vendredi 16 janvier 2015

Pitié pour les enfants

J'ai vu dans la rue une petite fille de cinq ans qui tenait une pancarte: moi aussi je dessine et je ne n'ai pas peur .  Il y avait sur son dessin, à droite le soleil jaune et un nuage bleu, et à gauche un nuage noir au-dessus d' un bonhomme noir et d' un fusil noir.

L'école n'est pas à la hauteur... Il faut commencer très tôt à parler de laïcité, le plus tôt possible... Des maîtres et  maîtresses de maternelle et de primaire disent qu'ils ont  débattu du  terrorisme dans leur classe. Je les entends à la télévision, je lis leurs interviews et leurs chroniques.
La Terre qui va mourir si on ne gère pas bien les déchets, les homophobes très méchants qui voudraient empêcher Lili d'avoir deux mamans,  les terroristes qui tuent ceux qui les ont contrariés avec  un dessin...  J'ai peur !
C'est quand le dehors est difficile qu'il faut protéger les enfants, les assurer que ceux qui font de méchantes choses sont combattus, punis, que les adultes sont là pour s'occuper de tout.  Nous ne devons pas inviter nos enfants à partager nos angoisses, sous couvert de les initier à un rôle d'adulte qu'ils devront endosser plus tard. Nous ne devons pas perdre les pédales en accusant des gosses de douze ans d'apologie du terrorisme. Les collégiens qui refusent le cours d'instruction civique, les cours d'Histoire sur le nazisme, ceux qui sortent de classe quand ce qu'ils entendent ne leur plait pas devraient être sanctionnés efficacement parce qu'ils ont désobéi au professeur, et non pas parce que l'on a peur de leurs provocations empreintes d'intégrisme et d'ignorance crasse. Faire intervenir la police pour des insultes racistes en classe ? Pauvres enseignants, auxquels on a contesté chaque velléité de bon sens et d'autorité... 
  Les minutes de silence dans les écoles primaires, les dessins que l'on poste sur le site web de la classe en hommage aux dessinateurs assassinés,  la Marseillaise à six ans sous le drapeau, dans la cour de récréation, ça n'a aucun sens. On n'a pas à faire porter ce triste fardeau, ce deuil,  à nos écoliers. Pour les élever, pour les instruire,  que l'école les  emmène au  musée, où ils verront ce que l'Homme a fait de beau. Danser, chanter, faire la ronde en donnant la main à tout le monde, partager les jouets, les livres, les attentions de l'adulte, cela suffit pour le vivre ensemble des tout petits. Apprendre la géographie en suivant le cours d'un ruisseau, l'histoire en écoutant le maître ne demande pas de gros moyens supplémentaires, ainsi qu' utiliser un clavier, un ordinateur...  mais surtout, d'abord, il faut apprendre à lire, à bien lire, à lire finement pour réfléchir, ordonner, discerner. Un enfant qui lit est sauvé.
                                                          ***

Crédit images: le journal La Croix

33 commentaires:

  1. S'ils vont au musée, il faut que les accompagnatrices soient voilées, hein !

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  2. "Les collégiens qui refusent le cours d'instruction civique, les cours d'Histoire sur le nazisme, ceux qui sortent de classe quand ce qu'ils entendent ne leur plait pas devraient être sanctionnés efficacement "

    Le problème , c'est qu'ils sont souvent félicités par leurs parents ( sinon , beaucoup ne l'auraient pas fait ! )

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    1. Elie, pourquoi les liens vers vos billets ne fonctionnent-ils pas ?

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    2. Eh bien, il faut utiliser toute la gamme des sanctions possibles, ou/et en inventer d'autres.
      Les enseignants sont les premiers à proposer des solutions pratiques et raisonnables.
      Actuellement, beaucoup de chefs d'établissement ont peur de se faire repérer s'ils sanctionnent les élèves. On demande au professeur de garder dans sa classe le trublion, l'insupportable, et de ne pas multiplier les rapports d'incidents... pour ne pas que ça entre dans les statistiques.

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    3. Peut-être aussi faudrait-il en haut lieu ne pas donner satisfaction aux revendications religieuses à l'école publique. Mais ça n'a pas été évoqué par notre charmante ministre. L'école n'est pas à la hauteur quand ses ministres la rabaissent ainsi. (accompagnateurs en costume religieux, etc).

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    4. À la suite du changement de formule de Mariane, tous les abonnements aux blogs se sont trouvés annulés ...
      Si vous voulez que les liens fonctionnent à nouveau pour me mettre sur votre blogroll ( merci , c'est smpa) , il faut vous réabonner, vici mon flux RSS :

      http://www.marianne.net/blog/110621/rss.xml

      Mais il faut attendre un peu, Marianne et plusieurs autres médias ( Médiapart, Slate, l' Express, etc.) sont inaccessibles depuis ce matin : panné géante du serveur commun ou attaque de hackers, on ne sait pas encore :

      http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/01/16/97002-20150116FILWWW00082-plusieurs-sites-de-medias-nationaux-hors-service.php

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  3. Je crois que pour une société apaisée il serait bon de lever un peu le pied sur l'enseignement des crimes de la seconde guerre car c'est une autre façon de culpabiliser les jeunes générations qui n'y sont rigoureusement pour rien surtout quand elles viennent de l'autre côté de la Méditerranée.

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  4. Je souscris avec enthousiasme à ce billet !

