jeudi 28 mai 2009

Un écrivain, c'est quelqu'un qui est mort et qui vit à la campagne.


Dans Affinités électives, sur France Culture, Danièle Sallenave parlait ce matin de la défense d'une certaine idée de la vie avec les livres.
Son nouveau livre "Nous, on n'aime pas lire" (elle en parle 42 mn après le début de l'émission), raconte sa rencontre avec des collégiens de 3ème, à Toulon.

Extrait:
(le journaliste) - Quand vous dites à ces élèves qu'un texte ne sort pas tout fait de la tête ou de la main d'un écrivain, qu'on le travaille ou qu'on le retravaille, vous suscitez l'incrédulité, et même, chez certains, clairement le dégoût.
(Danièle Sallenave) - Oui. Il y a chez certains un gros problème qui est qu'ils n'aiment pas beaucoup retravailler. Mais on va retravailler quoi ? Corriger les fautes ? Mais on s'en fiche des fautes, il y a le logiciel qui fait la correction. J'ai expliqué qu'on pouvait reprendre, aprofondir, déplacer. Et ça il y a une grande résistance parce que c'est un effort [...]


Il y a aussi un entretien à propos de la sortie de cet ouvrage sur le site du Nouvel Obs aussi.
Extrait :

- Vous observez, dans votre livre, qu’on ne dit plus «prof de lettres» mais «prof de français». Et vous le regrettez. Pourquoi?
- Je le regrette parce que ça semble dire que le métier de professeur de français est seulement d’enseigner une langue. C’est vrai, c’est enseigner la langue mais aussi tout ce qu’il y a autour, la littérature, la culture.

[...]Une enquête est en train d’être menée par une jeune sociologue sur les pratiques culturelles des professeurs. La majorité avoue sans complexe qu’ils aiment mieux faire autre chose que lire, parce que lire est élitiste, disent-ils. Ils préfèrent donc le sport, la musique, Internet etc. Le plus beau, c’est que l’article qui le rapportait, dans un bulletin professionnel de l’enseignement, était intitulé: «Les professeurs aujourd’hui sont plus ouverts».[...]

- Lire, pour vous, c’est aussi important qu’aimer, que vivre presque?
- On peut vivre sans jamais rien lire, et être humainement quelqu’un de bien, évidemment! Mais la non-lecture a des effets très négatifs–ce qu’on n’ose pas dire en général. Je trouve que les adultes qui ne lisent jamais rien vieillissent mal. Quelles que soient leurs qualités par ailleurs. Même ceux qui voyagent, qui ont des pratiques culturelles, comme on dit. J’ai l’impression qu’ils sont plus ou moins mutilés.

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dimanche 24 mai 2009

Mon Archange protecteur est Ariel





Mettez un marque-page sur ce billet et n'oubliez pas de m'intégrer dans toutes vos prières futures, si possible avec les invocations idoines, les bonnes formules et un joli sourire en remerciement s'il vous plait.

Vous croyez peut-être que Dieu (le nôtre, celui de la Vierge Marie vêtue de bleu et de l'enfant Jésus innocent sur la paille, celui des anges de Fra Angelico et des petites chapelles romanes auvergnates) ne voit pas les blogueurs ? Qu'il ne lit pas les disputes, les chamailleries, les dénonciations, les coups bas ? Qu'il ne fera pas le tri entre le bon grain et l'ivraie avec des méthodesplus intelligentes que le classement Wikio ? Que les gentils ne seront pas récompensés et les méchants punis ?


Eh bien, détrompez-vous, et allez musarder sur le site C.I.E.L.S en guise d'avant goût et de préparation à une vie meilleure.

Apprenez comment convaincre ou amadouer une personne.

Voici comment se protéger contre les envoûtements de haine, avec le rituel du pape Sylvestre (à effectuer avant le 25 décembre, donc avant Noël prochain, il y a le temps.)


Et, pour finir : comment réaliser un piège à maléfices (Il y a toujours des personnes mal intentionnées qui nous lancent des mauvais sorts. Vous pouvez détourner ces ondes maléfiques en fabriquant un piège que vous réaliserez à une Heure Céleste de votre Ange (voir Calendrier des Anges)), mais surtout pour effacer les disputes, ne lésinez pas sur les produits associés...

Merci qui ?

mardi 19 mai 2009

Rap, rap, rap.


Lu sur le site du Causeur, dans les commentaires du billet : En défense d'Orelsan

[...] Il se trouve que j’écris ces quelques lignes avec un mur de CD de rap français dans mon dos. Du premier NTM au dernier Bouba, plusieurs centaines de noms : vingt-cinq ans de naufrage. Tous les éclopés du bulbes, les tarés baveux, les haineux surtesticulés de la prosodie éructée, les trous-de-balle de la scansion hasardeuse, les sangs figés de la rime, les bonobos de la syntaxe, tous, tous, sans exception, même la pire raclure des mixtapes, sont là. Un authentique cimetière de la création. (Louis75)

lundi 18 mai 2009

Didier et l'orgasme à quatre temps









Quand l'Irremplaçable va faire ses courses, son chenapan de mari ne pense qu'à rendre heureuse sa jolie petite tondeuse. On en a lapidé pour moins que ça.

