. La dinde, l'agneau, le lapin et le hérisson n'en pensent pas moins et sanglotent autant qu'ils peuvent, mais ce falot de Saint François d'Assise ne bougera pas le petit doigt, épuisé d'avoir porté à Rome le premier pape de son nom, encore un qu'on attend au tournant vu qu'il ne parle pas avec les loups, lui, ni même avec notre sœur l'araignée qui vient boire, la nuit, la larme perlant au creux de nos paupières closes.

Que les druides et autres Celtes frappadingues la ferment un peu, déjà. Leurs jérémiades et pleurnicheries à propos du sapin de Noël dans les écoles et sur les voies publiques me tapent sur le système. Méfions nous, mes sœurs,  de ces  types en robe blanche,  vu que c'est sûrement leur femme qui fait la lessive et que le linge  tâché de glu de gui  n'est pas facile à ravoir. Le druide, en plus d'être chiant pour la femme, ne connait pas Noël et nous bassine avec son antichristianisme (quand on vous dit qu'ils se bouffent entre eux, tous ces mystiques à la petite semaine) comme quoi c'est trop honteux dans un pays laïc de plaquer la fête des solstices pré- néandertaliens sur une autre  qui n'a rien à voir et qui est une plaie saignante dans le cœur des hommes qui croient ailleurs ou à un autre étage et n'en sont pas moins français de racines et de radicelles comme vous et moi surtout s'ils sont celtes.
Que les loubavitchs la mettent en veilleuse, aussi. Nous avons tous en mémoire la triste histoire de la crêche Baby Loub' avec sa  puéricultrice perruquée jusqu'aux pieds réclamant des sommes extravagantes après s'être fait virer pour port de perruque ostentatoire. Ces gens-là savent y faire avec le fric, au moins on peut leur reconnaître ce talent. Encore des intégristes prosélytes qui vont nous apprendre ce qu'est la laïcité, tiens.
Que les zoroastriens aillent faire un tour sur une autre planète, ça nous fera des vacances. Ces primitifs  allument des grands feux de temps à autre  et tournent autour comme des scouts attardés qu'ils sont , en psalmodiant qu'ils vont tuer les homosexuels et les juifs comme c'est demandé dans leur livre saint. Et de temps en temps ils s'y mettent, c'est pourquoi les homosexuels se sont réfugiés dans les marais et les juifs dans leur terre promise.
Que les chrétiens se taisent à jamais. De tous les obscurantismes, c'est vraiment le plus louche et le plus nocif. Ces obsédés  sexuels  prétendent qu'il faut  protéger la pudeur de leurs femelles en les cachant sous des tas de chiffons, en leur accordant le moins de droits légaux possibles, voire en les mariant dès le plus jeune âge, quitte à modifier les lois édictant l'égalité des sexes à l'école et ailleurs. La dernière trouvaille de ces illuminés, c'est  de faire balader les enfants des écoles par des groupes de "mômans toutes baptisées", mères voilées comme la vierge de leurs églises, parce que leurs prêtres  leur ont dit "croissez, multipliez-vous,  normalisez-vous et présentez la météo avec la barbe, le torchon à carreaux et la capote sur la tête  au cas où on n'aurait pas compris que c'est Dieu  le patron et pas cette idiote de république arrivée par erreur et maintenue par faiblesse, mais yen a plus pour longtemps si Dieu le veut." Ceux-là, ils en tiennent une sacrée couche.

