jeudi 31 mars 2011

Hep, Téfal, tu ne veux pas me sponsoriser ?

 Il m'arrive de m'arrêter devant un camelot de foire ou de marché, quand il a un bon bagout.  
 Celui d'hier vendait des poêles, des sauteuses et des fait-tout revetus d'un anti-adhésif dernière génération. Un anti-adhésif supercollant au support, garanti dix ans au moins, fabriqué en France par des Français, inaltérable, inrayable. et d'une facilité d'entretien exemplaire. Vraiment inrayable, la preuve. Et l'homme grattait la poële avec un scratch vert, la griffait avec une énorme fourchette, lui donnait des coups de couteau tant et tant qu'on avait presque envie de sauver la vie à cette  pauvre gamelle en l'adoptant sur le champ. J'ai acheté une poële  à la fin de la démonstration. Je vais enfin devenir une femme fréquentable en cuisine, pensai-je et me réjouis-je et me félicitai-je.  Finis les hurlements "avec une spatuuuuuule, nom d'un chien, une spatuuuuuule en bois ou en silicone!".
Puis j'ai fait cuire des pommes de terre, des p'tits carrés. Mettre un peu d'huile dans la poêle qui chauffe doucement. Quand la poêle est prête, mettre une noix de beurre à grésiller blondement dans l'huile. Verser une bonne quantité de pommes de terres coupées en cubes de moins d'un centimètre d'arête, lavés et séchés par tamponnage dans un grand torchon. Saupoudrer de persil haché, et remuer prestement sur feu vif. Couvrir, baisser un peu le feu et laisser attacher. Oui, attacher, ou au moins se coller entre elles avec une jolie croûte allant du doré au brun clair. Remuer, mélanger. Répartir les pommes de terre, saupoudrer à nouveau de persil et d'ail haché, mettre trois petits brins de thym, quelques fines lamelles de lard fumé si on en a du bon ou de bacon sinon, couvrir, baisser le feu au minimum, vraiment au minimum et laisser cuire les pommes de terre pendant  trente ou quarante minutes selon leur variété.
Pour ce qui est d'attacher, les pommes de terre ont attaché. J'ai gratté la poêle, elle ne s'est pas rayée, enfin, le revêtement n'a pas été rayé, mais j'ai du la gratter bien fort  pour en ôter les pommes de terre et pour la laver ensuite, au point que me suis dit que finalement, la simple poêle adhésive, que l'on nettoie d'un coup d'éponge...

Je me demande si je ne me suis pas fait avoir.

jeudi 17 mars 2011

Et pour les femmes aussi ?

  Je conseille à Nicolas de devenir chevalier avant de se présenter aux présidentielles de 1012. Pas à Nicolas Sarkozy, voyons, mais au vrai Nicolas, le seul, le nôtre. Je le vois bien chevalier, moi. Avec le nom qui va avec, et le blason. Pour le nom, quelque chose comme " Wikio primus" et pour le blason un demi de bière à la mousse débordante encadré de cravates richement colorées.

Tout ce qu'il y a à faire, la demande, l'inscription, les démarches, tout est expliqué ici , sur le site de La Fondation Suisse de l'Ordre des Chevaliers de Rondmons.

"La Fondation de l’Ordre des Chevaliers de Rondmons est une fondation suisse à but non lucratif. Elle vous permet d’acquérir un titre de chevalerie particulier unique et protégé, certifié par notaire, tout en participant à la rénovation de patrimoines historiques ainsi qu’à des projets culturels et caritatifs."


"Inédit en France : inscription du titre en "nom d'usage"."

Imaginez, hein, sur le permis de conduire , juste après le nom, un ajout "dit  Chevalier du Wikio" ou "Seigneur de la Comète"... Tiens, je me ferais bien chevalier, si les femmes aussi...

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jeudi 24 février 2011

De si gentils Français...


Hier soir, j'ai regardé la télévision. Sur la 2, il y avait un téléfilm d'Edouard Nierman, Le septième Juré.
Ce remake d'un film de Lautner de 1962 a obtenu des prix et récompenses, si, si.
Ouais.
Ouais.