Comment tomber les meufs pour les nuls et les timides

Le machisme ne passera pas.
C'est le titre d'un billet du Causeur (auteur: l'éditeur Charlotte Liébert-Hellman) qui nous cause de Don Juan qui selon certains n'aurait jamais du exister, quel dommage, mais quand vous aurez lu le petit article jetez un coup d'oeil sur la pub (non, on ne dit pas la pub, c'est vulgaire, l'annonce Google) à droite. Sa présence illumine et flingue le billet à la fois. Il s'agit d' une réclame pour une trilogie d'ouvrages pratiques : tomber les meufs expliqué aux nuls.

Un petit lien vaut mieux qu'un long discours.

dimanche 17 mai 2009

D'étranges mots clés ...


J'aime bien regarder par quels mots-clés les visiteurs arrivent sur mon blog. La plupart sont banals: merle moqueur, le merle moqueur Suzanne, merle moqueur plus le nom de quelqu'un d'autre, titre de billet plus ou moins complet, carbonade flamande Martine Aubry, Suzanne langue de vipère (ça fait plaisir), bref tout ça est assez logique et compréhensible. Vous avez frappé à la porte, c'est bien ici, entrez.
Je suis un peu perplexe, par contre, quand je lis des mots-clés comme : je veux devenir écrivain (ne compte pas sur moi, pauvre passant, d'abord je n'aime pas les écrivains, je n'aime que les livres), grippe porcine juif renommer : là, je subodore le mec pas net, le coup fourré, tire-toi il n'y a rien pour toi, sexualité et extraterrestre : c'est un sujet qui commence à me plaire; j'envisage de débaucher Audine, Catherine, CC et Jeffane un soir ou l'autre pour aller draguer l'homme vert, mais seulement s'il est gentil, drôle et bon amant. Blog femmes à trois seins : ça, ce doit être des internautes à trois mains qui ont du mal à trouver une compagne compatible, et le plus étrange pour la fin : photo des discours de plâtre. C'est beau, photo des discours de plâtre. Qui a bien pu écrire cette requête, et pour quoi ?

vendredi 15 mai 2009

Mes parents sont idiots




Il y a tous les matins sur France-Inter une publicité que je trouve irritante. Tellement irritante que j'oublie le nom de l'annonceur dans les trois secondes qui suivent l'énoncé, et que je ne garantis aucunement l'authenticité de ce qui va suivre, mais l'esprit y est.
C'est une voix d'enfant plaintive: "Les voleurs, ils sont venus dans la maison de ma maman et ils ont tout emporté. Ils sont passés par la porte et les fenêtres qui étaient trop faciles à ouvrir, la maison n'était pas bien protégée. Moi, quand je serai grande, je protégerai la maison de ma maman avec l'assurance de la Banque Machin Truc."

Il n'y a pas si longtemps, nous, les auditeurs, avions droit sur cette même radio à :
- Ma petite chérie, oh comme tu es enrhumée, tu dois avoir une bonne grippe, je vais t'emmener voir le docteur qui te donnera des antibiotique pour te guérir bien vite.
- Mais non, maman, rappelle-toi ce que le médecin a dit la dernière fois, les antibiotiques sont inefficaces contre la grippe qui est une maladie virale. Tu as compris, maman ? Les antibiotiques, c'est pas automatique.

Je n'en veux pas spécialement à France Inter, mais ces pubs à enfants prescripteurs sont horripilantes et stupides. Un enfant ne peut pas déclamer un tel texte avec naturel. C'est certainement une comédienne qui fait la voix d'enfant, mais c'est bien un enfant que l'on voit en l'entendant. Un enfant debout, le ventre un peu en avant, l'air du gosse qui sait sa leçon et la récite avec une fayoterie de petit singe savant.
L'enfant de la pub explique la vie à ses parents idiots. Tu es trop idiot pour me soigner, trop idiot pour m'alimenter, trop idiot pour me protéger. Il faut que je t'explique. C'est moi qui ai la sagesse, l'instinct, le bon sens. C'est moi qui comprends tout, à peu près tout, mieux que toi. Fais donc attention à moi, bougre d'imbécile, heureusement que je suis là pour te dire ce qu'il faut acheter, tu devrais me remercier.
L'enfant, c'est un petit d'homme fragile. À l'âge où il peut commencer à se laisser impressionner par ce genre de pub, il a encore peur des loups sous le lit, des monstres qui viennent la nuit, de la coupure à l'index par où tout son sang va s'écouler par terre, du moucheron qui se pose sur son bras, de la grosse vague qui passe par dessus la tête, du grand Max qui rackette les malabars et qui pousse les petits contre la grille de l'école en disant des très gros mots, du docteur quand il prend de drôles d'instruments dans le plateau métallique à côté du lit d'auscultation et s'approche avec un air sévère, du cerisier dont les branches bougent devant la fenêtre en faisant des ombres étranges sur le parquet. Si on lui dit que ses parents sont idiots, faiblards, ignorants, si on lui dit que lui est bien plus malin, fort, courageux, perspicace et savant, et qu'il doit guider ses parents, leur indiquer le bon produit à acheter, la bonne voiture, la bonne assurance, la bonne barre céréale pleine de lait qui fait pousser les os, le bon médicament, eh bien vers qui se tournera-t-il, cet enfant, quand il devra affronter les frustrations, les monstres, sa propre ignorance, son immaturité et sa faiblesse, quand il sera mort de trouille? Qui le protégera ? Sa bande de copains?