Les seuls dieux qui valent le coup sont les dieux lares, connus déjà des Etrusques, et pour qui on organisait des fêtes compitales dans la Rome antique. Les dates de ces fêtes changeaient chaque année et étaient annoncées début janvier, chouette, je suis dans les temps. Ceux qui avaient loupé la date offraient des fleurs, des fruits et du biscuit de Savoie à leurs petits dieux qui le leur rendaient bien.   Avant la brique d'aluminium et le réfrigérateur, les dieux lares  domestiques empêchaient le lait de tourner et le jambon d'avoir une mauvaise odeur le lendemain. Depuis longue lurette ils chassent les punaises des lits,  encouragent les arbres du verger à fournir de beaux fruits juteux, protégent le magnétoscope de la foudre, surveillent la toiture quand le vent gronde. Aujourd'hui encore, pour ceux qui les hébergent et les honorent, ils guident la petite souris, chauffent la couche du chat, disputent au nuage  le rayon de soleil qui séchera le linge,  font chanter juste la  fille de la maison,  encouragent l'escargot primeur à aller goûter les semis du voisin plutôt que les vôtres, copinent avec les merles siffleurs et les crocus de fin d'hiver. Et personne n'est jamais mort pour eux, ou en leur nom.

jeudi 14 février 2013

On mange quoi ce soir ?

Hier, je suis allée au supermarché, et pas dans  n'importe quel supermarché, je suis allée au LIDL. Dans la ville où je vais faire mes courses,  LiDL est le supermarché des français pauvres et des manouches qui se sont sédentarisés dans le quartier.  Il y a un autre supermarché à trois pas, un grand Intermarché, où la clientèle est variée. À trois pas aussi dans l'autre sens, il y a un DIA, qui est le supermarché des  Turcs. Je coursicote à DIA quand j'ai besoin de fruits et légumes méditerranéens, d'amandes, d'olives bon marché. L'avantage du  LiDL c'est qu'on n'y reste pas des heures. Il n'y a pas de longue galerie marchande qu'on est obligé d'arpenter jusqu'au dernier mètre pour franchir  un accueil encadré par un vigile style  "dogue de son maître"  et une hôtesse  mâchant agressivement son chewing-gum. Il y a juste une entrée et une sortie, cinq rayons, quelques bons produits qu'on a repérés depuis longtemps quand on connait la maison.   Et là, j'ai vu un truc que je n'avais jamais vu dans ma vie de femme supermarcheteuse. 
Je ne vais pas ironiser sur le caddy sans fruits et légumes des pauvres pauvres, chargé de sodas fluorescents, de desserts vaguement lactés mais vachement sucrés, de paquets de vingt croissants qu'on devine spongieux à l'extrême, de biscuits chimiques aux pépites de chocolat,  de pizzas et de hamburgers  moins cher au kilo que la farine ordinaire, de frites et lasagnes surgelées, de nuggetss étranges issus du recyclage de peau, viscères et cartilages nettoyés en Chine et garantis revalorisés en France, bref.
Il y avait une famille au rayon des produits frais qui choisissait  des sandwiches. J'ai constaté que le rayon des sandwiches avait pris de l'importance. Y aurait-il une nouvelle usine dans le secteur, sans cantine le midi ? Ou bien une déviation d'itinéraire touristique entrainant une flopée de voyageurs se disant  "tiens, j'ai un petit creux, j'irais bien m'acheter un bon sandwiche sous plastique   dans ce sympathique LiDL opportunément sis au bord de mon itinéraire découverte ? Point. 
Cette famille achetait des sandwiches pour ses trois prochains repas. Pas pour le quatrième, parce qu'on était invité chez Mémé.

mercredi 17 octobre 2012

Bloguer ou faire des crêpes ?

J'ai failli écrire à Didier Goux pour m'auto-dénoncer afin qu'il me flagelle dans ses moderneuneus.

On ne devrait pas relire ses commentaires.
Enfin, moi je ne devrais pas, mais il y en a surtout certains que je n'aurais pas du écrire, ou pas comme ça... Comme celui-là, chez miss Elodie: "On fait encore le grand écart avec une jambe du côté du féminisme pur et dur, et une autre du côté de "ne stigmatisons pas le garçon arabe au nom d'un féminisme instrumentalisé qui fait le jeu des racistes d'extrême-droite."***
Le plus étonnant est que les jambes ne se soient pas encore désarticulées, depuis le temps
."
Ce n'est pas que je veuille me vanter en réclamant la palme de l'auto-dérision, mais quand j'ai relu cette belle envolée  une heure après, je me suis fais éclater de rire toute seule, à cause de l'image évoquée par ce grand écart.
Je vais mettre moins de café dans mon calva, le café, ça énerve.