Voici (merci Wikipedia) le synopsis du film de Lautner :
Par un chaud dimanche de septembre, Duval, un brave pharmacien sans histoire de Pontarlier, cédant à une soudaine pulsion, se jette sur une jeune femme qui prenait un bain de soleil sur les berges d'un lac. Celle-ci hurle et il l'étrangle. L'amant de la jeune femme, Sylvain Sautral, est accusé du meurtre. Mais voilà que Duval est nommé juré aux assises qui doivent juger le jeune homme. Duval interviendra de nombreuses fois durant le procès afin d'éclaircir les circonstances de l'assassinat, et permettra l'acquittement de Sautral. Mais les notables de la ville ne considèrent pas que l'acquittement est une raison suffisante de ne plus soupçonner Sautral. Duval est contraint de se livrer pour lever les soupçons. Pourtant, personne ne voudra le condamner : tous savaient, mais refusent de juger l'un des leurs. Même Sautral refusera de voir la vérité en face ; en tentant de l'empêcher de se suicider, Duval le tue. Refusant le scandale, le commissaire et la femme de Duval le feront enfermer dans un asile. Duval part, en étant certain de ne jamais vouloir ressortir de cet emprisonnement qui comble son désir de punition.

Et voici le synopsis du téléfilm d'Edouard Nierman:

Un pharmacien et un gendarme pêchent près d'une grange qui sert de lieu de plaisir à une jolie fille et ses nombreux amants. Profitant d'un assoupissement de son copain gendarme, le pharmacien (Jean-Pierre Darroussin) rejoint la belle, la viole et l'étrangle. Puis il revient à sa rivière, ni vu ni connu. Un autre homme, que des témoins ont vu traverser le champ, sera accusé, et le pharmacien choisi comme juré d'assise. Cet homme est un jeune Arabe. (Lahcen Razzougi, Kader Boualem dans le film.)
Le Septième juré essaiera par ses interventions tout au long du procès d'innocenter l'innocent, si l'on peut dire, mais en vain. En plus, on voudrait bien mettre sur le dos de l'Arabe un meurtre similaire plus ancien. Devinez qui a commis l'autre meurtre aussi ? Bravo, le pharmacien. Et sa femme était au courant.
L'Arabe est évidemment condamné à mort, le pharmacien se pend et laisse une lettre d'aveux que le gendarme déchire, pour bien faire comprendre au téléspectateur con comme moi que l'Arabe DOIT être l'agneau du sacrifice.

Ceux qui n'ont pas vu ce chef-d'œuvre ont loupé la soirée télé de l'année, yes.

Pour résumer, c'est un film où il y a des gentils et des méchants.

Les gentils sont:
- l'Arabe innocent et quelques pauvres Arabes qu'on voit juste deux trois secondes à la sortie du Tribunal, le temps pour eux de remercier le septième juré d'être si bon avec eux, alors que tout le monde leur est si hostile.
- Le fils du pharmacien, un brave petit jeune qui est fier que son père défende l'Arabe. (On ne le voit pas beaucoup dans le film non plus.)
Les méchants sont:
tous les autres. Tous. Salopards, crevures, racistes hypocrites, petits notables de la France qui pue, bourgeois moisis franchouillâtres. Pas un pour racheter l'autre, forts d'une cohésion invincible, inattaquable même. La peinture des personnages, ce n'est même pas de la peinture, c'est de la boue à la truelle. Dupont Lajoie est un monument de psychologie fine et de sociologie comparée, à côté.

C'est censé se passer en 1962. Il y a des 403, des DS flambant neuf et des gendarmes en costumes d'époque. Le décor est superlativement d'époque, garanti époqué d'époque... mais pas la langue, tiens, pourquoi donc ? Le pharmacien dit au gendarme, au début du film, à propos de je ne sais plus quoi: "j'le sens pas, sur ce coup".

Moi, j'le sens plutôt bien, j'le calcule facile, même.




jeudi 10 février 2011

lundi 31 janvier 2011

Le tour des crouilles


J'ai connu un gars qui me raconta que son jeune frère, fervent militant socialiste, eu un jour à accomplir un stage dans un infâme bac à crouillats en banlieue d'une grande ville.