lundi 11 mai 2009

Je veux un amant extraterrestre moi aussi.


Je pourrais faire un petit billet d'humour avec des mots que je ne connaissais pas encore il y a deux minutes, mais je me sens très fainéante aujourd'hui, et je n'ai même pas fait de pâte à crêpes pour le goûter des enfants, j'ai honte.
Donc, je donne juste le lien, et je vous souhaite d'enrichir votre culture.
Je ne désespère pas de rencontrer au moins une fois dans ma vie un nécrodendrophile (promenons-nous dans les bois), un sidérodromophile (viens, mon amour, réservons une place dans le Transsibérien) ou un trimammophile que je ne saurai hélas satisfaire, mais avec qui je pourrai me convertir, peut-être, à l'exobiophilie et plus si affinités.

vendredi 8 mai 2009

Nu comme un vers











Amis de la poésie, bonjour.





lundi 4 mai 2009

Un homo comme ils disent


Savez-vous depuis quelle année l'homosexualité n'est plus un délit en France ?

1982. Merci Robert Badinter *

Quelle année l'OMS a-t-elle retiré l'homosexualité de la liste des maladies mentales ? En 1990.

Quels sont les pays dans lesquels l'homosexualité est illégale ? Il y en a 88, à majorité musulmane. De ces 88 pays, 7 au moins (l'Iran, l'Arabie saoudite, le Yémen, les Émirats arabes unis, le Soudan, le Nigeria et la Mauritanie) leur appliquent la peine capitale.

L'homosexualité est interdite par la plupart des religions, mais c'est au nom du Saint Coran, message de paix et d'amour, qu'on décapite, qu'on lapide, qu'on emprisonne et qu'on fouette dans le monde.

Pour CC. et son article sur l'homophobie, et pour Crêpe Georgette, idem.

*Rectificatif : voir le commentaire de Malavita.

vendredi 1 mai 2009

Pépé, Maman et Bébé célèbrent la semaine internationale de la couche lavable





Les couches lavables, c'est très bien pour les autres, celles qui veulent s'embêter à laisser tremper dans des seaux (sans javel, voyons), des linges imprégnés jusqu'au cœur de merde plus ou moins granuleuse, avec fibres, particules diverses, etc. Une fois atteint le nombre de couches requis pour emplir le lave-linge, l'ammoniaque du seau vous dégage les bronches vigoureusement. Tiens, ça pourrait être efficace contre le virus de la grippe, sniffez un grand coup, expirez, vomissez. Après, il faut mettre des gants en caoutchouc, puants aussi, à force, pour essorer la chose et en extirper le plus de matière gluante ou solide. (Il ne s'agit pas de boucher le filtre du lave linge, non plus). Puis vider le tout dans la cuvette des toilettes. Pendant ce temps, l'aîné tambourine à la porte. Tu fais quoiiiiiii ? Je peux laver aussiiiiii ? Non, pousse-toi, ce sont tes couches et celles de ton frère, et d'ailleurs si tu ne pissais plus dedans, maman aurait moins de travail, qu'est-ce que ça pue, promis, je ne vous donne plus de maïs à bouffer, on retrouve tous les grains. Bon, on a un tas de linge jaunâtre dans un seau, il faut rincer encore. Puis lave-linge, ouf. Lessive bio. (coûte la peau des fesses, mais que ne ferait-on pas pour celles de son marmot). Bref bref bref... Amusant comme, à peine sorties de siècles de servitude, certaines ont la nostalgie de ces trucs de mammifère (mettre les mains dans la merde de ses petits).


Les serviettes hygiéniques lavables font leur retour aussi.
Il y a eu le stade linges d'enfants, de vieillards incontinents et de femmes en menstrues infusant ci et là dans des seaux malodorants, puis le stade cachez-moi tout ça, on ne veut pas savoir que ça existe, ni par la vue ni par l'odorat, on n'est pas des bêtes. Peut-être refait-on un pas en arrière, : affirmons notre maternité, notre féminitude, ramenons sans cesse sur le devant des conversations nos serviettes, nos tampons, nos bébés chiant partout dans des couches en coton naturel perméable, trempons notre plume écrivaine dans le sang odorant de nos règles et nos Tampax gorgés de nos flux intîmes dans le ouiski de nos mâles muets de dégoût et pétant de trouille.

Vive le terrorisme !