vendredi 11 juillet 2014

Grâce à toi

Un soir, il y a quelques années, je regardais un  reportage qui passait tard le soir, J'irai dormir chez vous. Le journaliste, Antoine de Maximy, voyage dans le monde entier. Il se fait héberger chaque soir par des inconnus du matin. Ce jour là, il demanda à une jeune femme qui tenait par la main un petit garçon de cinq ans s'il pouvait venir passer la nuit chez elle. Était-ce au Portugal, en Espagne ou en Amérique latine ? Je ne sais plus. Elle accepta tout simplement, il les suivit, elle présenta le voyageur à son mari qui rentrait du travail, et prépara le repas. Le petit garçon disposa sur la table assiettes et fourchettes, puis dit à l'invité: " tu vois, d'habitude, nous sommes tout le temps trois à table. Grâce à toi, ce soir, nous serons quatre."
Chaque fois que je lis le mot hospitalité j'entends la voix de cet enfant, je revois son visage grave et confiant.

30 commentaires:

  1. Ce ne serait pas uniquement pour passer à la télé que ces braves gens ont fait preuve d'hospitalité ?

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    1. Monsieur "Polo" : J'ai parfois vu cette émission sur France 5 et je dois vous dire que, souvent, le journaliste, qui est pourtant un homme d'un abord aimable et souriant, se prend des "râteaux" dans divers pays. Non, tous les gens ne veulent pas passer à la télé et il y a certains pays où les gens sont bien plus hospitaliers que dans d'autres pays. Mais, pour ne fâcher personne, je ne donnerai aucun nom de pays. Il suffit de regarder cette émission pour se faire une idée par soi même.
      A part ça, Madame Merle, merci pour votre billet.

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    2. Vous voulez dire que la télé dit parfois la vérité ? Que la réalité peut, à l'occasion, correspondre à ce qui se produit sur un écran ? Franchement ce n'est pas très crédible.

      Quant à l'hospitalité en général, c'est un truc de touristes. Tous les "voyageurs" reviennent enchantés, toujours, parce qu'ils ont été merveilleusement reçus par des gens qui donneraient leur chemise, et tout ça.

      La réalité est un peu différente : on vous reçoit bien quand vous avez du pognon et que vous êtes bien habillé, ce qui est d'ailleurs tout à fait normal.

      Tout le reste me semble relever d'un romantisme niais que l'on doit d'ailleurs surtout à la télévision, cette machine à déréaliser et à décérébrer.

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    3. Marco Polo, si vous enleviez parfois vos lunettes grises ?

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    1. Pfff... j'ai regardé, en plus ! (smiley) !

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  3. J'espère qu'il y avait assez à boire.

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  4. " tu vois, d'habitude, nous sommes tout le temps trois à table. Grâce à toi, ce soir, nous serons quatre."

    Savoir que ce pauvre enfant a enfin pu jouer à la belote me réjouit au plus haut point.

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    1. Malavita, à cinq ans, non....(ce cynisme ne vous mènera nulle part !)

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  5. Mon fils, qui a pendant quelques années "erré" dans divers pays, qui n'avait ni une allure de touriste propre sur lui et encore moins d'argent a souvent rencontré des gens hospitaliers. Ce qu'il racontait était très émouvant. Alors Suzanne, je crois tout à fait à la véracité de ce reportage.

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    1. Mais oui ! Et ce sont souvent les plus pauvres qui sont les plus hospitaliers (cliché vérifié !)

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    2. C'est de la télé. C'est faux.
      Quand on erre comme votre fils il faut justifier son errance par de beaux souvenirs, quitte à les inventer. C'est humain, mais factice. La réalité c'est d'élever ses gosses avec un avenir bouché d'ouvrier, par exemple, loin des clichés sur l'hospitalité des Indiens et des Inuits. La réalité c'est la merde.

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    3. Bah non. Il y a des voyages qui ne sont pas des errances, il y a partout des gens hospitaliers, gentils, simplement gentils, qui ouvrent leur porte . Par exemple, quand je me promène, je n'emmène jamais de bouteille d'eau qui alourdit le sac, ou alors juste un fond dans une petite bouteille en plastique. Et si j'ai soif, je demande de l'eau à quelqu'un dans son jardin... jamais personne ne m'a refusé un peu d'eau, et plus d'une fois j'ai été invitée à partager un gâteau, ou quelques fraises... Plus d'une fois aussi j'ai hébergé un autostoppeur, ravi de l'occasion. Je n'en ai tiré aucun bénéfice médiatique. Encore heureux. Ce n'est pas sombrer dans le mièvre que célébrer l'hospitalité, ni être stupide que l'espérer, l'attendre des autres.

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    4. Pareil. Je n'amène jamais d'eau.

      Et votre exploitation à des fin sexuelles des autostoppeurs est scandaleuse.

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    5. "votre exploitation à des fin sexuelles des autostoppeurs est scandaleuse."
      Qu'ils me le fassent savoir !