 *** Voir le commentaire de Chieuvrou, plus bas

mardi 18 septembre 2012

Pssst, Valls, steuplé....




Mon voisin a embauché au noir trois manouches pour tronçonner du  bois et virer de la ferraille agricole. Ils sont dans un champ qui jouxte le mien. Évidemment, c'est le plus près possible de ma maison qu'ils ont garé leur fourgon et réglé à fond une sono que ne couvrent que les rugissement et miaulements des tronçonneuses. 
Et passe et repasse, sans défaillir, le même disque de Chico et les Gypsy Kings.


lundi 3 septembre 2012

Amours, Rosaëlle et blogs

Les liens entre blogs sont aussi le début d'une belle amitié numérique, et plus les opinions sont diverses, mieux c'est. Sauf qu'on ne peut pas faire cela avec la Moisisphère, ils ne sont pas fréquentables.

Ah, Rosa Rosa Rosa L, c'est la meilleure, c'est la plus belle. Cette linguiste de formation, travaillant dans le rewriting,   tient un des meilleurs blogs qui soient. Je me demandais quand la jonction se ferait entre elle et les Rrrums tant ils me semblaient sur la même longueur d'ondes concernant certains sujets tels que... hmm, disons, la culpabilité d'Israël sur ça et ça. Et encore sur ça. C'est chose faite, ils se sont rencontrés et liés. Hosannah, mazel tov !
Ce qui me plait le plus chez elle, c'est sa juvénitude enthousiaste. Son assurance insolente. On n'a pas souvent l'occasion de rencontrer des gens qui s'y connaissent en tout, qui ont un pied et un oeil partout, et se forgent en trois millisecondes une opinion affirmée sur n'importe quoi. Des blogueurs qui s'envoient autant de fleurs. J'ai un talent pour l'écrit, j'ai beaucoup étudié, beaucoup retenu, beaucoup compris, argue-t-elle sans cesse, et vous non, pauvres moisis, vous êtes si bêtes, si fatigants...  Alors, évidemment, les Moisis lui répondent, non sans ironie, mais  avec beaucoup moins de hargne et de soupirs qu'elle n'en met dans la moindre de ses diatribes. Et si on l'oublie quelque temps, elle revient à la charge, titille, provoque, exaspère. Ses principales cibles ont une attitude plutôt bonasse envers elles, doublée d'une quasi-fascination pour le personnage (mais c'est pas vrai, c'est pas possible, elle a dit ça, mais qu'est-ce qu'elle va encore inventer ?) et s'en amusent ouvertement. Ses commentateurs font semblant de ne pas la lire de trop près, et ne la questionnent pas trop, s'ils ont un grain de bon sens. Poser des questions, lire ses réponses, s'avère périlleux. On pourrait s'étonner de ce qu'elle balance sur la Shoah (il y a de quoi s'étrangler), mais comme un de ses billets chasse l'autre en le contredisant  (avec une constante toutefois: s'il n'y avait pas Israël, il n'y aurait pas d'extrémistes musulmans, donc tout le mal vient de.....) on ne se presse pas pour discuter sérieusement avec elle. Il vaut mieux ne pas trop la gratter sur ce genre de choses, on retombe sans surprise dans les bons vieux courants de pensée bien connus.  Je préfère ses billets "pêle-mêle", comme celui, charmant, primesautier,  où elle proposait de  lever un impôt sur les chats et les oiseaux pour remplir les caisses de l'Etat.
J'apprécie particulièrement chez elle un trait de caractère que je n'ai jamais vu encore chez un blogueur. Amusez-vous à lui signaler en commentaire  une faute de syntaxe ou d'orthographe. Si vous êtes de ses commentateurs attitrés, elle vous démontrera illico que vous avez faux et elle juste. Si vous faites partie de la Moisisphère infréquentable, odieuse, tentaculaire, elle vous ignorera superbement, tout en corrigeant l'erreur en question, sans le moindre petit merci
Ce comportement m'amuse et me ravit, et  me rappelle  un chaton que j'ai recueilli, qui entrait dans la maison et volait sur la table. Je n'ai jamais pu le nourrir normalement. J'avais beau lui offrir des friandises dans un petit plat près de la cheminée, il me considérait toujours d'un œil méfiant, il n'a jamais pu que voler sa nourriture, mais dormait dans le meilleur fauteuil.