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  5. Qu'ils refusent qu'on les emmerde avec la Shoah, je le comprends d'autant mieux que nous aussi le sommes, ce n'est jamais que le fonds de commerce des juifs! Et 70 ans après, ça commence à bien faire. Il faut voir depuis ce temps la quantité de films, émissions, téléfilms, talk-shows etc pour nous culpabiliser. Il y en a marre! On pourrait peut-être passer à autre chose, merde!

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    1. Orage: "fonds de commerce des juifs", ça ne veut rien dire du tout. Je ne vois pas quels juifs en profitent.
      C'est plutôt un abondant minerai surexploité par manque d'imagination et d'intérêt pour autre chose. Une source inépuisable de tragico romanesque gratuit, de quoi faire du consensuel à peu de frais pour des productions de qualité mineure, qu'on n'osera moins critiquer (et encore, ce n'est pas sûr) pour ne pas donner prise à l'accusation d'antisémitisme, peut-être...

      Fredi: la Shoah est au programme de la classe de troisième. Le Journal d'Anne Frank aussi, je crois. Avant, c'est trop tôt. Sarkozy avait proposé que chaque enfant juif tué pendant les persécutions nazies soit parrainé par un enfant français des écoles primaires vivant maintenant. Horreur totale, de mon point de vue.

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    2. Sarkozy avait proposé que chaque enfant juif tué pendant les persécutions nazies soit parrainé par un enfant français des écoles primaires vivant maintenant. Horreur totale, de mon point de vue

      A l'époque j'avais trouvé cette idée révoltante :
      Enseigner l'histoire, toute l'histoire, oui.
      Transmettre la culpabilité, non.

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    3. Il y en a qui en profitent cher Suzanne de ce commerce. Bien sûr, ce n'est pas Samuel qui tient la papeterie du coin, ou Moishé qui est fourreur rue de Paradis. Ceux qui usent et abusent à tout bout de champ de la Shoah, surtout pour fermer la gueule de ceux qu'ils ne veulent pas entendre, ils sont regroupés dans des trucs comme le CRIF et autres associations toutes aussi parasitaires que SOS Racisme et autres officines antiracistes. C'est effectivement un fond de commerce qui leur assure subsides, accès aux micros et caméras, fréquentation révérencieuse des pointures politiques qui se pressent à leurs raouts afin de bien montrer qu'ils sont très gentils et du côté du Bien avec un grand B.

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    4. Koltchak: oui, mais n'est-ce pas un effet pervers de toutes les associations antiracistes (et de bien des associations, d'ailleurs ?) Et cet effet pervers me semble moins choquant que le bon vieux révisionnisme ou l'antisémitisme revisité à la mode des banlieues, l'antisémitisme constitutionnel des complotistes, sans parler de l'antisémitisme classique de droite à caution vaguement culturelle et littéraire, et de gauche à caution anticapitaliste... Bref, est-ce que c'est bien le moment de taper sur les juifs ?

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    5. Bof. Pour ce qui est de l'antisémitisme classique de droite, il n'a jamais fait de mal à qui que ce soit, comme il n'a jamais empêché quelque juif que ce soit de devenir banquier, médecin, etc. C'était aussi traditionnel que la partie de crapette après le café. Pour moi par exemple, ils sont le peuple déicide. Il est donc normal que j'ai quelques préventions à leur égard. Pour autant, je ne leur veut aucun mal. Ce qui n'est pas le cas des barbus et de leurs potes de la vraie gauche.

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  6. vous avez entièrement raison ... sauf pour la Terre. Certes, elle ne va pas "mourir" (du moins avant longtemps). Mais c'est l'humanité qui risque un jour de suffoquer ensevelie sous ses propres déchets (et déjections ). "J'ai dit çà , j'ai rien dit", hein....

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  7. Comme Jacques Etienne et Didier Goux.

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  8. J'ai envoyé votre billet à ma fille qui donne quelques cours dans des écoles primaires. Et mis sur FB mais ça ne compte pas, je n'ai que ma famille comme "amis".

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    1. Malavita, merci pour le lien. Il y a eu plusieurs articles de ce type ces jours derniers, et on sent nettement le retour de bâton pour la gauche pro-islamiste qui a baissé d'un ton maintenant... J'ai l'impression qu'on réajuste un peu partout son vocabulaire, aussi.
      Qu'est ce qui va sortir de tout ça ? disait-on à la boulangerie ce matin...

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    1. Bon, ben on va créer un nouveau parti, le PBS (parti du Bon Sens).

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  11. Je suis d'accord avec vous Suzanne. Pour une fois, vous dites les choses clairement, et je trouve assez juste le remède que vous proposez au mal que vous avez fort bien identifié.

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  12. superbe billet avec lequel je suis, ô combien, d'accord.

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  13. Excellent billet, plein de bon sens (et le bon sens est une vertu). Quant aux plus petits, ils n'auraient même pas dû en entendre parler.

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    1. Athéna: dans l'idéal, oui, éloigner les enfants, mais c'est difficile. On en parlait tout le temps et partout. Ou alors, il fallait éteindre tous les écrans, et la radio, et on avait du mal à s'en déscotcher, pendant les prises d'otages. Sans compter les conversations devant et dans l'école, à la boulangerie, partout en fait..

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  14. Éloigner les enfants, mais vous n'y pensez pas ! Déjà, sur RTL, dans la séquence infos entre 18h00 et 20h00, il y a une rubrique où les enfants commentent l'actualité, toute l'actualité, y compris celle qui devrait leur être épargnée.

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  15. L'école est-elle là pour instruire ou pour éduquer ? C'est toujours la même question.

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Modération parfois, hélas, mais toujours provisoire, ouf.