C'est un commentaire qui semble ne choquer personne, du 29 janvier, sur ce blog, où l'on peut lire la suite en cliquetant sur le lien. On y raconte l'effet qu'eut cette immersion brutale sur le fervent militant socialiste, et pour qui ce brave jeune homme au cœur à gauche vota ensuite, dès qu'il eut l'occasion de le faire.

Tiens tiens, me suis-je dit, la langue doit évoluer si on lâche comme ça du crouillat sur un blog où quelque commentateur se fait fort de me rappeler qu'il ne faut pas confondre du tout les Arabes et les musulmans et que c'est bien l'islam qu'on combat, mais attention, qu'un Arabe peut être un brave type s'il n'est pas trop musulman.

Voyons ce qu'en disent les dictionnaires:

CROUILLAT, subst. masc. CROUILLAT, subst. masc.
Fam. et injurieux. Arabe d'Afrique du Nord. Synon. sidi, bicot, raton. Archevêque de Carthage depuis la conquête des crouillats (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 42). Les crouillats, c'est comme ça qu'ils les drivent leurs gonzesses, à coups de triques au propre et au figuré (LE BRETON, Rififi, 1953, p. 73).
(TLF)

Du vaudois (Ouest de la Suisse) qui veut dire gamin.
De l'arabe maghrébin ('a) khuya, « mon frère », terme de politesse fréquent en Afrique du nord, altéré par ignorance ou malveillance raciste en crouillat, (on trouve aussi crouilla, crouya ou krouïa), d'où crouill', crougna, crouilledoche. (Wiktionnaire)

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Est-ce que ça va devenir très difficile de trouver des gens sincères qui considèrent l'islam comme un mal politique, social, MAIS se gardent strictement de toute expression raciste ? S''en gardent non par peur des représailles et dénonciations bloguesques et des ridicules associations antiracistes, mais par conviction, par tenue morale ?


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lundi 24 janvier 2011

L'aumône est le troisième pilier de l'islam.

pour Didier Goux


Il est deux heures, et je suis dans la cafeteria d'un centre commercial de Nantes. Il n'y a plus grand monde, les serveuses s'affairent mollement, discutent, portent les derniers cafés.
Une vieille dame menue et toute petite s'approche du bar et interrompt les conversations. "Monsieur, je suis venue tout à l'heure et j'ai oublié un billet de cinq euros sur la table, vous ne l'auriez pas ramassé ?" Les serveuses et le barman font non de la tête. "C'est que je ne suis pas bien riche, et que cinq euros, n'est-ce pas... Je me demandais si vous n'aviez pas pris le billet pour un pourboire, mais cinq euros, tout de même..." Les serveuses retournent desservir, l'homme reprend son torchon et essuie ses verres. La vieille dame regarde un peu partout. Il y a encore quatre ou cinq tables occupées dans un coin de la salle. Elle aborde humblement les familles. "Je suis venue tout à l'heure et j'ai oublié un billet de cinq euros sur la table, vous ne l'auriez pas vu et mis de côté pour le rendre ? La façon dont elle regarde les assiettes à moitié pleines, les mousses au chocolat, les petits pains, ne trompe pas grand monde. Elle fait trois pas vers une table où trois jeunes Arabes parlent fort en brandissant un journal au-dessus de leur café, puis elle tourne le dos. Un des trois, un petit brun noiraud avec du plâtre dans les cheveux et des chaussures de sécurité couvertes de traces multicolores lui tape sur l'épaule: "eh, m'dame, c'était pas plutôt dix euros ? Pasque j'ai trouvé un billet, justement, sur ma table, là..."
Landes de Cojoux

mercredi 19 janvier 2011

T'as pas un couple pour garder mon château ?





C
omment, si on légalise le mariage gay, s'arrangera-t-on de ce genre d'annonce, parue sur le très sérieux "Carrières et professions en Centre Ouest" :

Monument historique Touraine cherche couple gardien CDi, logement charges comprises contre travail, monsieur : entretien, madame : accueil (Anglais) service touristes, ménage. Poste basé à : TOURS

Ce n'est pas de la discrimination sexiste, ça , qui se transformera illico en discrimination homophobe transphobe hétéronormée et tout et tout si l'on refuse (sous quelque prétexte fallacieux, bien entendu) le poste à un couple "différent", quoiqu'absolument, légalement couple tout ce qu'il y a de couple ?