vendredi 17 août 2012

La ville est calme




      Aujourd'hui, rien à signaler pour Quimper-ouest, Vannes-sud, Rennes-nord, Concarneau et Ploërmel. La nuit a été calme, il n'y aura pas de forces de police déployées dans ces endroits cités.

C'était un communiqué offert par Bretagne-villes-calmes, rendez-vous demain matin, au prochain bulletin Point de dix heures.

vendredi 6 juillet 2012

Des journalistes d'avenir

C'était le premier jour des vacances hier. En fait, les collégiens et lycéens étaient  en vacances depuis trois semaines; ils avaient  rendu leurs livres et ne fichaient plus rien. Les professeurs leur passaient des films, les élèves en amenaient, le parc municipal ne désemplissait pas, les pelouses étaient jonchées d'amoureux et de canettes de Coca.
Comme je traversais le parc fin juin, justement, en compagnie d'une immigrée anglaise d'origine anglaise, trois boutonneux et deux starlettes m'ont abordée. On est en classe de première, option métiers des media (ou un truc dans le genre) et on fait  un micro trottoir, et on interroge les gens sur qu'est-ce que c'est leur histoire drôle  préférée. Leur meilleure blague, quoi. Vous pourrez vous entendre sur radio-potes et compotes vendredi matin. Oh, yes, gorgeous a dit l'Anglaise, qui a commencé à raconter l'histoire de Forrest Gump au paradis, en parlant lentement et articulant bien pour se faire comprendre : "The day finally arrived: Forrest Gump dies and goes to Heaven. He is at the Pearly Gates, met by St. Peter himself. St. Peter says, "Well, Forrest, it's certainly good to see you..." Les  journalistes adolescents se dandinaient et échangeaient des regards irrités.  L’anglaise s'interrompit. On comprend rien, et c'est pour une radio française, d'ici, de chez nous.  Vous pas comprendre anglais pourtant so simpeul ?  Non. Que dalle. Et si je repeat lentement ? Non, pas la peine, on comprend pas les mots, on vous dit. . The heaven c'est le paradis et the Pearly Gate...  Non, on comprend pas les mots qui sont autour non plus.

C'était à moi. La première chose qui me vint à l'esprit fut une  devinette:
Qu'est-ce qui est vert est qui survole la Pologne ? .
Euh...
Peter Panski !

Ils attendaient la suite. Ils se sont figés, gênés. Pas un sourire, rien. L'un haussa un sourcil interrogatif, l'autre lui répondit par un petit geste de la main signifiant "laisse tomber, elle n'a pas toute sa tête". Nous avons pris congé, mon Anglaise et moi. Nous n'avons pas retrouvé notre interviou sur radio potes et compotes.

***

vendredi 15 juin 2012

Femme pas comprendre quoi être un centimètre



" J’ai adoré les pages des agendas au début de chaque mois où on nous dit qu’à ce moment là de la grossesse, le bébé est de la taille d’un grain de riz, d’une canette de soda… Je trouve ça tellement plus parlant que des centimètre.
 Tout cela pour vous dire que si vous chercher un livre qui vous parle grossesse sans vous prendre pour des jambon, c’est celui-ci qu’il vous faut.
Un livre plein d’émotions, de bons conseils, drôle, parfois cash mais qui ne nous prend pas pour des connes."

