samedi 31 juillet 2010

Un gendarme va prendre votre appel


Police de proximité, réclame tout le monde. À la campagne, on a la gendarmerie de proximité. Les nouvelles gendarmeries sont un modèle de proximité. Hautes grilles, volets toujours baissés, portail clos et sonnette. Vous sonnez, nous avons enregistré votre appel, ne quittez pas. Vous n'imaginez pas qu'il y a quelqu'un de vivant dans les bâtiments. Une voix vous répond, oui j'écoute. Vous demandez si le gendarme Arthur est là, mais la voix ne sait pas, c'est quelqu'un de la permanence d'une autre gendarmerie qui répond à votre appel. C'est pour quoi ? On va se renseigner. Vous avez un document à déposer pour le gendarme Arthur. Il n'est pas là, mais on va vous ouvrir. Clic fait la grille qui s'ouvre. Vous allez à la porte du bâtiment, elle est fermée à clé, un gendarme vous attend, derrière. Dedans, il y a cinq ou six gendarmes, vous passez devant les cellules de garde-à-vue et leurs énormes verrous d'acier. C'est neuf, c'est propre, il y a un dessin d'enfant et une carte postale de la gendarmerie de Saint-Tropez au mur, les gendarmes ont le sourire, ça sent le café, on est à la campagne.
Vous téléphonez la nuit. Vous tombez sur la permanence d'on ne sait où. De votre maison, vous voyez trois camionnettes devant l'ancienne forge, des ombres qui vont et viennent, quelqu'un qui passe par une fenêtre. On vous demande votre identité, on vous demande de relever le numéro des plaques d'immatriculation si vous pouvez le faire sans danger, la police fera son travail demain, laissez. On vous assure, si vous insistez, que les gendarmes s'occuperont de l'affaire, mais qu'ils ne se déplaceront pas la nuit, si vous leur dites que la maison est inoccupée, pas la peine de risquer "un évènement", ils enquêteront dès le lever du jour. Le vieux forgeron habite chez sa fille veuve trois kilomètres plus loin, il pleurera le lendemain dans sa forge dévastée. Il ira à la gendarmerie du bourg, il sonnera à la porte, il entendra la petite musique , une voix qui lui dira qu'on a enregistré son appel et...


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mardi 27 juillet 2010

Ils disent la bonne aventure


Suite de la conversation chez Nicolas (et chez Didier Goux aussi)
"si on interdit le camping hors des endroits autorisés, les "gens du voyage" seront directement visés.
Ca ne me choque pas outre mesure. Je ne vois pas, au nom de quoi, on peut on pourrait poser sa caravane où on veut." (Nicolas)

J'ai pris cette photographie le mois dernier, dans un petit bourg d' Ille-et-Vilaine. (cliquer sur la photo pour l'agrandir)

L'arrêt est interdit aux Gens du Voyage sur ce parking.
Pas le stationnement, pas le camping, mais l'arrêt pur et simple.

Et ce n'est pas l'arrêt des camions, des caravanes, des bus, des avions, des remorques agricoles, dont il est question. Non non non... c'est l'arrêt pour les Gens du voyage. Si vous ou moi passez avec votre caravane ou avec votre camping car, vous n'êtes pas concerné. Enfin, vous, parce que moi, je n'ai ni caravane ni camping car, mais mettons. Donc, venez avec votre camping car, touriste. Achetez le pain de notre boulangerie, reposez-vous un peu chez nous, promenez-vous sur les chemins de randonnée que nous avons aménagés pour vous. Laissez votre caravane, ou dormez sur ce parking 48 h, comme la plupart des règlements communaux le permettent. Si vous êtes nomade, c'est simple, on vous laisse le temps de faire demi-tour, pas celui de stationner pour donner un biberon à votre enfant. Circulez.

mercredi 7 juillet 2010

Ah, que les nouvelles sont gaies...

On débat du projet de loi sur la burqa. Le PS adopte une attitude au-dessous de tout, hélas. Pour ne pas faire le jeu de l'extrême-droite, sans doute. Hélas, hélas. Il fait le jeu de ceux qui doutent de plus en plus du PS.
Une femme va être lapidée pour adultère en Iran.
Notre ministre inaugure une mosquée construite avec l'argent public, et pose à côté d'une petite fille voilée. N'en parlons pas, ce n'est pas un vrai problème. Le vrai problème, c'est d'alimenter la machine à gueuler contre Sarko, indéfiniment. C'est de trouver des jeux de mots, de fines insultes, pour hurler son dégoût de la Sarkozie. Ne pas faire le jeu de l'extrême-droite, surtout.
Une vieille riche file son fric à son amant, file du fric à n'importe qui, voilà qui est important pour la France de demain. Quand c'était Dray qui était accusé de financement bizarre d'associations antiracistes, on invoquait la sacro sainte présomption d'innocence. Mais là... bon, la casserole est grosse quand même, et le financement des campagnes électorales est réglementé. Il y a sans doute matière à huer. Oui mais...
Les petites filles voilées me chagrinent davantage que ce que fait Bettencourt de ses milliards.
J'échangerais bien le projet de loi sur la burqa dans l'espace public contre un autre interdisant de voiler les enfants.
Les enfants, quand même, les petites filles... et on ne dit rien. Et on accepte de plus en plus. L'homme, ses trois femmes (compagnes, pardon, maîtresses) en voile intégral, et les fillettes voilées à côté...
Et le PS qui ne dira pas non à l'appartheid sexuel pour ne pas faire le jeu de l'extrême-droite...
C'est à n'y rien comprendre. Ne même pas voter. Ne même pas participer.