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  6. Au "Polo" : justement dans l'émission consacrée au Canada le journaliste montre un Inuit qui est très loin des clichés sur l'hospitalité des Inuits puisque ^pour le second épisode, il choisit d'offrir un net contraste avec le pays précédent en choisissant la région du Québec au Canada. Là-bas, il fait sa première mauvaise rencontre dès le deuxième jour avec un Inuit qui lui casse sa caméra, l'obligeant à tourner tout le reste du voyage avec la caméra cassée, après avoir réparé l'objectif avec du ruban adhésif." Parce que le principe de l'émission c'est de raconter les bonnes rencontres, mais aussi les mauvaises, voire franchement les très mauvaises. La réalité ça peut être parfois de la merde, et parfois très bien.
    Personnellement j'ai 53 ans, je suis au chômage, et pourtant souvent je me dis que la vie est bien, parce que je ne fais ni dans la sinistrose à la con, ni le style bisounours "aimons tout le monde" à la con des bobos gauchistes.

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  7. Marco Polo, personne ne s'est jamais arrêté quand vous étiez en panne, vous n'avez jamais eu connaissance de faits de solidarité, de charité, enfin, je ne sais pas, mais qu'est-ce qui vous rend si sinistre ?

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    1. Bien sûr que si. Je vis même dans une région particulièrement sympathique, c'est-à-dire sans immigrés, où la "common decency" perdure à peu près. Mais il n'y a pas la télé à chaque coin de rue.

      Je suis étonné par la naïveté dont on fait preuve ici à propos d'une émission de télé qui, bien évidemment, sélectionne ce qu'elle présente du monde en vue de scénariser le propos et de le rendre plus attractif. Comment peut-on prendre cela pour du réel ?

      D'autre part, n'exagérons rien. Donner de l'eau à des marcheurs propres sur eux n'est pas un exploit. La tendance actuelle est au repli et au quant-à-soi, pour des tas de raisons (dont l'immigration et d'une manière plus générale l'explosion des "incivilités" due, entre autres, à l'individualisme forcené de notre modernité consumériste).

      Le monde devient de plus en plus dégueulasse, alors célébrer la solidarité spontanée du bon peuple me semble quelque peu déplacé. L'urgence serait plutôt de construire des prisons et de rétablir la peine de mort.

      Excusez-moi de casser l'ambiance.

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    2. Tout ça c'est dans l'espoir d'attirer Marchenoir ici ! Marco, j'ai le regret de vous le dire : vous êtes désormais un Robert addict

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    3. Disons que nous construisons ensemble notre légende.

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    4. Marchenoir ne dit pas que des bêtises ( et de plus, j'aime bien ses charges furieuses, même quand j'en suis la victime et qu'il m'accuse d'être une ennemie de la Frrrrance. Dans ses meilleurs jours, il frise le Marcel Aymé).

      Où ai-je écrit, qui a écrit que les reportages sont des transmissions fidèles de la réalité ? Quand bien même cette scène, montrée à l'écran, serait le point d'orgue d'un découpage savant, qu'est-ce que ça changerait ? Qu'est ce qui vous prend de balancer la peine de mort et la prison dans une conversation qui concerne, à la base, une belle parole d'enfant ?
      Vous vivez dans une région où il n'y a pas la télévision à tous les coins de rue ? C'est qu'il n'y a pas de maison habitée à tous les coins de rue, alors. Les familles sans télévision sont rarissimes en France. Ne me faites pas le coup du petit coin préservé de toute influence délétère et bla bla bla. Vous avez l'air d'avoir un sacré coup de perte de réalité dans le carafon. Je ne sais pas si c'est visible à l'électro-encéphalogramme, mais là, prenez soin de vous, hein.

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    5. Mais non, les gens ont la télé mais n'y passent pas, c'est tout ce que je voulais dire. Quant au reste, eh bien assumez que "votre belle parole d'enfant" soit du théâtre, du cinoche, de la télé-réalité de merde plutôt que quelque chose que vous ayez vécu et entendu en vrai.

      Qu'y puis-je, moi, si votre expérience de la solidarité et de la bonté enfantine passe (ici) par une "émission" ?

      Pour ce qui est du carafon, c'est plutôt vous qu'il faut interroger puisque vous voyez le réel à travers la vitre de votre téléviseur.

      Cela dit en toute amitié, parce que je n'ai rien contre vous. C'est la télé que je n'aime pas.

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  8. Je regarde beaucoup la télévision, qui est un meuble, et qui en tant que meuble ne dit strictement rien du tout.
    Il y en a qui parlent ?
    Il y en a qui décérèbrent ?

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    1. Sans aucun doute. Et quand on lit des livres, c'est pareil.

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  9. Et même quand on lit les blogs. On en est tout décérébré.

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    1. Geneviève, ne me fichez pas la trouille. Imaginons que je meure et que je monte au ciel portée par deux anges (comme dans Lilium, de Fritz Lang) et que là, je me retrouve devant une balance qui pèse les neurones que j'ai fait perdre à ceux qui ont lu mon blog... Que mon temps de purgatoire soit évalué avec des calculs complexe portant sur les aires des zones décérébrées... Je serai dans de beaux draps, là...

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  10. Je regarde parfois les rediffusions de cette émission et je la trouve vraiment sympa. Cette anecdote est toute bête mais elle me plait, on imagine que le petit bonhomme devait être content d'avoir un invité dans sa maison.

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  11. Tout simplement, oui !
    Il était content, il était confiant. Cela lui semblait une bonne chose. Loin de lui les pensées "et si on se faisait agresser, voler, et pourquoi partagerions nous le peu qu'on a avec un inconnu, il n'y a rien à y gagner". Ses parents lui ont donné une leçon d'hospitalité, et lui il la vit en toute innocence.

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Modération parfois, hélas, mais toujours provisoire, ouf.