L'auteur de cette critique littéraire tient un blog qui s'appelle  Les vendredis intellos  et  le livre en question est écrit par  Mère Bordel  qui est certainement une personne très intéressante et bourrée de qualités, là n'est pas la question et je n'ai pas lu le livre, je  m'interroge juste sur   les commentaires qu'il provoque.
J'ai déjà laissé un commentaire méchant chez Olympe, je ne vais pas en rajouter, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi l'on traque méticuleusement tout ce qui  est ou serait sexiste  dans la pub pour adultes, dans les vêtements, les jouets, tous les objets  pour hommes ou pour femmes de la maternité à la maison de retraite, alors que les "blogs de filles" et les "blogs de mère"  sont pétris de ce sexisme à la noix, assez anachronique en plus. Pensez au nombre de femmes médecins. Considèrent-elles les femmes enceintes comme une majorité de débiles incapable de visualiser une taille de deux ou dix centimètres pour un embryon, pour un foetus ?

mercredi 16 mai 2012

Instinct maternel

  Clémence  a dix ans et tient dans ses bras son premier neveu, qu'elle est allée voir à la maternité. Le bébé a cinq jours et c'est un magnifique poupon. Il vient de téter sa mère sous l’œil attendri d'une grande famille  qui se presse dans la chambre, s'exclame, piaille, roucoule, étale sur le lit des brassières et pyjamas  multicolores et change l'eau des fleurs.
 Clémence est belle et avec ce bébé dans les bras, elle est plus belle encore. Les traits de son visage s'adoucissent, ses épaules s'arrondissent, son regard se voile de tendresse. On la prend en photo. Comme le bébé se met à gémir en se tortillant, elle le change de position et le tient verticalement. La tête rose de l'enfant se cale au creux de l'épaule de Clémence. Sa main minuscule aux doigts si minces et si longs agrippe une mèche de cheveux et ne la lâche plus. Clémence lui tapote le dos et donne à son corps un mouvement de balancier;  le bébé soupire et ferme les yeux. Les commentaires fusent: ce que c'est que l'instinct maternel qui n'est rien d'autre que notre instinct mammifère, tout de même. Voyez Clémence qui n'a pas de frères et sœurs plus jeunes, qui ne s'est jamais occupé d'un bébé... D'instinct, elle trouve tout de suite les bons gestes, comme la jeune chatte avec ses chatons, qui fait aussi bien qu'une vieille bête ayant élevé vingt portées...  On aura beau dire...
Le bébé hoquette et  lâche un long jet de lait caillé particulièrement malodorant dans le cou de la fillette qui pousse un cri, et saute en arrière en écartant les bras.

vendredi 6 avril 2012

Perplexité












J'offre une boite de chocolats à qui me trouvera le lot de chaussettes de même, pour pieds sensibles,  dont la quatrième est gratuite.

mardi 24 janvier 2012

Où qu'elle est la baballe ?


Dorham et Balmeyer nous avaient fait une promesse:  ils ouvriraient un blog "Coupe du monde de l'élection présidentielle en France".
Leur blog Coupe du monde de la coupe du monde de football  était drôlement chouette. Même pour les indifférents au foot comme moi.

Ils ouvriraient ce blog quand  nous y serions, donc. Et nous y sommes.


Et RIEN.
Alors ?

jeudi 13 octobre 2011

Enfin la fin.