Salauds de gauche !

mardi 6 juillet 2010

La Seine et les grandes chaleurs










Nous n'avons rien à craindre de la canicule H1N1 qui a donné des petits coups de chalumeau préliminaires la semaine dernière.
Roselyne Bachelot a annoncé qu'elle avait pris toutes les dispositions nécessaires.

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jeudi 1 juillet 2010

La carte de mes visiteurs




Pour Nicolas, après notre petite conversation cuisine.


Il y a encore des zones blanches... (quoi, personne en Irlande, en nouvelle Zélande, en Chine?)

mercredi 30 juin 2010

L'esprit souffle où il veut


Je me fiche du foot. Le foot ne m'intéresse pas. Si je pouvais choisir d'éliminer dans mes impôts la part dévolue au sport professionnel, je le ferais bien volontiers. L'équipe de France ne m'a jamais représentée, et quand bien même elle serait composée de rejetons de familles françaises depuis mille ans, elle ne me représenterait pas davantage. Ceux qui s'entortillent dans des drapeaux nationaux devant les pubs de Nike et Samsung ne m'intéressent pas, ni ceux qui leur reprochent de se draper dans ce drapeau-là plutôt qu'un autre. Je suis consternée de voir l'imbrication du sport professionnel dans les affaires d'état, consternée qu'on ne fasse pas la part des choses. Et je sais bien que ma consternation est à côté de la plaque, décollée de la réalité, impuissante et emportée d'avance par le monde comme il va (et les pantins politiques qu'on a).

N'empêche, je lis passionnément le meilleur blog de foot du monde, et j'en recommande chaudement la lecture à tous. Si ses deux tenanciers lançaient un parti, un groupe, une secte, une église avec une telle foi, un tel talent, je pense que je m'y ruerais aussitôt, que j'en deviendrais un inconditionnel suppôt.
Ne passez pas à côté, surtout. C'est à lire au jour le jour, bien évidemment. Ceux qui fondent une école littéraire, un mouvement, un grand journal ne se rendent pas compte, dans l'innocence fougueuse de l'enfance de leur projet, qu'ils plantent les jalons sacrés d'une grande entreprise. Quand Vialatte a-t-il su, après combien de chroniques dans La Montagne, que la somme de ces chroniques était une œuvre ? Je compare ces deux fous-là à Vialatte ? Eh oui, et à Astérix aussi, enfin, Astérix blogueur qui sortirait un peu ivre de la maison des Monty Python, et l'avantage, c'est qu'on a du tout chaud, du vivant, chaque jour...

vendredi 25 juin 2010

Far from tout




Ce blog sera fermé pendant quelques jours, à cause de ma frêle ADSL pulsatille, et de cerises mûres.

samedi 19 juin 2010

Saramago est mort


Le premier livre de Saramago que j'ai lu est L'aveuglement.
Je ne sais pas s'il faut le présenter. C'est un écrivain portugais, né en 1922, le seul portugais a avoir eu le prix Nobel, et...
Non, je n'ai pas envie de paraphraser Wikipedia.
Si vous n'avez pas lu l'Aveuglement, il vous manque un grand thriller dans vos lectures. Il vous manque aussi un excellent roman de SF, et aussi une fable philosophique, un roman politique, et un livre à l'écriture étonnante. Ne l'ouvrez pas si vous souffrez de troubles respiratoires, asthme, emphysème, vous pourriez étouffer avec cette ponctuation inhabituelle. Il faut aller jusqu'au bout pour que la lumière soit.

"Je suis un écrivain réaliste. Au sens large du mot. J’estime néanmoins que c’est perdre son temps que de coller des étiquettes sur des tiroirs : réalisme, surréalisme, expressionnisme, symbolisme… La vie, dans sa profusion, jaillit à tout moment hors des catégories édifiées a priori. Imaginons une haute tour. Au sommet, dans une salle ronde, il n’y aurait qu’une fenêtre par où observer le paysage. S’il y avait plusieurs fenêtres, on pourrait embrasser du regard un plus vaste paysage. Si l’on s’obstine à me dire : " Voilà votre fenêtre ", on me prive du plus grand angle de vue possible. " José Saramago (sur Rue 89)

Mes condoléances à Lucia Mel

Le blog de José Saramago (en portugais, of course)

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jeudi 17 juin 2010

La flottille des saucissons





L'année dernière je lisais régulièrement Riposte Laïque. J'étais d'accord avec la plupart de leurs écrits. Je suis toujours d'accord avec la plupart de leurs écrits, d'ailleurs, d'accord sur le voile, la burqa, la part belle laissée à l'intégrisme islamique un peu partout, l'abandon de l'idée de justice républicaine dans les cités noires et arabes, la duplicité des associations antiracistes, bref d'accord grosso modo.

