Comme tous les quatre ans, je regarde les Jeux Olympiques à la télévision quand je repasse le linge. On a droit parfois à quelques images d'archives, des vieilleries en noir et blanc grâce auxquelles on peut constater que les comportements des sportifs ont beaucoup évolué. Autrefois (il y a, mettons... plus de trente ans), quand quelqu'un perdait en finale, il se tenait bien. Encaissait le coup avec un petit sourire, félicitait ses adversaires. Quand il gagnait, il souriait à la camera. Dans l'ensemble, les sportifs hommes et femmes avaient du self control, de la tenue, du chic même parfois. Hier, j'ai vu une perchiste anglaise bien adulte éclater en sanglots en se roulant par terre pour avoir manqué son dernier essai, pendant que la perchiste allemande (Martina je ne sais plus quoi) arpentait les alentours en faisant des gestes de camionneur-moi-chuis-pas-pédé, et en arborant la mine et les expressions qui vont avec. La perchiste vainqueur (vaincrice vinqueure, vinqueresse, bref celle qui a gagné, quoi), une grande brune d'Europe de l'Est au visage impassible était décrite par les journalistes sportifs comme atypique, mal intégrée, mal aimée par ses comparses, parce qu'elle communiquait peu et ne laissait rien voir de ses émotions.
Courses de vitesse femmes, rien à dire. Mais du côté des courses haies pour hommes, ah la la... Les mimiques des hommes ! Les gestes, les mouvements de bras, les coups de boule dans l'air, les cris, les grimaces style grands singes face à face... Et après la course, cet air méchant, dédaigneux, dégoûté...
J'ai regardé les images disponibles des jeux olympiques de Mexico sur Youtube, il y a une différence flagrante. Ils se sont bien raréfiés les sourires, politesse, fairplay, comme ceux de cette Chinoise championne de tir à Londres cette année.