C'est bientôt le bug du 11/11/11, avec fin du monde à la clé.  On aurait tort de se préoccuper  de vétilles. Il reste 29 jours avant la fin du monde et j'ai précisément 29 bouteilles de Bourgogne dans ma cave.
Si ce n'est pas un signe....

vendredi 16 septembre 2011

Pas d'souci

  La première fois que j'ai vu Staloune, c'était dans un petit restaurant où j'avais mes habitudes.  Le patron l'avait accepté en stage  d'insertion et le rétribuait en piécettes et en restes de plat du jour. Staloune était un petit manouche analphabète de seize ans très laid, obèse, avec un visage grêlé d'acné, au regard sournois et vicelard. Le juge des enfants, les gendarmes, les éducateurs, avaient fini par baisser les bras: tout ce qui pouvait être tenté en matière de protection de l'enfance et de sanctions éducatives avait été tenté, Staloune enchaînait les délits depuis qu'il savait marcher.  Même pour ses parents, c'était trop, ils lui avaient fermé la porte de leur caravane et ne répondaient plus aux flics.
Le patron de la gargotte était un ancien de l'Assistance dont le parcours de vie torrentueux  s'était calmé à cinquante ans, quand une infirmière philippine l'avait épousé puis était devenue la fleur d'automne de son joli bistro.
  Staloune, petit à petit, s'est découvert une vocation de serveur hors du commun et continue à gravir les échelons de la profession, puisqu'il est employé au Buffalo Grill, ce qui n'est pas rien. Le garçon est méconnaissable. Il a perdu trente kilos, il a la démarche  rapide, agile et dansante de Montand dans Garçon. Cet adolescent mutique est devenu le roi de l'accueil. Dès qu'un client se pointe, Staloune accourt, le sourire en avant. Ouiiiiii ? Trois personnes ? Pas d'souci.  Si vous voulez bien me suiiiivre ?  Je vous mets là, pas d'souci ?  Vous préférez le coin banquette ? Mais naturellement tout à fait, installez-vous, pas d'souci, je reviens tout de suite.
Et il revient vraiment tout de suite. Il a un carnet de notes. Il ne sait toujours pas lire, mais il a mémorisé des mots sur la carte, et il prend les commandes en écrivant des signes bien à lui qui ressemblent un peu à de la sténo, il se débrouille. Son surnom dans la boite, c'est "Padsouci". C'est incroyable comme il est poli, dit le manager de Buffalo.  Même nous qu'on recommande la politesse et la chaleur pour la clientèle, on a jamais vu un serveur poli comme ça.
En effet. Après une dizaine de sourires et de "n'hésitez pas à me faire signe, pas d'souci", Staloune revient avec un bol de  salade et un dynamique "bon appétit msieurs dames". Trente secondes après, il repasse. Tout va bien ? pas d'souci ? Bonne continuation alors. Il débarrasse la salade: ça a été ? Je vous apporte la suite, pas d'souci. Il l'apporte. Bon appétit. Il repasse. Tout se passe comme vous voulez ? Pad'souci ? Puis il enchaîne: "Excellente continuation d'appétit !"

Au dessert, il me dit qu'il vit avec la même copine depuis un an, qu'elle est enceinte et qu'ils vont prendre un appart, un vrai appart. Qu'il faudra que je passe les voir.

Pas d'souci, je lui réponds. Et tous mes vœux de superbe  continuation.