(Qui prétendra que la Halde est payée à ne rien faire ?)

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mardi 18 janvier 2011

C'est une révolution, sire ?


J'ai lu, à propos de la Tunisie, un très bon billet daté du 15 janvier, sur le blog de quelqu'une avec qui je me suis souvent engueulée, mais avec qui, sur ce sujet, je suis d'accord.

[...] c’est très intéressant, ce qui se passe en Tunisie. Ça m’a fait penser à la fin des régimes dictatoriaux d’Espagne, du Portugal ou de Grèce autrefois, à la chute de Ceaucescu en Roumanie plus récemment plus qu’à ce qu’on a l’habitude d’entendre dès qu’il s’agit de pays musulmans; ça n’a rien de « révolutions islamiques », rien d’iranien ni d’algérien années 90: ça n’a rien de religieux.

C’est une rébellion populaire, laïque et légitime, contre la misère et la corruption, une rébellion apparemment réussie, et une rébellion réussie, c’est une révolution. Et c’est la première fois qu’il se produit une chose semblable dans un pays musulman, quelque chose d’inédit.[...] La suite ici.


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vendredi 14 janvier 2011

On est venu marcher dans le désert.



J'ai regardé Envoyé Spécial, hier soir.
Il y avait un reportage intitulé "Sur les traces d'Al Qaida au Sahel". Et dans ce reportage, on voyait quelques touristes Français venus faire du trekking dans le désert, en voyage organisé. On est venu faire du trek. Marcher dans le désert, précisait une dame d'âge mûr. Et vous n'avez pas peur, demandait le journaliste ? Non, répondait un touriste homme. Il y a des postes militaires avancés, l'armée... Suivaient quelques images du trek, la dune dans le soleil doré de la fin d'après-midi, les ombres immenses des chameaux, les silhouettes des touristes forcément déguisés en touaregs... Ah, les belles photos qu'ils vont ramener, les beaux commentaires qu'ils feront sur leurs blogs de jeunes retraités qui ne savent pas quoi faire de leur fric, avec des mots émouvants sur ces peuples hospitaliers, les guides mâcheurs de dattes, le thé à la menthe au crépuscule et tout et tout. Et même s'ils ne sont pas pétés de fric à proprement parler, ils en ont toujours assez pour venir faire du trek dans le désert ou dans l'Himalaya. C'est beau, le désert de sable. Lawrence d'Arabie disait qu'une fois qu'on y est allé, on ne l'oublie pas et on a envie d'y retourner toute sa vie. Mais bon sang, la tronche des touristes... leur air d'écolo mystique plongé dans le grand bain éthiquable de la beauté de l'Afrique berceau de l'humanité, ah, Coco, et si tu voyais la nuit, les étoiles, la pureté de tout ça...

Et pendant ce temps...

vendredi 7 janvier 2011

Cachez ce nègre que je ne saurais voir




Ce matin, dans L' 'invité des matins de France-Culture :

Robert Darnton : "on ne dit pas "nègre", mais "afro american", le mot "nègre" est défendu"

Le journaliste: "et oui mais pourtant, vous savez, que des nouvelles éditions américaines des écrits de Mark Twain sont expurgées du mot "nègre". Le New York Times se dit horrifié, de nombreuses personnes ont réagi en disant qu'on dénature l'écriture de Mark Twain dans la mesure où le mot "nègre" a été remplacé par le mot "esclave", par exemple, c'est dans la nouvelle version de "Huckleberry Finn". Jim, l'ami du personnage principal, n'est plus nègre, mais esclave. Joe l'indien, Injun jJoe, n'est plus appelé Injun Joe mais Indian Joe. Le NY T, dans un éditorial jeudi dernier, écrivait "nous sommes horrifiés, nous pensons que la plupart des lecteurs puristes ou non le seront tout autant, il est impossible de nettoyer Twain sans causer de dégats irréparables à son oeuvre."
Le taducteur, Alan Griben, a justifié son geste en disant que le climat culturel dans lequel nous vivons est totalement différent de celui qui prévalait à l 'époque de la publication des ouvrages à la fin du XlXe siècle."