mercredi 3 juin 2015

Billet plaintif

Sans me vanter, j'ai pris l'avion et je reviens d'un pays étranger. Enfin, je suis revenue dimanche soir. Je n'avais plus rien à lire. Je n'ai pas de liseuse. J'ai voulu profiter de l'escale à Amsterdam, avant le dernier avion,  pour m'acheter un roman, une revue, n'importe quoi ou presque. Les  gros titres des revues françaises, c'était sur l'islam, les migrants, l'immigration, l'islam, les immigrés. Ce n'était pas le cas des autres publications européennes. Je n'ai  pas trouvé de livres en français, et je ne voulais plus marcher. Finalement, j'ai ramassé un exemplaire du Monde dans une poubelle . Il y avait longtemps que je n'avais pas passé autant de temps à lire Le Monde, et c'était bien mais pas festif.
Chez moi aussi , je n'avais plus de livre nouveau. Je suis donc allée lundi au rayon culture du supermarché de ma petite ville, et là, dans les dernières parutions sur les étals, j'avais le choix entre des des bouquins de types ou de nanas qui parlaient de leur dépression, ou de nanas qui parlaient de leur viol, ou de types et de nanas qui racontaient comment ils avaient été abusés par leur père leur oncle leur animateur sportif ou leur voisin quand ils étaient petits et comment ils s'étaient refait une vie, merci  la vie et vive l'écriture qui vainc tout, les lourds secrets et les monstres.  Sans déconner.  Avec des titres à l'avenant. Je hais définitivement le  genre plaintif.

 Pour finir, j'ai pris le dernier Umberto Eco, Numero zero. J'ai entendu Eco parler de son livre, il y a une dizaine de jours, et j'avais un peu envie de l'acheter . Maintenant que je  lis   ce roman à mauvaise couverture, je crois que je préférerais encore entendre   parler son vieil auteur,  que j'aime et admire beaucoup.

18 commentaires:

  1. On pourrait tout synthétiser dans un roman racontant une dépression après avoir été violé(e) par un islamiste.

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    1. Par un oncle islamiste, allez, au point où on en est...

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    2. Par des pirates de l'air islamistes, montés à bord de l'avion à l'escale d'Amsterdam et rendus fous de rage par les titres de la presse...
      Sinon, la liseuse, c'est chouette, surtout en déplacement : 1 GO de bouquins dans 200 g de plastique.

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    3. Je préfère les livres, mais je crois que je vais m'en offrir une. Le poids des livres ne me gêne pas tant que je ne les ai pas lus, mais après, si !

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  2. Comment, vous ne vous intéressez pas aux dépressions des gens ? Vous ne vous êtes pas précipitée sur le bouleversant témoignage de Guy Bé ? C'est très mal !

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  3. Putain d'Adèle ! c'est vrai qu'elle est à se pisser parmi, la couverture du livre de Pépère ! Je me demande si, dans le genre laid et triste, je ne préfère encore pas celle de Guy Bé, tiens…

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  4. Si Umberto Eco a été violé par son animateur sportif à cause d'une mauvaise couverture...

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    1. Oui, il y a de quoi en faire une dépression.

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  5. Il faut croire que si le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres il y contribue.

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    1. Schadenfreude

      Ce qui se traduit par "se réjouir du malheur des autres". En un seul mot, qui dit mieux ? vive l'allemand !

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  6. Une jolie citation d' Umberto Eco :

    « Le filtrage est le grand problème de notre époque. Notre rapport à la mémoire peut faire penser à Funes, le personnage hypermnésique imaginé par Borges. Comme il se souvient d'absolument tout, c'est un fou ou un idiot. Et Internet est le scandale d'une mémoire sans filtrage, où l'on ne distingue plus l'erreur de la vérité. »

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    1. Filtrage, discrimination... Eco écrivait en 2001:

      "Toute l'histoire de la culture a été celle d'une mise en place de filtres. La culture transmet la mémoire, mais pas toute la mémoire, elle filtre. Elle peut filtrer bien, elle peut filtrer mal, mais s'il y a bien quelque chose qui nous permet d'interagir socialement, c'est que nous avons tous eu, plus ou moins, les mêmes filtres. Après, le scientifique, le chercheur peuvent mettre en cause les filtres, mais ceci est une autre histoire. Avec le Web, tout un chacun est dans la situation de devoir filtrer seul une information tellement ingérable vu son ampleur que, si elle n'arrive pas filtrée, elle ne peut pas être assimilée. Elle est filtrée par hasard, par conséquent quel est le premier risque métaphysique de l'affaire ? Que l'on aille au-devant d'une civilisation dans laquelle chacun a son propre système de filtre, c'est-à-dire que chacun se fabrique sa propre encyclopédie. Aujourd'hui, une société avec cinq milliards d'encyclopédies concurrentes est une société qui ne communique plus."

      Il se réjouissait encore, à l'époque, que chacun pût lire Don Quichotte gratuitement sur le Net et pensait que grâce au Net, tout le monde, un jour ou l'autre, aurait lu peu ou prou de Don Quichotte, alors qu'une petite proportion des générations précédentes l'avait lu tandis qu'une masse d'ignares n'en avait pas entendu parler.
      Eco avait raison quand il disait qu'un support particulier ne peut pas tuer les livres, mais il se montrait très optimiste quant à la démocratisation des savoirs.
      Il ne l'est plus autant.
      Son dernier roman n'est pas terrible si on le compare aux précédents, mais c'est un polar intéressant si on le compare aux polars du moment. (J'aurais du faire critique littéraire, non ?)

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    2. Je n'ai jamais lu Don Quichotte...( et pourtant, je parle et lis couramment l'espagnol .)

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    3. Eh bien alors ? ! Vite vite vite !

      Comme le dit plus bas la mère Castor, c'est drôle, ça n'a pas vieilli ou alors vieilli comme un bon vin.
      Vous y apprendrez que Rossinante n'était pas une jument, mais un cheval. C'est un détail qui a sa petite importance, parce qu'il permet de voir c'est qui qui s'vante et c'est qui qu'a lu le livre.

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  7. Je suis passée à la liseuse simplement parce qu'il n'y avait plus de place dans mes bibliothèques.
    Depuis, je peux éviter avec bonheur tous les dépressifs de la Terre...
    ... et découvrir des livres qui n'existent même plus en version brochée, ce qui ne manque d'ailleurs à personne pour certains, mais au moins, la possibilité de les lire est là...

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  8. Le pendant des livres dépressifs,ce sont tous ces les livres sur le bonheur et le bien être à tout prix, ça me déprime. Je pourrais écrire un livre là dessus (citation, de qui ?) Suzanne en ferait la critique et on deviendrait riches et célèbres surtout à la télé.
    (J'ai lu Don Quichotte, c'est drôle, cocasse, enlevé et facile à lire sinon je ne l'aurais pas lu)
    Bon, voilà.

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    1. Je l'ai écouté en livre audio avant de le lire. Et c'est très bien pour les enfants, même jeunes. On leur dit: "excusez-moi, je vais vous embêter, mais je n'arrive pas à me sortir d'une longue histoire, je vais donc l'écouter en conduisant, et vous êtes priés d'éteindre vos mp4 et autres machins portables, je ne veux rien entendre pendant que j'écoute ce livre. Un quart d'heure après, hop, hameçonnés les drôles....

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Modération parfois, hélas, mais toujours provisoire, ouf.