samedi 6 août 2011

Ni titre ni photo

La photo, je n'ai pas osé la faire. Le titre, je n'en ai pas trouvé. Remercions Didier Goux ?
 C'est après la lecture de son Journal que j'ai acheté le dernier tome du Journal de Renaud Camus, Parti pris. J'avais dit pourtant qu'on ne m'y reprendrait plus: replonger dans l'exercice de style "mille variations sur les thème "je passe la moitié de ma vie à l'hôtel, mais je déteste le bruit dans les hôtels, qu'on me vire tous ces rustres petit-bourgeois dès que j'en franchis le seuil", ou "si on ne me dit pas "Bonjour Monsieur" au lieu de "Bonjour (tout court)," je te  balance Saint-Simon et la marquise de Sévigné dans les gencives", plus les interminables visites de maisons d'obscurs écrivains nordiques dont je n'ai jamais lu un traître mot et qui me semblent parfaitement installés dans leur oubli nordique et légitimement indérangeables, sans parler des musées de provinces  qui, s'ils sont fréquentés, deviennent de ce fait  infréquentables, et s'ils ne le sont pas, ne gagneraient rien à le devenir, bref, BREF, j'ai replongé.
Lire le Journal de Renaud Camus n'est pas bon pour le promeneur. Pour celui qui désire visiter un monument, un quartier, soit, mais se promener après avoir lu le Journal de Renaud Camus, c'est mauvais pour le moral.   On voit tout ce qu'il ne faudrait pas voir, ce à quoi on ne fait pas attention. La moindre poubelle mal placée, le moindre parasol de couleur vivre flanquant (non, dénaturant, vandalisant) la façade d'un monument public, vous gâche le plaisir de regarder alentour. Le papier gras, la canette à côté de la poubelle vous exaspèrent dix fois plus qu'hors temps de  lecture camusienne.
Sinon, comme titre, j'avais à boire, vite, à boire
Je suis allée me promener dans un joli village où il y avait une exposition de photographies. Partout était écrit "expo photos". Ho, expo photos, c'est toujours mieux que foire aux tofs, non  ?" Les tofs sont trop  nazes, laisse tomber c'est mort,  mais le bled est trop beau, a dit un  gamin sur la place. C'est vrai que les gamins, la vérité elle leur sort de leur bouche, a répondu le père à la mère qui jetait des coups d'œil orgueilleux  à la ronde pour voir si tout le monde se rendait bien compte de la précocité de sa progéniture.
Eh bien je suis sûre que je n'aurais rien entendu, si je n'étais pas juste sortie du journal de Camus. Ou je ne l'aurais pas entendu si fort. Le père a offert des bouteilles de soda à ses fils, âgés de sept et huit ans environ et a secoué tiré la petite dernière, agrippée à sa poussette, pour la mettre devant la fontaine. Il ne voulait pas la noyer, bien qu'elle fût fort laide, mais la prendre en photo. Il a sorti son appareil de son sac à dos molletonné,  un  gros engin avec un zoom en érection, et clic, clic, a tourné autour de la fontaine et de sa fille en maudissant la lumière, le soleil, les nuages et la camionette du pâtissier en arrière-plan.  Un jeune homme, lui-même équipé d'un puissant camescope, fit remarquer au père qu'il gagnerait à enlever la tétine en plastique rose de la bouche de l'enfant. Pendant ce temps, les deux garçons s'aspergeaient de Fanta et de Coca et s'insultaient joyeusement. Le père tira fort pour déboucher l'enfant, le bruit de ventouse du caoutchouc mouillé qu'on décolle précéda d'une seconde seulement le  hurlement puissant de la pauvre têteuse. Juste avant de prendre le large, j'aperçus les lèvres de la fillette,  rougies et gonflées par une sorte  d'eczéma qui dessinait en relief le contour exact du truc en plastique. J'ai eu terriblement envie de sortir mon petit compact pour fixer l'expression de l'enfant, un mélange de colère et de désarroi, mais je n'ai pas osé, et j'avais mal pour elle.

Pourquoi ""à boire, vite, à boire" ? Ah oui, le soleil tapait dur sur la place du village, des touristes et promeneurs buvaient à l'ombre des parasols, à la terrasse des cafés. De cela, rien à redire, même Renaud Camus aurait trouvé sobres et pimpants à la fois les parasols blanc cassé, les chaises de métal ou de bois. C'était juste un joli petit village, pas un quartier médiéval classé.
Tous les jeunes gens, tous les enfants, avaient à la main qui un biberon, qui une bouteille d'eau, qui une canette de soda, comme si l'on était dans un désert, comme si une attaque de déshydratation subite menaçait de les envoyer à l'hôpital, à deux pas d'une fontaine, d'une épicerie, de terrasses de café. On voit de plus en plus de grands gars, de jeunes adultes, qui ne sortent pas sans leur bouteille de soda bien sucré qu'ils balancent à bout de bras, alors que pendant longtemps, devenir grand, c'était savoir prévoir, se retenir, attendre un peu.  C'est assez nouveau.