Il y a eu un dessin. Obama devant je ne sais plus qui, quel immam ou chef d'Etat musulman, en position de prière. Une caricature, oui mais et alors ? Oui, les reins cambrés, le cul relevé, comme offert à l'enculage, les traits caricaturés façon négroïde à l'extrême. J'ai détesté ce dessin. S'il y avait eu un forum de lecteurs sur ce site, je l'aurais écrit directement. J'ai envoyé un petit mail qui s'est peut-être perdu dans les cyberlimbes, qui a du passer inaperçu, je ne sais pas, et je n'ai plus jamais lu Riposte Laïque de la même façon.
Il y a d'autres dessins maintenant. Je ne les aime pas davantage, sans parvenir à dire en quoi exactement ils me dérangent. Qu'on publie des photos de racailles encapuchonnées bourrant de coups de pieds une femme ou un homme à terre, soit, c'est la réalité, ça arrive. Qu'on publie des vidéos d'agressions dans les bus idem. Alors, pourquoi les dessins de Riposte Laïque me dérangent-ils? cause de la superposition des caricatures des HLPS (heures les plus sombres de notre histoire) qui s'opère aussitôt, dès que je les aperçois? Il me semble que si j'étais Arabe, je ne m'identifierais pas à une racaille qui cogne en groupe ou à ce polygame nantais et ses débiles de femmes bâchées, et que je me ficherais de tout le mal qu'on en dit et du sort qu'on peut leur réserver, mais que j'aurais de la gêne à voir ce dessin-là , et surtout celui-là qui donne l'Arabe lambda pour complice complaisant d'actes délictueux de ses pairs. Mais bon, je cherche peut-être la petite bête là où il n'y a pas lieu de la chercher.

Je suis déçue par l'association de Riposte Laïque avec le Bloc Identitaire pour cette histoire d'apéro. Les Identitaires sont tout contents de se mélanger avec une organisation respectable. Ils ont réussi leur coup, à savoir l'interdiction de la manifestation.

Et les discours antiracistes de pleuvoir comme à Gravelotte. Les témoignages sur la douceur de vivre à la Goutte d'Or, paradis du multuculturalisme, du vivre ensemble. Et hop, choisis ton camp camarade, les gémissements des gentilles associations antiracistes qui mentent à tour de bras ou l'atroce extrême-droite qui pourrit tout ce qu'elle regarde et veut ressusciter Hitler derechef. Les tenants d'un vivre ensemble fantasmé ou d'un temps fantasmé où l'on était si bien entre nous.

Et entre les deux, camarades ? Dire non et merde aux intégristes, aux burqas, à ceux qui demandent la mort des homosexuels, des Juifs et des apostats, que ces prêches débordent sur la voie publique ou se déroulent dans les mosquées construites avec l'argent public, il n'y a pas moyen ? Moi je ne veux pas vivre ensemble avec eux. Il semblerait que je ne sois pas la seule, et pourtant je ne trouve personne dans l'échiquier politique, à l'horizon des présidentielles, qui réponde d'une façon simple, cohérente, à mes préoccupations.

mardi 15 juin 2010

Bals non géants au bord de la Seine


Les soirs d'été on danse sur les quais de la Seine. De Notre-dame à Jussieu on pique-nique, on étale une nappe et l'on sort des paniers les saladiers, le pain, le melon et le vin rouge. Dans les renfoncements semi-circulaires (je ne sais pas comment on appelle ces placettes) on danse. Un accordéoniste ou une radio avec une petite sono animent des bals où les danseurs ont souvent des cheveux gris, mais pas toujours. J'y ai entendu l'année dernière un quatuor tout ce qu'il y a de sélect jouer en habit des valses, des polkas et des mazurkas, une Yvette Horner au sourire fossilisé achever un accordéon auquel il manquait une trentaine de boutons, de la salsa, du tango et du violon irlandais. Les bateaux mouches passent, les enfants courent entre les danseurs, les amoureux s'enlacent, les touristes flânent et photographient.
Ces soirées sont des fêtes populaires. Des fêtes sépia, des réminiscences de l'hôtel du Nord, du temps où Paris était encore Paris ?
En tout cas, ce ne sont pas des évènements festifs bouffeurs de subventions municipales. On ne s'inscrit pas sur Facebook, on n'y concourt pas pour le plus beau coma éthylique, il n'y a pas besoin pour en faire la réclame de placarder des affiches utilisant des polices des années 30 avec des ss de saucisson écrits penchés bien comme il faut.

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